Archive | mars, 2013

Notre Monde (film) / Thomas Lacoste

27 Mar

Chronique du film Notre Monde, de Thomas Lacoste.
Actuellement à l’affiche.
Projection du 26 mars 2013, en présence du réalisateur, à Limoges.

(Hum Toks / E.5131 / Eric SABA)

.
Une phrase :
« Faire de la politique — et si possible — autrement. »

Un film :
Notre Monde, de Thomas Lacoste. 41 ans, avenant, qui, s’il doit prendre la parole, prend le temps de choisir le premier mot de la première phrase et… cherche le mot suivant, celui sur lequel sa pensée va s’appuyer et qui, de circonvolutions en ascensions de pics ardus, produit un discours… passionnant. D’emblée, on aime l’homme.

Le Lido (cinéma art et essai, Limoges) a projeté le film Le grand Retournement, en présence de Gérard Mordillat, le réalisateur, en février. C’est au tour de Notre Monde, fin mars. Chacun pose ici sa contribution…

À quoi contribuent-ils ? Éveiller les esprits, provoquer l’échange, créer du lien… passer à autre chose — si possible. Si les banques ont pris le pouvoir en Europe, ce n’est pas le fruit du hasard. Si la Politique doit proposer de nouvelles orientations, voire reprendre le pouvoir, il faut échanger, réfléchir et agir.

La Politique ? Laquelle ?
« Autrement… »

Beaucoup laissent faire, beaucoup sont résignés, d’autres ne croient pas ce qu’ils voient, d’autres encore ne voient rien (la fumée est trop épaisse). Et surtout, surtout, cette phrase rabâchée : « on n’a quand même pas atteint l’intolérable… ». Et la suite implicite : « Alors, on attend. On ne bouge pas ».

Quelques-uns, pourtant, voient ici ou là de la lumière et — sous la loupe — se réunissent pour échanger, réfléchir et agir — collectivement. Dans un cinéma par exemple…

Le film.
Thomas Lacoste met en scène avec talent Notre Monde. La fiction s’appuie sur le livre de Marie Ndiaye Trois femmes puissantes, sur la voix et la présence de Marianne Denicourt. L’image et les mouvements sont réfléchis, esthétiques, le son interpelle, pose et repose. Pas d’affolement ici, pas de chaos. Il s’agit de réfléchir, de rester serein et juste.

Thomas Lacoste met en scène la prise de parole de 35 intervenants : philosophes, sociologues, économistes, magistrats, médecins, universitaires… Chercheurs, intellectuels qui partagent, offrent à la caméra, au public, à Thomas, leur vision. Où en sommes-nous ? À quoi ressemble Notre Monde ? Et le travail – et la souffrance qui l’accompagne, et l’enseignement, et la justice, les libertés, l’égalité, la fraternité et les frontières… ?

Ah, les frontières… celles qui nous divisent. Pour qu’ils règnent mieux…

Et moi ? Et moi, simple travailleur du quotidien, suis-je à même de comprendre, d’échanger et d’agir ? Thomas me répondrait que je fabrique moi-même, avec ce doute, de nouvelles frontières, d’obscures limites que je crois infranchissables alors que rien n’est interdit, ni impossible… que le discours des « spécialistes » n’est qu’un point de départ, qu’exercer son avis critique, se passionner, prendre parti, c’est faire œuvre intellectuelle, que ce n’est réservé à personne.

Thomas Lacoste

Thomas Lacoste

Le film est suivi d’un débat… On aborde la question de l’Europe, du un et du collectif, de la place de la réflexion, de la prise de conscience dans la société, des lieux (absents, rares ?) de réflexion commune qui permettent l’interaction entre les individus, la création, la rêverie… de ce qui fera le monde à venir, celui que l’on commence à construire ce soir… Car, paradoxalement, on se plaint de ne plus avoir de lieux d’échange… et nous sommes là, dans une salle de cinéma, à échanger, à partager. Bougre d’andouilles que nous sommes ! Nous avons partagé un moment, un film, une réflexion et maintenant nous échangeons ! Pari gagné. Merci Thomas !

