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Davy Myrtho Kwassa Kwassa

19 Déc

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Allez savoir à quoi ça tient le pouvoir de la musique, il suffit de quelques notes parfois, trois mesures et on entre de plein pied dans un nouveau monde. Des espaces inconnus et pourtant familiers. Comme l’écho atavique de tous ceux qui ont dans leurs gènes de lointains voyageurs, nomades naturels ou migrants obligés, et même si on a oublié notre pépé Cro-Magnon, quelques fois nous traverse une idée de métèque qui a fait naître quelques branches dans notre arbre à la souche métissée. Voilà ce qui m’a traversé en écoutant les premières notes de Kwassa Kwassa, l’album paru récemment de Davy Myrtho. Ensuite ce sont les pages d’histoires d’humains qui nous ressemblent quand ils ont le cœur accroché à un rêve toujours debout, arriver un jour dans un silence apaisé pour vivre sereinement. Mais … Mais pour beaucoup de ces hommes c’est une course de survie, une course d’obstacles et de pièges, bateaux en perdition pour errants sans autre espoir que le miracle d’une terre d’accueil. Le constat est cruel, le monde n’est pas complaisant pour l’étranger et pour un qui passe la frontière, combien ne verront jamais le soleil amical des rivages espérés ? Ils l’ont eu le soleil, un soleil féroce qui brûle les corps et les cœurs, qui crame les jardins et les champs le soleil brille pour tout le monde mais ses rayons ne sont aussi amicaux au Sahel que sur la Riviéra.

Dans les pays d’enfance de Davy Myrtho, les enfants qui croient au Père Noël lui demandent d’abord un stylo, au cas où ils aient la possibilité de lui écrire une lettre, quand ils auront eu aussi une école pour appendre à écrire… Voilà pourquoi le père Noël ne va pas souvent en Afrique avec sa hotte et ses rennes, c’est pas le climat qui le rebute, mais c’est que le courrier est rare, et les cahiers d’école aussi quand aux écoles, elles sont souvent à quelques kilomètres de la maison, du coup, ça fait de l’exercice physique en même temps, ça fait des enfants solides, quand ils ont de quoi se nourrir, soyons positif.

Adobe Photoshop PDFEt pourtant, cet album est incroyablement tonique. Si on se sent dans un spleen de consommateur blasé, on prend conscience de quelques valeurs qui recadrent nos petites dépressions d’enfants gâtés.

C’est déjà ça… Le chant du monde offre des ribambelles de nuances, de léger, du futile, du commercial, mais aussi des chants profonds qui vont chercher au plus intime des émotions enfouies, à croire qu’on serait tous enfants d’une même famille… Eparpillée, mais qui pourrait se retrouver dans une harmonie heureuse… C’est pas vraiment ce qu’on voit ou entend aux infos, mais Kwassa Kwassa.. ça donne envie de tendre la main à ces cousins inconnus, et si possible, pas seulement le week-end de Noël.

Avec des riffs de guitare qui sonnent comme un tocsin, quelques choeurs marmailles et la fine fleur des musiciens et voix de La Réunion, Davy Myrtho nous embarque dans son arche, et vogue beau navire, comme toi je cours je marche je rêve d’une terre promise à découvrir, ou à inventer.

Je pose mes cartes sur table. Je suis responsable.

Je vais prendre le vent, et ça, librement.

Ce sera mon message de Noël, et pour que ce soit le vôtre, voyez ici, mieux vaut compter sur le chat de MistiMusic que sur le Père Noël qui est souvent dépassé par les évènements… Et vous saurez tout…

 

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Et moi qui ai une passion pour le courrier, comment ne pas être embarqué par ce facteur, et les autres histoires, extraits,

Norbert Gabriel

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