Archive | février, 2013

 L’ENVERS DU DECOR – STARMUSTANG EDITION COMPLETE

26 Fév

STEPH SIRKISVIs-text2En 2011 Christophe Sirchis, frère aîné des jumeaux Stéphane et Nicolas Sirkis (Sirchis) du groupe Indochine, et auteur du livre Starmustang, hommage à son frère Stéphane décédé en 1999, acceptait de répondre à une demande d’interview pour le Doigt Dans l’œil. La parution de son livre, dix années après la mort de Stéphane Sirkis, ainsi que la mise à la disposition du public, via le site internet Starmustang.net, de témoignages et documents complémentaires, venait sérieusement remettre en cause la version officielle de l’histoire de la fratrie et du groupe, qui a conduit à la fabrication médiatique de la fiction « groupe Indochine ».

Les amis et admirateurs du défunt guitariste, dont l’image avait été depuis dix ans systématiquement dévalorisée et la mémoire salie, parfois même avec vulgarité, par des propos émanant de biographes et journalistes proches de Nicolas Sirkis, trouvaient enfin, à travers ce livre, un hommage sincère et désintéressé au musicien et à l’homme qu’avait été Stéphane Sirkis : un compositeur talentueux, passionné de rock, mais aussi un garçon généreux et humaniste, engagé auprès de causes justes, qu’un mal de vivre essentiellement provoqué par des traumatismes d’enfance, la cruauté de certains proches, et l’hypocrisie du milieu socioprofessionnel dans lequel il évoluait, avait détruit psychologiquement et conduit à trouver refuge dans la surconsommation d’alcool et de drogues, jusqu’à mettre sa santé en péril.

Son décès, le 27 février 1999, à la suite d’une absorption trop importante de produits toxiques, qui serait, selon ces proches, volontaire et non accidentel ou résultant d’une maladie, comme l’a toujours défendu l’entourage de Nicolas Sirkis, allait permettre à Indochine, ou du moins ce qu’il en restait (le chanteur seul) de relancer une carrière devenue moribonde en s’attirant la compassion et la complaisance d’une partie de la presse musicale. Le « capital sympathie » apporté par la disparition de son jumeau, tel que le nommait Nicolas Sirkis lui-même lors d’une interview quelque peu cynique au sujet du retour en grâce d’Indochine, fut effectivement l’amorce d’une nouvelle popularité inespérée pour le chanteur ringardisé depuis plusieurs années, et désormais entouré d’un groupe usurpant le nom d’Indochine, alors qu’aucun de ses membres n’avait appartenu à la formation initiale propriétaire du nom.

« L’envers du décor » expliqué par Christophe Sirchis fait la lumière sur les souffrances endurées par son jeune frère, d’une enfance traumatisée par les déchirures familiales et le passage dans un pensionnat catholique où sévissaient quelques surveillants et religieux pédophiles, à la trahison de son propre frère jumeau, dont il aurait appris juste avant de se suicider, qu’il préparait un contrat avec une nouvelle maison de disque l’excluant du groupe (le contrat rédigé quelques jours avant son décès mentionnant Nicolas Sirkis comme membre unique d’Indochine), en passant par la préférence maladive de leur mère pour ce jumeau, qui induisait une maltraitance psychologique, et toutes les mesquineries et les bassesses dont sont capables les arrivistes gravitant autour de gens célèbres, dans le milieu de la musique notamment. Il raconte en outre le refus de l’entourage immédiat de mettre en œuvre les démarches nécessaires qui auraient permis d’aider et de soutenir Stéphane Sirkis dans son combat contre ses addictions, alors qu’il avait entamé une désintoxication depuis plusieurs mois et préparait un album solo (avec ses compositions qui avaient été refusées pour le groupe, et dont paradoxalement certaines lui auraient été volées et signées par d’autres membres), et dénonce l’instrumentalisation de sa mort à des fins mercantiles.