Lorsqu’il est question des intervenants (chercheurs, intellectuels) et donc des spectateurs capables ou non de comprendre, de se plonger dans cette pensée… Thomas raconte la belle histoire d’un jeune, d’un de ceux que l’on peut — en d’autres lieux — appeler « racaille », « jeunes des cités »… ce jeune prend la parole à la fin de ce film qui ne lui serait pas, a priori, adressé et déclare :
— C’est la première fois de ma vie qu’on me parle au plus haut de la pensée, qu’on me reconnaît, que j’existe autrement…

Faire la politique autrement… c’est nécessaire.

Faire de la politique – et si possible – autrement. Et partout !

C’est ma contribution.

Hum Toks / E.5131 / Eric SABA

Le site du film avec les entretiens, le journal à télécharger, les réactions des spectateurs, débats :
http://www.notremonde-lefilm.com/

Le travail de Thomas Lacoste : La Bande Passante

Notre Monde...

Notre Monde…

Sonic Area, « Music For Ghosts »

10 Mar

Sonic Area, « Music For Ghosts », France, Septembre 2012.
(chronique de l’album, par Hum Toks / E.5131/ Eric SABA)

images : Yoann Amnesy

"Music for Ghosts", Sonic Area

« Music for Ghosts », Sonic Area

 

L’homme est bien fringué, ça sent le très, très, vieux café parisien, repaire de ceux qu’on dit « poètes maudits »…
Autre époque…
Un verre
Dans la main droite
Un verre d’absinthe
Et la cuillère, comme en apesanteur, à l’horizontale et qui fait son office… et le sucre qui fond…
Une autre époque
La cuillère laisse filer le précieux liquide, fée verte… sur fond noir, vert glauque.

L’homme porte un costume élégant, près du corps, noir, et la chemise, blanche, au col relevé sur un foulard ou un nœud fin, noir défait, libre, en dilettante, noué à la mode dandy, lâche, libre… libre…

Et l’absinthe aspire toute la couleur : liquide quasi fluorescent, ici… qui inspira nombre de nos poètes de la fin XIXème. On remarquera — pour finir, et à bien y regarder — que tout part en fumée…

Deux mains élégantes, raffinées. On imagine l’oreille avertie.

C’est la pochette : SONIC AREA, MUSIC FOR GHOSTS.

sonic_area5

Sommes un paquet à nous être précipités sur ce nouvel album et depuis… la critique ne tarit pas d’éloge. « L’album 2012 ! », il se murmure parfois…

Sinon… pour le grand public, l’album est parfaitement inconnu, appartient à un sous-genre de la musique à la fois Underground, Expérimentale et Indé. Autant dire qu’il est hors de portée, non pas intellectuelle, mais physique. Pas de radio, pas de téloche…

Sonic Area, c’est Arco Trauma et une partie de Chrysalide… c’est le label Audiotrauma…

C’est de l’artiste made in france, dont tu n’auras jamais entendu parler si tu ne côtoies pas l’Indé et l’Underground, la guerilla électronique.

Et pourtant… et pourtant… prépare tes oreilles.

Pour avoir entendu l’un (Sonic Area) et vu l’autre (Chrysalide)… je n’ai pas hésité longtemps : Play !

(Et puis, ces nombreux pseudo(s) qui tournent autour d’un même personnage, je ne sais pas pourquoi, ça me plaît.)

///

C’est surprenant, les premières secondes font penser au travail d’Aphex Twin : un liquide, un verre, une cuillère qui tinte et les sons magiques, étonnants, ensorcelants… ? Qui virevoltent autour… Du collage ?

Très rapidement, les notes viennent. C’est « écoutable », dirait un ami néophyte… Alors, si c’est écoutable, c’est bien… « mais c’est sale »… Ah…!

Bienvenue dans notre univers… si tu savais à quel point c’est travaillé, recherché, voulu.

