Le cas Erwan Larher, auteur

2 Juil

Titre : « Le 1 et le 3 », par Hum Toks / E.5131 / Eric SABA

Sous-titres possibles :

– 2 romans, 1 chronique…

– Erwan Larher, membre de la tribu…

– Comment parler de soi, de lui et d’autre chose ?

– Chronique ni tête…

©Dorothy-Shoes

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Hum, hum… Moi qui, a priori, ai horreur des a priori, j’ai adopté le style d’Erwan Larher assez vite : efficace, jeu sur le mot, la structure, le renversement des points de vue, contre-pied, raquette de squash à la main, recherche du terme hétéroclite… Put one coin ! Erwan prend à cœur son rôle de narrateur, caresse, en apparence et dans le sens du poil, le lecteur en se jouant de lui, car au bout : la surprise. Je crois qu’Erwan n’envisage pas l’écriture sans la surprise, le jeu, le plaisir. Et le petit plus dont il est question tout de suite.

2 lettres pour commencer : EL

Cher Erwan,

J’ai bien fait de déposer le cri de ralliement « Salut les parano(e)s ! », comme d’autres déposent la marque « nan, mais allô », car, en écrivant L’abandon du mâle en milieu hostile, ton troisième roman, tu t’inscris totalement dans le concept. Tu me feras remarquer que ton premier récit Qu’avez-vous fait de moi ?, déjà, respectait, à la ligne, le manifeste originel du « parfait parano(e) » et je te dirai « oui » – une façon comme une autre de confirmer tes dires. Tu me parleras alors de ton deuxième roman et je t’arrêterai bien vite, la paume en avant (style « parle à ma main »), pour te dire « laisse-moi la surprise, je ne l’ai pas encore lu ». Concernant ce premier roman et ce dernier en date, que dire ? Ils m’ont plu.

Cher lecteur, je te rappelle les bases…

Faire sa Cassandre n’a rien de plaisant, je le sais. Mais il se trouve qu’à se faire traiter de parano(e)s à longueur de réunions, de discussions amicales, familiales, cordiales, associationales, tu (nous, toi ?) t’habitues à entendre le terme qu’on te sert, régulièrement : parano(e). Et puisqu’il s’applique de long en large à ta propre personne – du moins dans l’œil et la bouche de l’autre –, tu finis par l’adopter. Oui, tu l’adoptes, ce terme. Ce terme qui devient doux comme une deuxième peau, tu en redéfinis le sens, tu finis par le porter comme un gonfanon et à fabriquer, avec tes congénères, une petite tribu répondant au nom de « Salut les parano(e)s ! ». Ainsi, autour de la table, les regards échangés permettent aux parano(e)s en tous genres de se repérer les uns, les autres. Ils finissent par former un groupe, une entité, une carapace fraîche : le groupe débile, indélébile, de ceux qui annoncent… de ceux qu’on prend pour de dangereux extrémistes à la vision altérée par la colère, l’envie, la jalousie (oh oui, on en entend des choses et des belles et des vertes et des bleues et des pas mûres…), de ceux qui, pessimistes (lucides ?), sont décidés à agir pour changer les choses (pour le moins, à résister…) et qui s’auto-nomment, puisque c’est leur nouveau sobriquet : les parano(e)s ! La stratégie est simple. Il s’agit de jouer sur le mot, le sens, la situation et de tout renverser… (en commençant par la définition, pour finir peut-être… par la table). Erwan, lui, écrit des romans.

©Dorothy-Shoes

©Dorothy-Shoes

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Erwan, puisque c’est de toi qu’il s’agit

Cher lecteur de Leblogdudoigtdansloeil (NB : c’est pas moi qui ai choisi le nom du webzine…),

C’est le deuxième auteur que je chronique ici. Le premier, Sébastien Ayreault, pour son très beau Loin du monde. Le second, Erwan Larher.

J’en ai rencontré un, pas l’autre. Pas encore (Sébastien vit aux Etats-Unis).

Ces deux-là se sont peut-être croisés, cette année, lors du Salon du Livre de Saumur, au cours duquel Erwan a gagné le « Prix Claude Chabrol ». Depuis, il a raflé d’autres prix et son roman L’abandon du mâle en milieu hostile se retrouve en haut des conseils de lecture pour l’été qui vient (à petits pas…). On parlerait, se murmure-t-il, d’une adaptation pour le cinéma…

Ça fait un paquet de temps que je suis Erwan… Des points communs. Un mot de temps à autre, quelques messages, des conseils de sa part. Un long moment au téléphone, en 2008. Des idées partagées et son premier roman en 2010, puis le second (pas lu encore) et celui-là (L’abandon du mâle…), en 2013 : année de notre rencontre, en vrai, en chair, en os et en blouson, parce qu’il ne faisait pas très chaud, à Limoges…

