Orchestre Poétique d’Avant-guerre : entretien avec M., porte-voix et porte-plume du groupe

13 Sep

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En 2011, l’Orchestre Poétique d’Avant Guerre (O.P.A), groupe bordelais à la configuration singulière, accordait, à notre revue, un entretien, pour parler de son essence et de son fonctionnement particuliers et quasiment uniques. L’occasion pour nous de laisser la parole à cette formation, si rarement sous les feux des projecteurs, et qui pourtant depuis bientôt 10 ans prend d’assaut les scènes et les coeurs des gens pour y semer poésie et amour. On ne quitte jamais un concert d’O.P.A, sans avoir le sentiment que le groupe nous a « laissé son île », comme le chantait Barbara, et qu’on en ramène un morceau en rentrant chez soi. Et pour cause : l’ADN d’ O.P.A, c’est l’amour, et la régénération permanente de l’art.
Mais pas que. Groupe au propos militant, O.P.A se compose de membres, au premier rang desquels la porte-voix et porte-plume M., dont l’engagement ne se limite pas à la prise de parole, et dont les actions et la vie s’inscrivent dans une logique de cohérence avec les idée défendues, parfois jusqu’à mettre en péril sa propre existence. Bien des événements ont bousculé la vie du groupe depuis 3 ans.
Une invitation à domicile nous donne l’occasion de revenir avec la chanteuse et parolière M. sur l’histoire récente du groupe, les causes qui lui tiennent à cœur, et d’évoquer aussi son avenir.

-M. bonjour, et merci de nous accorder un peu de temps. O.P.A est une formation qui présente une nature bien singulière : comment est née la conception de ce projet ?
-Le groupe est né en 1998 autour de l’idée de l’oralisation du texte poétique. Ce n’est pas la création musicale qui a motivé sa fondation, c’est le théâtre. Une amie m’a poussée à monter une pièce que j’avais écrite, et comme cela nous a plu et qu’il fallait un cadre pour monter ces spectacles, on a créé une association. C’est ainsi qu’est né O.P.A, qui, à la base n’était donc qu’une association.
La musique est venue bien plus tard, en 2005, après l’épisode du groupe AléAtoire, fondé en 2003 et qui a splitté deux ans plus tard. En fait quand nous étions adolescentes avec ma sœur, nous écrivions des chansons, des petites mélodies a capella, parce qu’on n’avait pas d’instrument ; et puis la musique était totalement sortie de ma vie. Et c’est grâce à Rico, un copain rencontré en faculté de Philosophie, qui faisait de la musique, qu’elle y est revenue. Il m’a invitée un jour à venir jouer avec lui en concert, sur la place Camille Julian, et j’y suis allée. Tu te souviens que la fac de Philo était assez glauque ; on ne se parlait pas beaucoup entre étudiants. Alors qu’en classe de terminale, j’avais connu un professeur extraordinaire, qui faisait des cours très vivants, nous amenait à parler et échanger, en faculté, il n’y avait même pas une heure consacrée à des débats. C’était une diffusion unilatérale d’histoire de la philosophie sans aucun échange. Et l’échange me manquait. De mon côté, j’avais toujours écrit de la poésie, dès le CP. Depuis que j’ai un stylo entre les mains, j’écris. Je ne me suis jamais arrêtée. Je m’arrêterais peut-être, mais pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour. Ce qui est paradoxal avec la poésie, c’est que c’est une discipline littéraire à la fois délaissée, et à la fois pas, car beaucoup de gens écrivent de la poésie, en permanence -et cet art a repris de la vigueur avec le Slam et le Rap-, parce qu’on a tous lu, à l’école, des poèmes qui nous ont ému(e)s, mais peu de gens en achètent, et elle n’est pas enseignée. Il n’y a pas de formation spécifique, ni d’école de poésie. Je ne sais pas si c’est quelque chose d’inné(e) ; c’est en tout cas un art qui se travaille. Mais est-ce inné d’avoir de la poésie en soi ? De poser un regard particulier sur le monde dans lequel on vit ? Je n’ai pas eu la sensation de choisir la poésie ; j’ai plutôt l’impression que c’est elle qui m’a choisie. Donc à partir moment ou tu écris de la poésie, qu’en fais-tu ? Qui lit la poésie contemporaine? Personne ! Pas même moi. Quand les gens achètent un livre de poésie, ils achètent des valeurs sûres. Alors quand cette amie m’a proposé de mettre en scène un de mes textes, ça m’a donné la possibilité de passer de l’écrit à l’oral. La musique s’est alors imposée comme un vecteur possible de la poésie, même si c’est contraignant, car à partir du moment où le texte est cloisonné, on peut perdre beaucoup de sens, et des espaces possibles de poésie faits par le regard du lecteur.