Certains reconnaissent là du Beethoven (mais une sonate dynamique, plantée aux acides), le « Pimpf » de Depeche Mode… et puis les sons électroniques s’ajoutent. Introduction progressive, accueil séduisant. On ne s’arrête pas là. Les sons industriels, riches, donnent toute leur valeur à ce travail minutieux… Je lève les yeux, lis l’enseigne : « Arco Trauma, Horloger »…

Sonic Area

Sonic Area


Que je t’explique : « électronique » ne veut pas dire boîte à musique qui tourne seule. Non, c’est un vrai mode opératoire, un acte de création véritable : un instrument de musique… Les boutons partout, les claviers, les écrans… les échantillonneurs, samplers, ce sont des instruments de musique. Ensuite, tu me crois ou pas, c’est ton problème…

Arrivés là, en principe, les anciens et les modernes s’écharpent alors qu’il suffirait de la fermer… et d’écouter…

Le premier morceau « never ever more » est une mise en bouche, en boucles, un accueil, deux grandes portes, boiseries de qualité qui t’invitent à pénétrer le hall. Éclairage faible d’abord, dans l’oreille droite, comme à gauche et le « gros son » qui côtoie les notes égrenées au piano. Faible d’abord… pour débarquer dans la Salle du Bal (Le Masque de la Mort Rouge ?). Tu dirais « gothique »… c’est trop simple. Ou alors il faut y mettre les bonnes références… Le XIXème siècle… Bram Stoker, La Morte Amoureuse, Le Moine de Lewis, Les Élixirs du Diable d’E.T.A. Hoffmann… Un album à écouter, en lisant Baudelaire, E.A. Poe… ? Non, pas forcément, en vivant ton temps, simplement…

///

C’est le morceau n°3 qui m’a interpelé tout d’abord. Dans un décor moderne, aux angles bruts, aux étagères vides, je calai les écouteurs sur la cervelle et… le salon vint à se remplir soudain d’objets hétéroclites et tout vint tourner autour de moi : les mots surtout… alors que Sonic Area ne nous propose que de la musique. Et les mots de m’envahir. La structure du morceau… et les mots de jaillir… posés il y a quelques mois, un avant-goût de l’actualité… de notre époque merveilleuse prise dans des tourbillons inquiétants : les dieux, l’argent, la domination sur l’humain des uns et de l’autre, le bonheur !

« the living carousel »

Le texte de E.5131 : à lire, à écouter… à recréer…
–> the living carousel <–

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La tension monte d’un cran avec le quatrième morceau : « the infernal clockwork ». Avec les années, je ne fais plus la différence : électronique, pas électronique. J’entrevois des architectures, des couches sonores qui se superposent, s’entrechoquent. J’entends un orchestre. Crois-m’en, et cette horloge, ce tic-tac qui ne te lâchera plus… Ce n’est pas parce que le rythme saccadé, rapide, vient remplir ta cervelle tendue que le tic tac sonore s’évanouira et t’oubliera. Il compte les moment qui passent et ceux qui te restent… « Memento Mori »… Jusqu’à la syncope.
La superposition saisissante qui te prend par le col – je t’aurais mis en garde… et si tu crois que tu sortiras indemne de notre histoire… si tu crois…

Morceau n°6 : « eureka ». Un seuil supplémentaire atteint. Toujours vivant(e) ? Si tu es capable de retenir ton corps, alors, c’est que tu es plus fort que le E. qui ne peut s’empêcher de balancer le haut de son corps violemment vers l’avant, et de l’avant vers l’arrière and so on… en rythme. À se briser les vertèbres…

Sonic Area

Sonic Area

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Les morceaux n°8 et n°9 (« inframonde » et « hauted hall motel ballade ») nous ramènent 35 ans en arrière, à la musique électronique… aux années 70… François de Roubaix, Morricone, Jarre (eh oui…), Vangelis… ce n’est pas désagréable. C’est une pause. « Preuve que Arco Trauma n’est pas sans culture… ». Et ça tombe bien que vous évoquiez cela, monsieur. Vous devriez rechercher les différentes playlists qu’il propose (de-ci, de-là) et vous vous apercevriez que son univers est riche (classique, musique de film…). Je pense à la B.O. totalement dézinguée de Clockwork Orange… Le côté cinématographie de l’oeuvre, sans doute…

Sa musique… À tirer des larmes si tant est que tu sois dans un état de faiblesse (passagère ou non), de fatigue. Parce que les morceaux s’insinuent, à ton corps défendant et ne te lâchent plus. Faite de sons et de bruits qui s’entrechoquent, la musique d’Arco Trauma te renvoie à du connu, mis en scène, orchestré par Sonic Area.

