Fabrice Bénichou, la boxe et la vie..

8 Oct
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Photo©NGabriel2016

Tomber 6 fois et se relever 7… dit un adage japonais, qui vaut autant pour les sports de combat que pour la vie en général. Et Bénichou s’est toujours relevé, en revenant parfois de très loin. Si la boxe est née noble art, c’est surtout les rescapés de la rue qui font ses beaux jours depuis des années. Cassius Clay , descendant d’esclave est devenu Mohamed Ali  par émancipation d’un passé douloureux. Et la plupart des boxeurs contemporains sont des rescapés d’une sorte de monde où il faut se battre pour survivre.

Ce n’est plus dans les milieux aristos de Londres que le noble art trouve ses champions, mais plutôt sur les trottoirs de Whitechapel, de Harlem, de Belleville, de Kreuzberg ou de Tor Bella Monaca, là où c’est la boxe ou la vie, souvent, et la boxe pour survivre.

Fabrice Bénichou est un de ceux-là. Un Battling Joe survivant, qui est passé du ring à la scène, une autre scène, pour raconter le film de sa vie. Au théâtre. Là aussi on paye comptant. C’est un enfant de la balle, saltimbanque cosmopolite qui a parcouru le monde avec ses parents dans leur numéro de fakirs émérites, agrémenté d’à-côtés un peu interlopes, selon les circonstances de la vie d’artistes fabrice-benichou-07-10-2016-19-22-38-2297x1880aventuriers. Fabrice a dû avoir sur son berceau toutes les fées les plus farfelues du folklore faërien… Avec une en particulier qui avait des gants de boxe en guise de baguette magique, puisque ça l’a conduit au championnat du monde. (Trois titres, champion du monde IBF des super-coqs, double champion d’Europe des poids coqs et plumes.)

C’est comme un copain de rencontre qui raconte sa vie bigarrée et fantasque, pas un comédien qui met sa vie en spectacle…. Un soir au coin du bar d’une taverne irlandaise, là où l’étranger est un ami qu’on ne connait pas encore, et où la réalité est une hallucination provoquée par le manque d’alcool*… Là, devant quelques copains de hasard, c’est le film de sa vie qui défile, en accéléré, (une heure) une sorte d’Hellzapoppin road movie qui parcourt le monde de cabarets en théâtres, de cirque en rings, en suivant son fakir de père dans des tournées aux rebondissements picaresques, un scénar qu’on dirait écrit par Jean Vautrin (La vie Ripolin, pourrait en être le titre) mis en scène par Charlie Chaplin. … Ça part dans tous les sens, et dans tous les pays, avec un ange gardien rigolard qui rattrape toujours in extrémis les situations les plus abracadabrantesques. Néanmoins, ces parents hors normes ont su accompagner leur futur champion de fils jusqu’au titre mondial. Saltimbanques, oui, mais de haut vol.

fabrice-benichou-07-10-2016-20-31-46-1350x2046Tout est raconté avec bonne humeur et autodérision lucide, mais la boxe est un sport dangereux, n’oubliez jamais ça. Un boxeur est un camé, camé aux émotions extrêmes physiques et morales, la boxe ou la vie ? Parfois on n’en sort pas vivant… Qui a tué Davy Moore ?

Fabrice Bénichou en est sorti après quelques épisodes douloureux, il les évacue sans pathos, lucide, léger, comme un danseur qui est tombé plus de 6 fois, mais qui est toujours debout. En scène, sous d’autres sunlights et la vie continue.

Au Théâtre Michel Galabru, les vendredi et samedi  19H30  jusqu’en fin décembre. On réserve ici, clic sur la flêche.

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  • selon les dits irlandais…

Et pour finir en chanson, une histoire qui s’est mal terminée, la boxe est un sport dangereux…

Norbert Gabriel

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6 Réponses to “Fabrice Bénichou, la boxe et la vie..”

  1. Danièle Sala octobre 8, 2016 à 13 h 50 min #

    « Tomber 6 fois et se relever 7… » Comme l’a dit Confucius :  » La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute . » Ceci dit, je suis soulagée que mon petit fils Vincent ait abandonné la boxe, il lui a fallu du temps et pas mal de coups pour comprendre que c’était un « sport » dangereux . Quoique, le rugby , ce peut être aussi dangereux . Pour moi, rien n’est plus efficace et serein que la marche à pieds .

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  2. Danièle Sala octobre 8, 2016 à 13 h 58 min #

    commentaire facebook de mon neveu : »Artémus Gordon-Monédière : Je le connais bien Fabrice,Stéphane Lescure faisait de la boxe avec lui et je suis sorti dans Paris avec lui faire de grandes fiestas de nombreuses fois!mec super sympa . »

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  3. leblogdudoigtdansloeil octobre 8, 2016 à 14 h 37 min #

    Une des plus belles chansons sur la boxe, et une des plus belles interprétations de Montand; Battling Joe…

    Aimé par 1 personne

  4. leblogdudoigtdansloeil octobre 9, 2016 à 21 h 09 min #

    Annick Saudrais

    quelle émotion, magnifique Montand et belle chanson d’Allwrigth, mais « noble art »…pauvres mecs exploités sans vergogne pour se cogner à en crever, devrait être interdit par les droits de l’homme, et merde!

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  5. Maxime Boxeur novembre 25, 2016 à 22 h 37 min #

    Je dirais que la boxe, c’est tomber n fois, et se relever n+1 fois ; il n’y a aucune limite quand la motivation est là !

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