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-N’est-ce pas cette obsession en quelque sortes qui est justement à l’origine du fonctionnement particulier d’O.P.A ?
– Effectivement. O.P.A change tout le temps de visage au grès des concerts ou des disponibilités des gens ; il n’y a pas de membre permanent, ni statique. A part moi. Parfois la formation rock m’accompagne pour des concerts amplifiés ; parfois on fait des concerts acoustiques, simplement avec une violoniste et un guitariste. Nous avons conservé le principe de ne pas avoir de groupe en fait. O.P.A est un projet ouvert : il me faut au minimum un musicien avec moi. Ensuite suivant les disponibilités, les humeurs, la configuration de la salle aussi, il peut y en avoir 2,3,4,5,6,7,8… Ce qui fait qu’on peut aussi bien jouer en acoustique en petit lieu que dans des concerts amplifiés devant un public plus large.
Pour moi, enfermer la poésie dans le cadre d’une chanson implique forcément une restriction de sens. Or avec la formule choisie par O.P.A, à savoir faire de l’improvisation et ne jamais se répéter, on peut entendre le même texte avec des interprétations différentes et garder ainsi la potentialité de sens possibles du texte. Je ne suis pas musicienne, et encore moins compositeur. Mais de fait, dans O.P.A, on ne compose pas. C’est de l’improvisation du début à la fin. Je monte sur scène avec mes cahiers de texte, mais je ne sais absolument pas où cela va partir musicalement. De toute façon c’est quasiment impossible, puisque la formation varie tout le temps ; il est donc très difficile d’obtenir une régularité. Bien sur il y eu des périodes durant lesquelles la formation jouait à peu près avec les mêmes musiciens durant un an par exemple, et donc refaisait parfois des morceaux tels qu’ils avaient déjà été interprétés, car ils nous avaient plu ainsi. Mais on ne gardait aucun enregistrement. Maintenant, depuis 4 ans, nous filmons nos concerts systématiquement, ce qui nous permet de garder une trace. Dans un concert, il y a toujours des morceaux qui sont moins bons que d’autres, mais ce sont des essais et des tentatives qui présentent toujours quelque chose d’intéressant. En garder une trace n’est pas une si mauvaise initiative ; en outre cela permet aux gens de regarder sur Youtube comment travaille le groupe, et de se faire une idée des différentes énergies qui traversent nos créations, car suivant la densité musicale, qu’on soit en formation rock à 5 ou en acoustique voix-violon-guitare, on ne déploie pas la même énergie. La différence de sensibilité peut amener la pluralité de sens qui en tant qu’auteur m’intéresse.
Quand j’ai monté ma première pièce de théâtre, j’étais préoccupée par la question de savoir comment faire pour que le texte reste poétique. J’avais fait un spectacle très carré, avec l’idée de dire le texte sans aucun ton, pour que le spectateur puisse le charger de ses émotions. En fait l’improvisation est venue très vite, parce que je me disais que le fait que le comédien interprète le texte au temps T avec la sensibilité qu’il a sur le moment, et que le lendemain il l’interprète avec une sensibilité différente était très intéressant. Le texte varie en fonction de l’émotion, et cela me permet de garder le plus de sens possibles au texte.

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-En quoi l’épisode AléAtoire a-t-il ou n’a-t-il pas influencé le devenir d’O.P.A ?
-C’est en 2003 que Rico m’a donc proposé de participer au projet naissant d’AléAtoire. Et pendant ce temps, l’expérience O.P.A était un peu en suspens. Quand AléAtoire s’est désintégré après 2005, j’étais accro à la musique, et O.P.A étant alors en stand by, j’ai repris le nom pour perpétuer en quelque sorte ce qu’on faisait avec AléAtoire. Pour moi, c’est une continuité au niveau de la démarche. D’ailleurs puisque O.P.A avait été créé pour porter mes pièces de théâtre, il ne s’agit pas vraiment d’un détournement. Quelques membres d’Aléatoire sont venus avec moi, le batteur Krimo, et le guitariste Milos, qui ont fait quelques concerts avec nous, tout en élaborant leurs projets personnels à côté. Cette année j’ai refait quelques concerts avec Milos, Krimo, et les frères Pétards, qui étaient présents au tout début du groupe. AléAtoire avait fonctionné pendant trois ans, avec plus ou moins de pénibilité, mais comme c’était vraiment un groupe, on improvisait les morceaux sur scène, et on les améliorait au fur des concerts, tout en gardant des morceaux inédits.
Malheureusement l’expérience fut assez traumatisante humainement, parce que quand un groupe éclate après trois ans de vie commune, qui nous ont soudé(e)s, quand on a vécu toutes ces expériences ensemble, et que tout s’arrête brutalement, ça fait beaucoup de dégâts. Surtout de la façon dont ça s’est passé, à savoir, on s’est engueulés à la fin d’un concert, et on ne s’est jamais revus. Comme je suis quelqu’un de plutôt sensible, ça a été très douloureux pour moi. Donc j’essaye de me préserver désormais. J’ai pensé pouvoir poursuivre cette aventure de groupe avec O.P.A, et au début, durant une bonne année, nous avons fonctionné comme un vrai groupe tant bien que mal. Puis, peu à peu, je me suis aperçue que c’était moi qui m’occupais plus ou moins de tout, et que finalement toutes les tâches retombaient sur moi. De fait la nature d’O.P.A s’est imposée, même si je n’aime pas l’idée d’être chef -quoi que dans OPA, j’aime bien ça!- : nous n’étions pas un groupe comme les autres, mais un groupe de musiciens mouvants autour de moi, juste bâtis sur l’idée de construire une structure pour faire vivre mes textes. La formation est devenue au fil des années une grande famille de musiciens aguerris que je remercie de jouer avec moi, souvent bénévolement, pour des petites causes qui font les grandes rivières. Les différentes plateformes internet liées à O.P.A comptent 2000 visiteurs chaque mois, et beaucoup de gens nous connaissent, parfois même sans avoir vu aucun concert, juste par le biais d’internet.
Bien sur, nous jouons beaucoup de musique, mais il nous arrive de recréer des pièces de théâtre. En ce moment même je suis en train d’en préparer une.