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La n°12 (« once more unto the breach dear friends ») reprend les éléments de la n°3 (« the living carousel ») et, si je puis dire, en rajoute une couche. Le démarrage est plus violent. Ça sent la fin… On t’a déjà porté loin des rivages, des territoires habités, je crois qu’on se prépare à t’achever… pas dit que tu finisses pas dans les lasagnes… Dandy, décadent, ce que tu voudras. Emploie les termes qui te conviennent, qui te parlent, toujours est-il que c’est de la zique de maintenant. C’est de la zique de la france démocrate, libre et heureuse… ça passe pas à la radio, ça passe pas à la télé. Si tu ne te charges pas d’ouvrir les zoreilles des ami(e)s de tes ami(e)s, nous garderons ces morceaux pour nous. C’est tant pis pour vous…

Certains entendent là de la musique dite classique… travaillée façon XXIème siècle. Pourquoi pas ? Libre à eux. Peu importent les qualifications ! Il s’agirait simplement que ce travail soit découvert et initiateur de plaisirs. Pour le reste… les querelles des anciens et les modernes… j’y vois surtout une perte de temps et l’occasion pour l’industrie du disque de musiques de merde de s’implanter toujours plus profondément dans les media, dans les cervelles, dans nos arrières, profitant de querelles inutiles.

Je t’encourage à découvrir le travail d’Arco Trauma, de Chrysalide, Sonic Area, le label Ant-Zen. Je t’encourage, également, si tu es curieux, curieuse, à aller visiter l’univers d’Igorrr… dont nous parlerons dans un article à venir… de Twinkle, du Diktat… à arpenter les zones urbaines, et dangereuses du Londres 1888, que parcourt le compositeur de Les Sentiers Conflictuels et, enfin, l’oeuvre magnifique de Mimetic (Jérôme Soudan), celle de Syn-, plus discrète, qui te mèneront à ce grand groupe, envoyé il y a des années en éclaireur, déclencheur de tant de vocations, ouvreur de tant de pistes jusque là inconnues : Von Magnet. On vous en parlera plus tard…

Hum Toks / E.5131 / Eric SABA

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–> Music for Ghosts, en écoute sur Bandcamp

–> Les artistes du Label Audiotrauma

–> La page FB de Arco Trauma

–> La page FB de Sonic Area

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LA MAL COIFFEE Ou ! les omes ! – 2011

10 Mar

medLes Fabuleuses Troubadouresses

On connait depuis longtemps leurs homologues masculins occitans. Les dames de La Mal Coiffée nous entraînent dans un rythme scandé et harmonique encore plus recherché pour des chansons fortes – la langue est pour tout non-occitan une mélodie, une musique en soi – construites sur des échafaudages verbaux, onomatopéiques, enivrants jusqu’à la transe. Richesse vocale, rythmique, minimalisme grandiose et envoûtant.

Il faut je pense les découvrir en live pour entrer encore plus dans leur univers.

Et l’occasion se présente justement le samedi 6 avril 2013 à  La Menuiserie (77 rue Jules Auffret 93500 Pantin) www.lamenuiserie.org

Allez y ouïr !

Didier Boyaud

en écoute : http://www.myspace.com/lamalcoiffee/music/songs/la-mitona-55219664

La nuit était douce comme la queue rousse du diable au sortir du bain – Nicolas Jules