©Sandra Reinflet

©Sandra Reinflet

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L’univers

Que puis-je dire de ses « héros » ? C’est lui, c’est moi. Et ce regard porté sur la société… ? Il dit « cynique », je dis « désabusé ». Le personnage principal… ? Il dit « couillon », je dis « naïf ». On peut cumuler les deux. Un héros, anti-héros, héros malgré lui de son plein gré, qui ne se retrouve jamais du bon côté de la barrière. Les filles… ? No comment. Si : un problème. Le blé… ? No comment. Si : un miroir aux alouettes, bien présent. Le rapport à la hiérarchie… ? No comment. Si : des dieux, des maîtres… des manipulations, des machinations. La politique… ? No comment… Ou plutôt, tant à dire… Erwan est à l’origine d’une décision mûrie longtemps, prise le 18 mars 2012. Le narrateur… ? Malin. Malin, joueur, coquin. Joueur et généreux. Un narrateur qui offre moult plaisirs : rebondissements, retournements, éclaircissements, tourneboulements. Un narrateur qui aime les mots, je veux dire par là : le son, le sens et le vocabulaire qui fait un pas de côté (ex : « alacrité »…). Un narrateur qui aime la structure, l’agencement, l’organisation de l’histoire offerte, les références : Metal Urbain, The Cure, Le Clézio, Echenoz ou la finale Noah-Wilander. Sans tout cela… point de plaisir. On l’a déjà dit.

(Une erreur, selon moi : on ne peut associer dans la même phrase Djian, BHL et Sulitzer. Sache, cher Erwan que nous devrons discuter fermenent.)

Le personnage mâle, le couillon, chez Erwan Larher est toujours un peu paumé. Tellement bien que c’est lorsqu’il imagine qu’il commence à maîtriser deux trois choses qu’il est au plus loin de la compréhension du monde ou de son environnement proche.

romans_larher

Mise à jour (mars 2016) : oui, le 2 et le 4 existent… une chronique bientôt.
Et le 5, à venir (avril 2016).

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Machination

Les deux romans sont construits sur cette idée : le point de vue d’un personnage, la représentation erronée, déformée de la société, du réel… images et illusions. Erwan met en scène (pensons qu’il a écrit pour le théâtre aussi) l’oubli, l’aveuglement, devant le paraître. Cécité collective qui ne concerne pas que le personnage principal. Impossibilité de saisir ce monde qui NOUS entoure, qui donne à voir, multiplie les écrans et les informations… pour mieux tromper… ?

Tiroir supplémentaire à cette présentation bien commode : Erwan joue, fabrique ce jeu des illusions, des ombres, des apparences, des flagrants mensonges… Erwan se joue aussi de toi (moi), lecteur, et, dessillé (initié), tu y trouveras du plaisir.

©Dorothy-Shoes

©Dorothy-Shoes

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Et puis ?

On avance dans ses récits et l’on se dit qu’Erwan Larher a décidément beaucoup d’imagination, que tout est inventé. On n’est plus sûr de rien… Plus sûr que c’est lui qui écrit, plus sûr qu’il contrôle encore tout à fait… Et c’est le mystère de l’écriture et de cette cervelle d’auteur, écrivain, dingue de fables et de fantasmagories. Quand TOUT se transforme en récit possible.

Me voilà au bout des lectures. Après Qu’avez-vous fait de moi ?, j’ai pensé au Magnifique, le film avec Belmondo et j’ai pensé que, finalement, je n’étais pas tombé sur le bonhomme par hasard. J’en ai profité pour comprendre le titre.
Après la lecture des deux romans (« le 1 et le 3 »), j’ai pensé à THX1138, au futur qui nous attend… Et je me suis dit : « Ils sont très forts ! Mais qu’ont-ils fait de lui ? ».

Qu’avez-vous fait de moi ? : un mec qui imagine sa vie, les nanas, quand il sera riche et qui commence par essayer de… trouver un emploi… La suite ? Il s’interroge. Et il a raison. Parce que le pauvre gars ne saisit pas tout. Et pourtant, autour de lui, il s’en passe des choses…

L’abandon du mâle en milieu hostile : un mec insipide qui sort avec la fille la moins insipide qui soit, qui voit sa vie défiler, thuriféraire, et qui s’interroge… quand tout est fini. Alors, on recommence.

Pour finir

Que je t’explique, Erwan c’est le genre de gars à te mettre en scène des négociations qui se dérouleraient loin des yeux et des oreilles des peuples européens et américains, entre l’UE et les USA pour construire un Grand Marché Transatlantique, à pousser le bouchon, même… à essayer de te faire croire que les USA ont mis sur écoute le moindre bureau de la Commission Européenne. N’importe quoi !

Erwan… t’es un parano(e), ou quoi !???

Par Hum Toks / E.5131 / Eric SABA

©Sandra Reinflet

©Sandra Reinflet

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Chronique des romans 2 et 4 d’Erwan :
https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2017/04/09/le-cas-erwan-larher-auteur-2/

Chronique du roman n°5 d’Erwan :
https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2016/05/08/marguerite-naime-pas-ses-fesses/

le blog d’Erwan Larher : http://www.erwanlarher.com/

le site de Dorothy-Shoes : http://dorothy-shoes.com/

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5 Réponses to “Le cas Erwan Larher, auteur”

  1. Hum Toks juillet 3, 2013 à 6 h 51 min #

    A reblogué ceci sur Salut les Parano(e)s ! and commented:
    /// dans la série « Salut les Parano(e)s ! », une chronique de(ux) romans… ///

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