-A ce propos, l’histoire de la création de cette pièce et donc aussi du groupe a failli s’enrayer il y a peu de temps à cause de la confiscation de tes outils de travail suite à une perquisition. Où en est sa création?
-J’étais en train d’écrire la pièce en question, quand les policiers sont venus perquisitionner mon appartement l’été dernier, et on m’a confisqué mon ordinateur fixe, mes portables, mes carnets de notes, disques durs, clés USB, téléphones… Donc ça a quelque peu cassé l’élan. Et puis je n’ai pu récupérer mes affaires qu’en Octobre, et j’avoue avoir mis du temps à me replonger dans mes fichiers, car j’ai eu beaucoup de mal à me remettre psychologiquement de cette perquisition, qui a été assez violente.
C’est une longue histoire, mais j’en profite pour en dire deux mots. Comme tu le sais, je suis quelqu’un d’un peu actif dans le milieu militant, au sein de plusieurs associations, dont le D.A.L (Droit Au Logement), sur Bordeaux. Nous avons connu quelques problèmes depuis un an, suite à l’occupation par plusieurs familles sans logement d’un bâtiment laissé vide depuis plusieurs années. L’usufruitière a porté plainte contre X, et pour la police, X, c’était forcément le D.A.L . Moi et quatre autres personnes avons donc été perquisitionnées, placées en garde a vue, et privées de nos affaires. Lors du procès qui a eu lieu au mois de Mars, on a tous écopé de trois mois de prison avec sursis, 5 ans de mise à l’épreuve, 8000 euros de dommages et intérêts, et 90 euros de frais de procédure. Nous avons fait appel évidemment [NDLR : le procès en appel du D.A.L se tiendra le 20 Novembre 2014, à 14h, au tribunal de grande instance de Bordeaux], car nous considérons avoir été condamnés pour un délit de solidarité et des faits que nous n’avons pas commis. D’abord le bâtiment en question était vacant depuis 2011, et ça, c’est la propriétaire qui le reconnaît elle-même, et les familles sans logement ne l’ont intégré qu’en 2013. La loi considère un logement vacant à partir du moment où il est laissé vide plus d’un an. La violation de domicile qui nous est reprochée n’est donc pas admissible logiquement. Et même en admettant qu’on ait ouvert cette porte, ce qui n’est pas le cas, je ne connais personne qui, pour un premier délit, passe 24h en garde à vue, se voit perquisitionné et privé de ses affaires, et condamné à de la prison avec sursis -et on sait bien que la raison d’être du sursis est de dissuader de réitérer une telle action et de poursuivre nos engagements-. Le délit de solidarité, soit dit en passant, a été retiré de la législation par François Hollande. Et pourtant on continue de condamner des gens pour cela, dans le cadre d’une politique de répression contre les milieux militants. Nous n’avons fait qu’accompagner ces familles qui étaient à la rue.
Il faut savoir que chaque année, à la fin de la trêve hivernale, ce sont des centaines de gens, des femmes, des enfants, des personnes âgées, qui se retrouvent jeté(e)s à la rue. Les centres d’hébergements sont fermés, car on considère que l’été, ces gens peuvent dormir dehors. On s’est donc retrouvés ici avec 90 personnes sans abris, et il fallait bien trouver une solution. Bien sûr nous avons entamé des démarches institutionnelles, des lettres au maire, aux députés, aux conseils municipaux ; on a été reçus 3 ou 4 fois par le préfet. Et au final, aucune solution ne nous a été proposée pour ces personnes. De fait ces personnes ont trouvé elles-mêmes la solution d’occuper un bâtiment vide, en attendant. Notre association a vocation à les accompagner dans leurs actions, tout en continuant les démarches officielles pour trouver une solution viable. On sait bien que la durée de vie d’un squat est très courte. Il y a encore quelques années, les squats étaient tolérés, et les personnes en situation précaire pouvaient y trouver refuge. Aujourd’hui, il n’y a plus aucune tolérance vis à vis de ces gens qui vivent dans la misère, et les expulsions se font de manière rapide, radicale et souvent assez brutale. Récemment un squat occupé par des Roms a été fermé : on a cassé les portes et fenêtres pour qu’ils ne puissent pas revenir, brûlé leurs affaires. C’est déjà humiliant pour des gens d’être jetés à la rue avec leurs enfants. Quel est l’intérêt de brûler leurs affaires ?
Que penser de tout l’argent dépensé pour la fête du fleuve, la fête du vin, la statue de Chaban Delmas, la construction du stade de foot, alors qu’on nous affirme qu’il n’y a pas d’argent pour loger des familles ? Même sans investir dans les logements sociaux, il suffirait d’ouvrir les bâtiments laissés vacants pour qu’il n’y ait plus personne qui dorme dehors. Comment ne pas devenir fou dans cette société absurde ? On gaspille la nourriture et des gens meurent de faim ; des logements sont fermés et des gens dorment dehors. Soit ça rend les gens fous, soit ça les terrorise, soit de plus en plus ça les mobilise pour chercher à s’informer et agir. D’ailleurs pour ceux que cela intéresse, nous avons répertorié sur le site d’O.P.A [http://www.opa33.org/] tout un tas de sites alternatifs d’information.
Enfin pour revenir au D.A.L de Bordeaux, nous nous sommes retrouvés pris dans un tourbillon judiciaire, en nous demandant jusqu’à quel point il n’y avait pas une volonté claire de casser la dynamique de l’association. Quand on te perquisitionne, alors que tu n’as rien fait, et que du jour au lendemain tu te retrouves privé de tous tes outils de travail pendant 4 mois, bien qu’ayant écrit au procureur pour lui expliquer que tu es en train de monter une pièce de théâtre, qui n’engage pas que toi, mais le vie des musiciens du groupe, et que tu as besoin de tes cahiers -alors que, franchement, ce n’est pas sur mes ordinateurs qu’on va trouver un quelconque secret d’état pour ouvrir un squat- c’est pénible et violent à vivre. Et injuste.