8 Mar

couv jules

Vous pesteriez peut-être, en écoutant pour la première fois le nouvel album du Jules. Dès la première chanson il nous referait le coup du solo. Le solo de guitare imaginaire qui sonnerait bien dans la tête mais persisterait à ne pas vouloir descendre jusqu’aux doigts du powète (de son propre aveu et en fait vous verriez que c’est faux, si vous écoutiez le reste de l’album, mais passons). Le dépaysement, ce serait pour une autre fois. Vous retrouveriez vos repères, à la troisième chanson vous situeriez Pluton, pasque la géographie aussi, est immuable. La clé ne se trouverait pourtant pas si loin. Il suffirait de se pencher sur le carré noir du livret et d’y lire les textes. Pour sûr, malgré les années, les déambulations, les trempades diverses, la plume ne serait toujours pas rouillée ni même émoussée. Vous vous diriez alors que les dessins et les textes auraient bien suffit. Qu’ils auraient joué facile les fleurs sauvages sans apparat, sur lesquelles on s’émerveille au détour d’une promenade improvisée, que les chansons seraient comme des vases trop tarabiscotés et vous achèveriez là de râler.
Le temps passerait.
Vous regarderiez le CD, noir, lui aussi. Il attendrait gentiment de se faire caresser de nouveau par le laser du lecteur.
Et puis vous y reviendriez. En grommelant. L’eau du bain est froide. Tout le monde ne passe pas ses journées dans le souffre et les flambées éternelles. Le commun sursaute en enfonçant son pied dans une eau inconnue et ça fait rarement des fumerolles. Il faudrait donc du temps pour qu’elle soit bonne. Normal. Nicolas Jules n’allait pas vous filer une serviette moelleuse à l’entrée du sauna. Il se bagarre avec les mots et prend son temps pour concocter tout cela sous forme de chansons, souvent dansantes, faut bien avouer. Alors de l’autre côté du poste il va falloir tendre l’oreille et faire un effort d’attention.
Des mélodies émergeraient, loin du tsoin tsoin facile. Des expérimentations ponctueraient le disque. Des sons concrets, des bidouillages divers. Il y aurait même un peu de pop anglophone, un je ne sais quoi de la désinvolture des Go-Betweens et leur Cattle and Cane.
Et pour achever de vous convaincre vous iriez voir ce que cela donne en direct-live-sans-retouche-ni-filet, chez Hélène Hazéra*, par exemple. Vous retrouveriez alors le brut, le simple, le loup sans masque, ni Tex Avery pour le tracer. Les mots prendraient toute leur saveur, avec le son cette fois. L’alliage serait de nouveau réussi, vous seriez enfin embarqué sur le cours d’un regard, qui coule dedans dehors, visitant les chambres, les boîtes crâniennes, les comptoirs plus ou moins poisseux, les rues et les comportements qui s’y jouent. Tous les recoins des villes seraient mâchouillés par les semelles, tournés, retournés et servis toutes les trois minutes en moyenne, avec accompagnement varié.
Nicolas Jules continue donc de ne pas se prendre au sérieux avec beaucoup d’application et quelques complices, à un prix défiant toute concurrence, en plus.

Leslie Tychsem

* Chanson Boum, France Culture, podcast dispo:
www.franceculture.fr/emission-chanson-boum-nicolas-jules-2013-03-03

++ infos concerts etc: http://nicolasjules.over-blog.com

Interview de Nicolas Jules sur France Culture

4 Mar

Image

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?tools=export&content=4579809

le nouvel album LA NUIT ÉTAIT DOUCE COMME LA QUEUE ROUSSE DU DIABLE AU SORTIR DU BAIN depuis le 4 février 2013

EN CONCERT

m a r s :
09 MARRAKECH (Maroc) riad masson / nicolas jules + soultana + dj cathy °
15 EL JADIDA (Maroc) théâtre afifi / »je me souviens » collectif franco-marocain
16 MEKNÈS (Maroc) théâtre de l’institut français / « je me souviens » collectif franco-marocain
17 RABAT (Maroc) théâtre national mohammed V / « je me souviens » collectif franco-marocain

a v r i l :
09 ACHÈRES (78) le sax-achères / le joyet cabaret / avec arnaud joyet / 20h30 °
11 LYON (69) les rancy / 20h30 *
12 LA ROCHE-SUR-YON (85) théâtre / 20h30 *
19 LUXEY (40) concert à domicile / « comprend qui peut » spectacle collectif autour de boby lapointe / 20h30
20 LUXEY (40) concert à domicile / « comprend qui peut » spectacle collectif autour de boby lapointe / 20h30
21 LUXEY (40) concert à domicile / « comprend qui peut » spectacle collectif autour de boby lapointe / 20h30
26 BORDEAUX (33) rock school barbey / 20h30 *

