Archive | 14 h 57 min

Savages -Adore Life

14 Août

savages-adore_life_album_cover
Un poing tendu traverse la pochette, veines dilatées, muscles contractés, os et tendons presque visibles. Adore Life de bout en bout parle de désir. Sexe, vie, amour. S’il est des moments de vague répit, où la guitare fait taire ses grincements rageurs, il n’y a jamais relâche. Les quatre Anglaises sont animées par une flamme sourde, aux couleurs changeantes, au fond d’une pièce noire.
La nuit et l’éclat des étincelles qui la traversent.
On y retrouve la fièvre des déclamations façon Patty Smith, le cri primal de la peur, du désespoir, de l’appel, de l’éclatement interne qui peut être un soulagement. L’entêtement à creuser les ténèbres, à coups de batterie tantôt massifs, tantôt subtils et dansants, à écarter des basses qui vrillent comme des lianes, à saturer une pure guitare rock qui rappelle le meilleur des années 90, crasseuses et déchaînées. Les galeries ainsi forées arrivent toutes au même dénouement. Aimer, baiser, adore life, recommencer. Chaque morceau reprend le thème et le tord, comme un drap moite à retendre pour mieux le froisser de nouveau.
Les Savages nous livrent ici tout ce que le rock a fait de meilleur en matière d’énergie, de défoulement, de passion, d’appel à foutre des coups de pieds dans la fourmilière des routines, des train-train, pour retrouver une évidence, une base. Aimer, baiser, adore life, recommencer.
Jehnny Beth passe au-dessus de tout ce chaos, haut et clair, raillant, posant des incantations sur des notes limpides, redescend chercher un râle au fond de sa gorge, crie, nous gifle avec l’intensité polymorphe de sa voix.
If you don’t love me, don’t love anybody.
Les amateurs/trices du genre peuvent donc y aller, yeux fermés et corps tendus, Adore Life consumera et ravivera dans le même temps nerfs et chair. Et on recommencera.

Leslie Tychsem

savagesband.com

%d blogueurs aiment cette page :