– Le militantisme tient une place énorme dans ta vie et ton art, jusqu’à les mettre en danger parfois apparemment. Est-ce que ça vaut le coup ?
-Pour moi c’est une cohérence que de prendre le micro pour défendre certaines causes ou valeurs, et une fois descendue de scène, de continuer à défendre ces mêmes causes en m’investissant des les collectifs. Avoir un micro aujourd’hui, c’est une arme de construction massive. C’est une réelle chance de pouvoir prendre la parole dans ces temps de restriction de libertés individuelles.
On a un pays très créatif où les talents foisonnent. Le fait d’être un peu dans la galère permet aussi d’être plus prés de la réalité que vivent les gens qui t’écoutent et de comprendre mieux ce que tu chantes dans ton micro. Entendons-nous : je ne me considère pas comme précaire. La précarité, c’est dans la tête. Je pense qu’il n’y a que toi-même qui puisse déterminer si tu es précaire ou pas. Certaines personnes dans l’aisance financièrement vivent dans une très grande précarité sociale ou affective. Je vis avec peu d’argent, mais j’ai une vie sociale et professionnelle très épanouie. Je sacrifie l’argent ; mais le temps n’est pas de l’argent : le temps, c’est du temps pour soi et pour les autres. Je ne suis pas là pour gagner ma vie, je suis là pour la vivre, faire des rencontre et en profiter, car elle est courte. Alors oui, pour moi, l’engagement est nécessaire, même s’il m’a attiré plus d’un ennuis, et qu’il est vrai que parfois on s’interroge sur les risques qu’on est prêt(s) à courir et faire courir a nos proches pour défendre des valeurs que l’on croit justes, mais que nous ne sommes pas suffisamment nombreux à défendre. Bien sur des gens nous écrivent leur soutien. Mais sur le terrain, on est toujours aussi peu nombreux.