m a i :
03 ARRAS (62) théâtre / + zoufris maracas / 20h30 °
10 SALBRIS (41) les copains d’abord / 22h °
11 SALBRIS (41) les copains d’abord / 22h °
14 NANTES (44) la bouche d’air / « comprend qui peut » spectacle collectif autour de boby lapointe / 20h30
17 BOBIGNY (93) canal 93 / soirée francofans, + thomas pitiot + frédéric fromet / 20h30 °

un suggestion de Didier Boyaud

KENT « Le temps des âmes »

3 Mar

Kent imageKENT « Le temps des âmes » sortie le 04.03.13
En concert à Paris/Café de la Danse le 10 avril 2013 et en tournée en 2013

Le dossier de presse est là…
Le disque tourne…
Je me propose de vous apporter une espèce d’éclairage très subjectif sur tout ça…

« Un piano, une voix, de nouvelles chansons » et donc un pianiste, Marc Haussmann, rencontré en 2002 en Allemagne, à Sarrebruck alors qu’il accompagnait Corinne Douarre qui faisait la 1ère partie de Kent.
Depuis, Marc et Kent (et Corinne) se sont revus régulièrement à Berlin, à différentes occasions et c’est assez récemment que le déclic a eu lieu… à un moment où Kent cherchait une manière nouvelle d’habiller ses chansons et où il a donné 2 concerts à Berlin, accompagné par Marc… une espèce d’évidence dans ce duo, qui saute aux yeux… et aux oreilles.

J’écoute pour la 1ère fois ce nouvel album…
A chaque chanson qui se déroule, j’ai envie de leur faire des remarques enthousiastes, (plus ou moins intéressantes, je le conçois) genre :
« Tiens, « Le temps des âmes » me rappelle les Nits… ! » ou « Volontaire » (qui existe en concert depuis quelques années) attendait sans doute cette orchestration de bar allemand pour prendre son envol…
« Jeune con » me fait sourire… sourire comme une jeune conne… une description slamesque d’une génération qui ne se voit pas vieillir…
Ou simplement, à l’écoute de certaines chansons, je reste sans voix: j’entends une sublime chanson d’amour inversé… et d’autres chansons pour lesquelles il me faudra lire le texte ou le réentendre pour saisir que la magie de la musique portent celle de textes toujours somptueux (je pense notamment à « un jour sacré » ou « face à la lumière »).
D’ailleurs, la reprise de Brel aurait très bien pu être écrite par Kent…(« avec élégance »)

Bêtement, j’ai envie de dire que c’est un album plein de sagesse, de philosophie, de recul, d’autodérision parfois… de chansons aussi intimes qu’universelles (il a toujours été très fort pour ça), avec de l’intensité, de la douceur, de l’intimité… une voix familière, amicale, rassurante.
J’entends de belles langueurs pop un peu comme quand Christopher O’Riley reprend Radiohead au piano et un romantisme allemand mêlés…
La subtilité du piano de Marc n’a pas de frontière, et malgré le dépouillement, je savoure la richesse des arrangements…

Naïvement, j’ai envie de croire que cet album fera grimper au plafond toutes générations confondues et qu’il sera diffusé sur toutes les chaînes et stations et apprécié à sa juste valeur…
« Le temps des âmes »
, c’est une nouvelle pierre à un édifice qui n’en finit pas de se construire et de nous surprendre…On entend des choses que Kent n’avait jamais faites et c’est déjà un petit exploit en soi pour quelqu’un qui a presque 40 ans d’écriture de chansons à son actif.

C’est une chronique un peu bordélique d’un album tout juste découvert, j’ai dû oublier des choses essentielles et en noter d’autres, sans intérêt…
La sensation qui s’en dégage, c’est un apaisement, l’envie de l’écouter encore et encore, de l’effeuiller doucement en attendant d’avoir l’album définitif entre les mains et son livret dont les paroles me feront redécouvrir les chansons et les apprécier à un autre niveau encore…

Valérie Bour

Plus d’infos sur http://kent-artiste.com/

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