Sans voyeurisme, l’auteur explique la complexité des rapports entre les deux jumeaux, loin d’être aussi harmonieux et fraternels que l’ont prétendu la plupart des biographies. Bien sur on y découvre un Nicolas Sirkis autoritaire et égocentrique jusqu’à la perversité, manipulateur, obnubilé par son image et sa notoriété, indifférent à l’état de santé précaire de son frère, au point que le lecteur se demande dans quelle mesure ses attitudes n’ont pas contribué à la destruction psychologique de son jumeau, et peut-être même provoqué son geste fatal. C’est sans doute pourquoi, et bien qu’il ait nié avoir eu connaissance du contenu du livre, le chanteur a tenté d’en entraver la publication. Mais les travers de sa personnalité ne constituent pas le sujet principal du livre : en exposant la réalité des faits, tels que Christophe Sirchis et les amis de Stéphane l’ont vécu, avec authenticité et simplicité, le récit réhabilite la mémoire du musicien, trop souvent décrit à tort comme un toxicomane ingérable et irresponsable, et surtout met en garde la jeunesse contre l’envers du décor de cette célébrité qu’on lui vend comme idéal de vie : le prix à payer peut être extrêmement élevé. Car les malveillances qui ont détruit Stéphane Sirkis menacent aujourd’hui encore bon nombre de jeunes gens attirés par une carrière musicale et prêts à de nombreux sacrifices pour la réussite professionnelle.

Depuis la première secousse provoquée par la publication du livre, qu’une partie de la presse a voulu, avec un peu trop de grossièreté, faire passer pour les élucubrations d’un frère aîné perturbé psychologiquement par la perte d’un de ses cadets et jaloux de la réussite de l’autre, des langues se sont déliées, et de nombreux témoignages sont venus confirmer les assertions de Christophe Sirchis et soutenir le combat qu’il mène contre les mensonges constituant l’histoire officielle d’Indochine, dont le principal effet est de promouvoir la carrière du chanteur en réécrivant l’histoire. Aussi même si l’édition de 2009 de Starmustang présentait le mérite de faire entendre une voix dissidente et de soulever des doutes sur la réalité cachée derrière l’histoire officielle, le livre restait, certainement par la volonté de son éditeur, relativement diplomate et peu incisif. Car comme Christophe Sirchis nous le confiait alors, c’est de plus de 680 phrases que le manuscrit original fut amputé, et quelques remaniements de propos furent opérés sans l’accord de l’auteur, de sorte que Starmustang s’avérait n’être qu’une version édulcorée de la réalité.

Après lecture des passages censurés, il faut avouer que si le récit n’avait pas été autant tronqué et passé sous silence, il aurait pu faire œuvre de salubrité publique et de prévention auprès de la jeunesse.

Suite à un accord trouvé avec l’éditeur, Christophe Sirchis est à présent enfin en mesure de publier les passages censurés de son récit, ainsi que d’autres témoignages et documents, et une version complète de Starmustang sera disponible pour le 27 février 2013, date anniversaire du décès de Stéphane Sirkis. Elle permettra de connaître plus amplement la vie du guitariste et de comprendre mieux en profondeur les rouages d’un système hypocrite qui broie les individus, et elle évitera peut-être à d’autres de se laisser embrigader et séduire par l’éclatante superficialité du business musical et de la célébrité, derrière laquelle se cachent tant de dangers.

Miren Funke

Christophe Sirchis explique comment il a récupéré les droits d’édition de son livre et pu achever une version intégrale et starmustang l'envers du décors2complétée qui sera le 27 février 2013 à dispositionsur : www.starmustang.com

M.M. : Lorsque vous avez contacté votre éditeur il y a quelques années pour la première fois, il était plutôt « emballé » à l’idée d’un livre sur Stéphane, mais avait-il l’intention de respecter votre point de vue, ou de créer une polémique, un coup d’éclat détournant l’ouvrage de son but premier?

Christophe Sirchis : L’éditeur Balland Gawsewitch m’a téléphoné 10 minutes après que j’aie contacté son assistante qui m’a demandé qui j’étais. Je lui ai juste dit de taper mon nom sur Google. Gawsewitch voulait visiblement faire un coup médiatique d’un style très éloigné de ma démarche. Quelque chose comme : le frère du chanteur balance tout. Il fallait que le livre ne parle que d’Indochine et qu’il soit le plus bête possible à en croire ce que m’a proposé un type qu’on a chargé de réécrire ce que je faisais et que j’ai rapidement envoyé se faire voir ailleurs. On m’a proposé une autre personne que j’ai chargée de lire mon texte et de m’indiquer ce qui pouvait lui paraître plus ou moins clair. Ensuite Nicolas a attaqué, puis il a envoyé l’avocat de Lou (ndlr : Lou Sirkis, fille de Stéphane Sirkis et à ce titre propriétaire d’un tiers du nom Indochine en tant qu’ayant droit) attaquer aussi et on m’a imposé le retrait de 687 phrases, obligeant à transformer ma démarche initiale en un truc  qui ne ressemblait plus à grand-chose : l’édition de 2009. Le responsable légal de la publication était alors Balland Gawsewitch.

M.M. : Comment a-t-il changé d’avis, si c’est toujours le même éditeur? Si ç’en est un nouveau, comment l’avez-vous convaincu?