-Selon toi, la liberté d’expression est-elle plus que menacée?
-On manque de subversion, de gens comme Coluche et Desproges. A l’heure actuelle je ne suis même pas sûre qu’ils pourraient s’exprimer comme ils le faisaient. C’est sans doute en partie ce qui explique le succès populaire de Dieudonné, qui malheureusement fait des dégâts considérables. C’est l’idiot utile du système, parce que depuis lui, on ne peut plus soutenir la Palestine sans être considéré comme antisémite. Il a déplacé le débat, et à cause de lui des gens confondent Juif, Israélien, Sioniste et colon. Tous ces jeunes de cité qui sont en perte de repère et rejetés par une France amnésique, à qui on a dit qu’ils ne sont pas français, alors qu’ils sont peut-être en France depuis 3 générations -ce qui n’est pas ton cas ni le mien, puisque ma mère est camerounaise, donc je suis fille d’immigrée comme toi-, voient Dieudonné comme un leader potentiel qui leur redonne de la vigueur. Auparavant ses sketchs me faisaient rire, mais, là, on ne peut plus le suivre. Pourtant il y a autour de moi des dieudonnistes convaincus qui croient qu’il est anti-système, qu’il dit la vérité, et ce à cause du buzz qu’il y a eu autour de l’interdiction de son spectacle.
Par principe je suis contre la censure. Et d’autant plus que nous en avons nous mêmes victimes, en quelque(s) sorte(s). En 2008 par exemple, j’ai vécu la fermeture d’un site d’informations alternatives, Hacktivismes, que je tenais avec des camarades, et qui tournait à plus de 60 000 visiteurs par mois. Du jour au lendemain, il a disparu. Une semaine après, c’est le site d’O.P.A qui a été piraté, et nos boites mails également. En 2009, suite à une pièce de théâtre sur la mémoire courte en politique, j’ai été victime d’une agression physique assez violente, qui est à l’origine de la création du C.L.A.P (Collectif Contre Les Abus Policiers) [site : http://clap33.over-blog.com%5D, collectif qui fonctionne en réseau avec d’autres partout en France et dans d’autres pays, et vient en aide aux gens victimes de violences policières, car il y en a. Chaque année le C.L.A.P de Bordeaux organise un sitting pacifiste avec des banderoles et des pancartes en hommage aux victimes de violences policières. Comme action non-violente, on ne fait pas mieux. Mais même ce type de manifestation est ultra surveillée et encadrée. Paradoxalement cela nous sert, car quand les passants voient un déploiement complètement disproportionné de forces de police pour un rassemblement pacifiste de personnes assises avec des pancartes, ils se posent des questions.
Depuis 2001, en France et ailleurs, on a prétexté des menaces terroristes pour faire voter tout un tas de lois liberticides, comme la loi LOPPSI, installer des caméras, surveiller les gens, de sorte que notre pays ressemble de plus en plus a une société de contrôle, dont l’objectif est de savoir tout ce que font les citoyens. Quand on pense que les 3/4 du budget du plan de prévention de la délinquance en 2012 ont été alloués à l’implantation de caméra de vidéosurveillance, on est en droit de se demander dans quelle mesure une caméra prévient les actes malveillants. N’aurait-il pas mieux valu investir cet argent dans la formation d’éducateurs de rue, de gens à même d’aider les jeunes en perdition à qui on a tout promis et qui n’ont droit à rien ? Les réseaux sociaux sont des nids à renseignements. Et ce n’est pas céder au conspirationnisme que de dire ça : avec les outils de nouvelles technologies, nous sommes surveillables en permanence, et dans le monde entier. En France on est libre de ne rien faire et rien revendiquer, mais dès qu’on commence à s’indigner, les ennuis peuvent vite arriver. On jouit de quoi exactement ? La liberté de consommer, une relative liberté de circuler, et encore, voyons la vie qu’on a menée aux Roms. On s’est dépêchés d’en expulser avant 2014, car il y avait un moratoire en cours permettant à la France d’expulser ces citoyen-nes européen-ne-s.
Je pense qu’on devrait jouir d’un premier amendement comme aux États Unis qui dit que tout le monde peut s’exprimer, y compris celui qui n’a pas nos idées. Même la condamnation de l’élue du F.N, qui a insulté la ministre garde des sceaux me gêne, bien que je ne partage pas du tout les idées de ce parti. On peut s’interroger sur les bienfaits de l’incarcération : je ne pense pas que si cette personne passe quelques mois en prison, elle sera moins fasciste qu’avant. Hitler aussi est passé par la case prison. Quand il en est sorti, il était encore plus résolu, il avait eu le temps de mûrir ses idées et d’écrire son livre. On n’enferme pas les idées. Les idées se combattent par des idées. On a suffisamment de preuves et de témoignages pour pouvoir contrer les négationnistes qui prétendent que les chambres à gaz n’ont pas existé, par le débat, sans être obligés d’en passer par des censures et des restrictions de liberté d’expression. A partir du moment où les gens ne commettent pas d’acte violent, même si leurs idées me semblent moyenâgeuses ou dangereuses -parce que quand on les voit manifester pour priver des gens d’un droit comme le mariage, on se dit qu’ils sont restés bien au fond de la caverne de Platon, sans jamais voir la lumière-, ils ont le droit de les exprimer. Je préfère discuter avec les gens et essayer de les convaincre, plutôt que de les interdire et les frustrer, voire les extrémiser.
Peut-être qu’il y aura un ras le bol général qui fera que les gens de ce pays se souviendront de la Commune de Paris et rechanteront « Le temps des cerises ». J’aime mon pays, j’aime sa langue, les gens qui l’habitent, son Histoire, ses intellectuels. J’aurais presque des élans de patriotisme parfois. Il y aussi de belles choses dans ce pays. J’espère qu’on sera suffisamment intelligents pour ne pas s’entretuer à cause des Dieudonné et des Lepen et de tous ces promoteurs de communautarismes, quels qu’ils soient, qui nous incitent à taper sur notre voisin plutôt qu’à aller chercher les vrais responsables du malaise qui sont hors d’atteinte et qu’on ne connaîtra de toutes façons peut-être même jamais, parce qu’ils font de la politique dans l’ombre.

