Archive | 21 h 03 min

A bicyclette sur la route de l’aculture …

22 Fév

Il y a quelques semaines, l’affaire Bruel-Barbara a déclenché de diatribes fulminantes sur l’insupportable attentat contre la chanson en général. Ces jours-ci Lambert Wilson s’est attaqué à Montand. D’une part les extraits de l’album entendus ça et là montrent une indigence d’interprétation assez effarante venant d’un comédien a priori confirmé, avec une justesse de voix très approximative, d’autre part, un des morceaux de bravoure subit deux avanies, la chanson de Pierre Barouh et Francis Lai, est titrée « La bicyclette »* au lieu de « à bicyclette », sur un album produit par Sony. De plus dans son interprétation, Wilson reprend la version enregistrée de Montand, avec l’erreur que Montand a corrigée dans tous ses concerts, ce n’est pas « être un seul instant avec Paulette » mais « être seul, un instant avec Paulette » et ne pas voir cette nuance est assez consternant plus de 40 ans après la création de la chanson. Et bien entendu, toutes les émissions de promo n’ont aucun intervenant capable de mettre les choses au point… Et ça remet quelques valeurs à leur juste place. Tiens Bruel, par exemple, c’est pas si mal …

Last but not least, dans le genre, j’ai appris la semaine dernière vers 21h30 sur France Inter que « Syracuse » était une chanson de Montand et Henri Salvador… Et on s’étonne que Dimey se soit noyé de chagrin préventif dans les réconforts vineux……

L’aculture avance à grands pas…

Une remise à niveau s’impose, il y a une école pour tous ces indigents de la chanson, le lycée qui ouvrait la page …

Le lycée Papillon

Pierre Barouh, lui, c’est là qu’il suit Paulette …

Mais le florilège de bourdes dans l’art de la reprise pourrait faire un ouvrage assez copieux  (Voir celui d’Alister) … Si vous en avez d’autres, partagez-les !

 

Norbert Gabriel

  • à noter que David Mac Neil a traduit « On bicyclette »  et pas « The bicyclette »  précision de Gilbert Laffaille qui signale aussi que la fiche Sacem indique « La bicyclette ». Sans doute parce que Bourvil chantait déjà « à bicyclette ».
  • (Mais Pierre Barouh dit toujours « à bicyclette »  dans une interview, il signale que le sens est différent, comme si on disait « le cheval » au lieu de « à cheval »…
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Eric Guilleton, Ces temps d’errance…

22 Fév

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C’en est un qui tangue mais ne chavire pas… Quand vous vient un coup de spleen, quand chanter parfois ça fout l’cafard, mettez les voiles avec Eric Guilleton.

Baladin et balladin, sa vie est comme cette rencontre joyeuse au Cambodge*, qu’on pourrait résumer par une chanson, une école. Un art des rencontres aux résultats parfois inattendus, avec des histoires qu’on dirait sorties de « La vie est belle » de Capra.

Ces histoires,

On les r’trouve en raccourci
Toutes les joies, tous les soucis
Des amours qui durent toujours **

Elles pourraient être illustrées par des images de Doisneau, de Ronis, de Boubat, quand le beau est dans le regard du photographe, la vie peut être supportable dans les chansons. Tel est Guilleton. Un porteur d’étincelles qui met de la Eric dessinlumière dans les ombres du quotidien. Un trappeur qui emprunte les coins de ciel bleu quand les temps sont à l’orage, et qui les sème dans ses jardins ouverts à tous. Comme ce Jardin d’Eric, au Cambodge, école pour enfants des rues, née grâce à une chanson.

Elles pourraient être illustrées aussi par un tableau de l’auteur

Son nouvel album s’est habillé de la belle compagnie de l’Orchestre DécOuvrir, clarinette, quatuor à cordes, contre-basse, piano trombone, cor, accordéon, banjo, guitare, nouveau décor musical sous la baguette d’Etienne Champollion.

Et c’est dans les chemins de traverse que cet orpailleur trouve lami Pierrot, qui lui prête sa plume quand il l’âme à l’enclume et la rime à zéro. 

Au final, il y a toujours cette écriture limpide, élégante, précise, associée aux fines mélodies, et ça nous donne les fiançailles heureuses des notes et des mots qui s’aiment. Et c’est le cadeau d’un ami qui joue pour vous.

Et comme c’est vraiment un ami, Patricia et Margaux Guilleton ajoutent leurs voix au bouquet, merci, m’sieur-dames…

La maison d’Eric, c’est ICI.

L’Orchestre DécOuvrir, c’est là.

Extrait pour l’ambiance

*La rencontre joyeuse est une aventure Saravah, une sorte d’utopie qui s’est concrétisée, Eric Guilleton est au Cambodge, il rencontre une sorte de foyer d’accueil pour enfants des rues, ensemble ils font une chanson, et grâce à cette chanson nait le Jardin d’Eric, une école de formation de gymnastes…  Le poète qui rêve est aussi un bâtisseur …

** Merci Georges Brassens et Paul Fort. (La marine)

Norbert Gabriel

« Ces temps d’errance » titre initial , est devenu « Les temps d’errance ».. . et par les temps qui courent, l’errance est bien partagée. Au sens propre et au sens figuré.