OPA-35

-Beaucoup d’espoir et de joie de vivre également dans ta démarche. Y crois-tu tours autant ?
-On fait tellement tout pour faire croire aux gens qu’ils ne peuvent rien changer à la vie et au monde. Bien sur qu’on ne changera pas le monde. Par contre on peut changer les rapports avec ses voisins, changer les choses dans son quartier, et on est dans une période de prise de conscience des gens vis à vis de cela. On le voit à travers l’investissement dans gens dans les associassions de quartier. Pour exemple, à Bordeaux et ailleurs il y a eu aux élections beaucoup de petites listes montées par des citoyens. Pas loin d’ici, dans un village, tous les électeurs se sont présentés, et tous ont été élus. Il faudrait aller voir là bas comment ils s’organisent. En attendant cela prouve que ce n’est pas parce que les gens ne croient plus aux politiciens qu’ils ne croient plus en la vie politique. Ils prennent simplement peut-être conscience que ce n’est pas en passant par des partis politiques traditionnels qu’on trouvera la solution.
Les gens ont envie de mieux vivre, mieux manger, mieux se sentir ensemble, et c’est sur de petites surfaces que l’ont peut réussir ça, en créant des solidarités de quartier, parce que qui mieux que moi est à même d’aider ma voisine septuagénaire à monter ses courses ou descendre ses poubelles ? On voit bien que de toutes façons le capitalisme mondial est un système mortifère qui se régénère à peine avec des guerres, mais qui est voué à aller droit dans le mur. Il finira par s’effondrer, mais en entraînant dans sa chute des tas de gens qui n’ont rien demandé.
Les gens sont tristes, car ils ne s’aiment plus. On les dévalorise en permanence. Il faut retrouver le chemin pour s’aimer soi-même. Parce que nous sommes de belles personnes. Ce n’est pas nous qui faisons les guerres ; on les déclare en notre nom, sans nous demander notre avis. Les fonds secrets de l’Assemblée Nationale, c’est des millions d’euros dépensés sans que nous, citoyens, ayons le moindre droit de regard dessus. On a plein de jeunes en ce moment qui arrivent dans les collectifs, des gens beaux, intelligents, cultivés, qui amènent des façons nouvelles de militer, rigolotes. « Joyeux et c’est pour ça qu’ils sont toujours debout » disait Léo Ferré en chantant « Les Anarchistes ». Il faut mettre de la joie dans la lutte. Parce que beaucoup de luttes se perdent ; et ce qui est gagné dans une lutte c’est la camaraderie qui se crée à ce moment là, la joie de combattre ensemble. Il vaut mieux perdre une lutte qui a été menée que de la perdre de fait parce qu’on ne l’a pas menée.
Je crois beaucoup aux énergies. Je crois en l’amour qui est une énergie formidable, inépuisable, qui se régénère chaque fois qu’on donne. Il faut le remettre au centre de nos préoccupations, dans l’empathie et non dans la charité. C’est ce que nous tentons de faire avec O.P.A : on balance de l’amour en concert et ça marche plutôt bien. La première chose que je fais en arrivant dans une salle, c’est demander qu’on mette la lumière sur le public. J’ai besoin de voir les visages des gens pour pouvoir chanter. J’aime les petites salles, en particulier les salles des fêtes de village, parce qu’on s’adresse à un public éclectique et très varié, de tous âges, des vieux, des enfants, des jeunes, des parents, et après le concert on peut discuter avec eux. Et puis le fait de pouvoir venir nous voir 10 fois sans jamais voir le même concert participe à la fidélité du public, parce que la surprise et la sincérité sont toujours au rendez-vous.

-D’où te vient la passion musicale ?
-Mes parents écoutaient un peu de musique, mon père surtout des chansons à texte -Brel, Brassens, Ferrat-, ma mère un peu plus de variété, Dalida par exemple. Je me suis alors rendue compte à quel point il était difficile de faire une bonne chanson de variété. C’est un genre galvaudé, alors que c’est le plus vendu. Quand j’étais jeune, j’étais fan de Goldman, Balavoine entre autres. Il y a aussi de belles chansons dans la variété, des chansons qui veulent dire quelque chose. Et Balavoine en particulier, qui n’est pourtant pas passé à la postérité comme Brel ou Brassens, me semble être un chanteur de chanson française, même si musicalement il utilisait la variété et la pop. Néanmoins il y a un propos dans les chansons, qui la plupart du temps portent des textes engagés. C’est donc grâce à mon père que j’ai écouté Brel, Brassens et l’intouchable Jean Ferrat. Longtemps je n’ai plus écouté Ferrat, car je trouvais cela un peu faible musicalement. Mais maintenant je le réécoute et trouve cela vraiment bien. Les mélodies restent, donc le message reste. Ceci dit j’ai peur que ce chanteur tombe un peu dans l’oubli. Les jeunes générations connaîtront plus facilement Brel et Brassens que Ferrat. C’est comme Barbara. Peut-être que les jeunes générations connaîtront ses chansons, mais pas elle. Déjà à l’époque elle était un peu confidentielle. Elle n’avait pas un public aussi large que Brel ou Brassens. J’ai eu la chance de la voir en concert au Théâtre Femina, le meilleur concert de ma vie. C’était sa dernière tournée. Au milieu du concert, elle a fait ouvrir les portes pour accueillir les gens qui n’avaient pas pu rentrer, et personne n’a trouvé à redire, au prétexte que certains profitaient du concert sans avoir payé. On a tous trouvé cet acte génial. Et quand elle est partie, tout le monde a applaudi, et chacun à tour de rôle amorçait une chanson, que tout le monde reprenait. Je l’imaginais dans sa loge en train d’entendre les gens chanter ses chansons pendant presque une heure… Je n’ai plus jamais vu ça. J’ai compris, ce soir là, que le rapport que j’avais à Barbara était commun aux autres, et cela créait un lien entre les gens. Je ne dirais pas qu’elle m’a inspirée ou influencée dans la façon d’écrire mon art. Je n’ai pas la prétention d’être comme elle, ni de suivre son parcours. Elle se définissait comme une femme qui chante, et moi, je ne chante pas. J’ai trop de respect pour les chanteurs-chanteuses pour me prétendre chanteuse. Mais je l’ai aimée passionnément, déraisonnablement, comme tous les gens qui aimaient Barbara. Maintenant il y a tellement de musiques à disposition, que les gens peu à peu n’iront plus chercher référence aux anciens. Qui écoute Fréhel aujourd’hui?

-Moi. Pourquoi ?
-Ah…Pardon. Je ne savais pas [hésitation suivie d’un fou rire contagieux]. Ce que je veux dire c’est que l’important est que les chansons restent, même si on ne se souvient plus de ceux qui les ont interprétées. Un jour je regardais une interview de Jean Claude Van Dame, qui pour moi est un grand philosophe… Et, tout con qu’il est, quand on lui a demandé s’il était content d’être connu grâce a ses films, il a répondu : « Non, je ne suis pas content. Je serais content quand je ferais un film qui sera plus connu que moi ». Ça s’applique à la chanson : quand on ne sait plus qui a écrit ou chanté un air, mais qu’il reste présent dans la mémoire populaire, que les gens se l’approprient le chantent toujours, c’est ça qui est beau. Un chanteur que j’apprécie énormément pour ça, c’est Souchon. Il utilise des rimes pauvres, un vocabulaire simple ; il ne cherche pas à faire du Léo Ferré ou du Thiéfaine, mais il arrive à parler du quotidien de manière émouvante. « Foule sentimentale » par exemple est une chanson de variété, simple et sans prétention, mais quand les gens l’écoutent, ils sont émus, s’y retrouvent, la chantent, dansent dessus. Tout le monde se reconnaît dedans, car c’est une chanson juste. C’est très fort d’arriver à réaliser cela. Faire une chanson engagée, avec tout ce qui se passe autour de nous, ce n’est pas très dur. Ce ne sont pas les sources d’inspirations ni les sujets qui manquent. Mais faire une chanson qui parle du quotidien et arrive à toucher tout le monde, c’est fort. Parce qu’on a tous gardé en nous une part d’enfance et de naïveté qui fait qu’on est réceptifs aux choses simples.

OPA-21

-Toi qui as connu la « belle époque » underground bordelaise, comment perçois-tu l’évolution artistique de la ville ces dernières années ?
-Le centre de Bordeaux est devenu tellement propre que ça en est nauséabond et déshumanisé, comme si on était en train d’en faire une ville-musée, froide et hyper touristique, qui ne mise, pour attirer les gens, que sur son architecture et le prestige du vin. Bordeaux actuellement est un exemple type d’architecture déshumanisée : on fait des places où on ne peut pas s’asseoir ; ce sont des corridors. On ne peut qu’y passer, sans s’arrêter, et surtout pas s’y poser avec des potes pour discuter. Il y a de plus en plus de caméras de surveillance, et quand on veut sensibiliser les gens à se phénomène, ils se disent qu’eux se fichent de la présence des caméras, puisqu’ils n’ont rien à se reprocher. Au lieu de s’étonner qu’on les filme justement alors qu’ils n’ont rien à se reprocher.
Cela pose une question sur l’engagement artistique dans cette mutation urbaine : comment pouvons-nous nous inscrire dans un refus ou une dénonciation de cette évolution, ou encore participer à ces nouveaux collectifs qui créent du lien entre les citoyens ? On manque de cohérence artistique forte en termes de riposte. Il est extrêmement difficile de mobiliser les musiciens quand on organise une manifestation pour X cause. Je ne parle pas forcément d’engagement dans les paroles. Il y a des artistes qui chantent peut-être « cui-cui les petits oiseaux », mais qui ont un engagement concret dans leur vie personnelle, se mettent au service d’associations, participent à des concerts de soutien. Inversement, l’histoire nous a appris qu’on peut chanter des textes très engagés en ayant un comportement privé peu vertueux. Même si on ne se sent pas de chanter des textes engagés, on peut très bien faire un concert et inviter des associations à y prendre la parole : en France il y a plus d’un million d’associations.
On peut déplorer l’absence de solidarité élargie. Par exemple à Bordeaux on n’a toujours pas l’habitude de payer les musiciens, parce qu’on considère qu’en te permettant de jouer, on te fait connaître. Alors que quand tu fais de la musique depuis 15 ans, et que c’est toi qui ramène du monde au bar pour ton concert, ce serait plutôt l’inverse. Dans le Nord de la France et en Bretagne, où il existe une tradition musicale populaire très forte, on est plus facilement payés qu’ici. A Bordeaux on a détruit le milieu underground -qui, soit dit en passant, s’est aussi un peu détruit parfois tout seul-. Beaucoup de lieux où on pouvait faire de la musique et permettre aux gens de s’exprimer ont disparus.
En ce moment on entend les artistes, car l’intermittence est mise à mal, et c’est bien qu’ils se défendent. Il y a tellement de gens qui meurent sans même essayer de se défendre. Mais s’ils n’avaient pas été attaqués sur leur statut, est-ce que tous les intermittents serait dans la rue pour défendre les précaires ? Si c’est une réelle prise de conscience tant mieux. Si c’est une prise de conscience temporaire, j’en serais déçue. Moi, je ne suis pas intermittente. Ce statut ne m’a jamais intéressé. Je n’ai pas envie de rentrer dans ce système de recherche de date et de travail alimentaire. On voit certains intermittents ici parfois se payer leurs cachets eux mêmes, pour avoir le compte des heures qu’ils doivent faire, ou être prêts a jouer n’importe où pour un cachet supplémentaire. Mon statut au R.S.A m’offre une grande précarité, mais une grande liberté aussi. Je comprends bien sûr ceux qui tentent de vivre de la musique, car j’ai conscience d’être libre de certains paramètres, n’ayant pas d’enfant à charge, mais j’essaye d’être en accord avec mon éthique.
C’est pour ça que O.P.A est en copyleft ; c’est une pratique peu répandue mais j’espère que les comportements vont évoluer vis à vis des droits d’auteur. De toute façon avec internet, les gens devraient comprendre que c’est un peu obsolète de vouloir barricader sa chanson et que le fait que personne ne puisse la copier et se l’approprier devient impossible. Pour moi c’est un non sens. Victor Hugo, qui est grand poète, lui même a dit que l’auteur est propriétaire de son œuvre et c’est une chose inaliénable, mais qu’au-dessus du droit d’auteur il existe le droit inaliénable du public à apprendre et s’informer. Verrouiller un outil d’information, c’est verrouiller nos libertés individuelles, au premier rang desquelles le droit d’apprendre et de savoir. Voir des artistes scandalisés par le fait que leur public télécharge leurs chansons -et, soit dit en passant, des artistes qui déjà gagnent bien leur vie, grâce au public qui va les voir en concert- mais qui, en revanche ; trouvent normal que leur maison de disque ne leur reverse qu’un pourcentage infinitésimal de leurs oeuvres, c’est assez consternant. Qui est le voleur ? L’industrie du disque qui exploite le talent des autres ou la personne qui télécharge un album pour l’écouter, parce qu’elle n’a pas d’argent, et qui le jour où elle en aura payera sa place pour voir l’artiste en concert ? Comme disait Gainsbourg, l’argent n’a pas d’odeur, mais le manque d’argent en a.
Avec OPA, on s’est donné cette mission suicidaire de faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait !

-Ça me rappelle un ancien président de la république…
-Ah bon, il a dit ça ? Il m’a piqué un ou deux trucs… C’est moi qui lui ai tout appris!
Donc l’avenir immédiat d’O.P.A, c’est la création de cette pièce, et le procès en appel du D.A.L, qui se tiendra, je le rappelle, le jeudi 20 Novembre à 14h au Tribunal de Grande Instance de Bordeaux, et au cours duquel on va se défendre pour faire réviser cette condamnation inique et dire qu’il n’est pas admissible que des gens soient condamnés pour avoir être venus en aide à d’autres, même à du sursis.
Ensuite, les concerts. Comme nous ne sommes pas dans une optique de trouver des cachets d’intermittence, on joue ou on veut et quand on peut. Il est vrai qu’il n’est pas facile de trouver un tourneur dans ces cas là. D’une part, avec notre démarche d’improvisation, on ne peut pas envoyer une démo de rock et passer ensuite en duo acoustique avec un truc qui ne correspond en rien à la démo, d’autre part, notre liberté de mouvement et de ton suppose qu’on ne va pas accepter tout et n’importe quoi, sans parler du fait qu’on se retrouve étiqueté comme groupe militant, quand ce n’est pas dangereux activistes.

OPA-55

Miren

Les liens relatifs au groupe O.P.A :
Site : http://www.opa33.org/
Blog d’Infos d’O.P.A : http://opa-infos.over-blog.com/
Youtube : http://www.youtube.com/33OPA
Sur Band Camp : http://opa33.bandcamp.com/
Facebook : https://fr-fr.facebook.com/LOrchestrePoetiqueDavantguerreopa

Le Droit Au Logement Gironde : http://dal33.over-blog.com/
Soutien à M. : http://soutien-m.over-blog.com/
https://www.facebook.com/pages/Page-de-soutien-à-m-poète-activiste-pour-OPA/498408073560797
Collectif Contre Les Abus Policiers : http://clap33.over-blog.com

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Une Réponse to “Orchestre Poétique d’Avant-guerre : entretien avec M., porte-voix et porte-plume du groupe”

  1. Funke octobre 22, 2014 à 15 h 14 min #

    Pour Info : O.P.A. sera en concert le jeudi 23 octobre à 19h30 au café « Inglorious Barstar », 4 place André Meunier à Bordeaux, et vendredi 24 octobre à 19h à l’Athénée Libertaire, 7 rue du Muguet à Bordeaux.

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