Christophe Sirchis : J’ai récupéré les droits de mon livre. Le contrat avec Balland Gawsewitch a été annulé et je publie la version intégrale non censurée depuis l’étranger au format ebook.  Cette version contient des photos inédites, des liens vers des musiques et évidemment des vidéos, dont l’intégralité des témoignages recueillis depuis 2009, plus des nouveaux.

Je suis l’éditeur de Starmustang 2013 version intégrale. Si Nicolas n’est pas content, il devra m’attaquer en direct au risque de voir produites toutes les pièces de cette affaire, y compris celles qui concernent les mensonges publiés sur notre père dès la première bio du groupe en 86, je crois.

M.M. : Certains ont par le passé crié que vous ne nous proposiez qu’une « théorie du complot » supplémentaire, un moyen de faire porter le chapeau à tout un monde, celui des médias, uniquement préoccupé de faire taire la vérité. Pourtant, connaissant ce monde, vous êtes bien placé pour nous avertir de ce genre de mensonges, n’est-ce pas ?

Christophe Sirchis : Les médias sont empêtrés dans une sacrée mélasse. Ils ont menti volontairement ou se sont fait berner depuis bien longtemps maintenant au sujet de cette affaire. Indochine n’est qu’une imposture depuis le départ de Dominique et plus encore depuis la mort de Stéphane.

M.M. : En parlant de cacher la vérité, vous dénoncez également dans ce livre les activités pédophiles de certains membres du clergé, de certains frères que vous et votre fratrie avez connus au pensionnat de votre enfance. Une émission* a été réalisée, dans lequel vous avez pu témoigner, en compagnie d’anciens camarades de classe. Saviez-vous que cette émission n’a pu être diffusée librement dans certains pays ?

Christophe Sirchis : L’émission est passée en primetime en septembre 2009 sur la première chaîne de la RTBF. Le sujet sur le pensionnat où nous avons passé 2 ans durait une dizaine de minutes. L’émission relatait également l’affaire Di Falco, pédophile sauvé par la prescription et producteur des curés chantants (Spiritus Dei). J’ai mis cet extrait sur Youtube pour que cette partie de l’émission soit visible en France, où réside et sévit Di Falco. Universal Music est intervenu pour faire interdire cette vidéo au Canada, aux Usa et Allemagne. Bizarre….. Si la RTBF m’en donne l’autorisation, je vais la remettre en ligne en supprimant l’extrait des curés chantants qui permet à Universal de revendiquer la plainte. Le reste du sujet sera visible.

Merci Christophe d’avoir répondu à nos questions, et de continuer à défendre la mémoire de Stéphane Sirkis depuis tant d’années. Rappelons que d’autres réponses se trouvent également sur le forum dédié au livre et à Stéphane : www.starmustang.com, rubrique « Forum », en compagnie de témoignages des proches du disparu.

Maelle Muller

*Les extraits de l’émission de la RTBF sont disponibles sur :

http://youtu.be/CQq4iFU7ilY

http://youtu.be/Rr2PMuvD8XA

Nous remercions l’équipe des administrateurs du site starmustang.net pour leur travail et leur dévouement.

Les sentiers de la résistance chanson, Vanina Michel.

25 Fév

  résister« Seuls les poissons morts vont avec le courant. »

Ce proverbe séminole illustre bien ce que fut l’esprit de ce peuple indien qui n’a jamais enterré la hache de guerre. Quasi exterminé, quelques familles ont survécu dans les marais insalubres de Floride, qui ne présentaient aucun intérêt pour les colons néo américains. Et un siècle après la fin des guerres indiennes, les descendants de ces résistants invaincus ayant fait fortune dans le tabac et les jeux, ont racheté la totalité d’une chaîne emblématique de l’American Way of Life, les Hard Rock Cafés.http://fr.euronews.com/2006/12/07/les-indiens-seminoles-rachetent-l-enseigne-hard-rock-cafe/

Dans ce préambule, on pourrait remplacer « indiens séminoles » par artistes indépendants de la scène chanson, en leur souhaitant le même parcours, racheter Universal dans 100 ans … Pour le moment, essayons d’apporter un souffle d’oxygène à celles et ceux qui se battent pour faire vivre cette scène, celle qui a permis à leurs parents ou grands parents de découvrir Anne Sylvestre, qui chante encore et toujours, Félix Leclerc, Brassens, Brel, Ferré, Ferrat, et quelques autres.

Parmi les lieux de résistance chanson – entendons par là des salles où l’artiste est programmé sans avoir à payer la salle, la pub, les musiciens, la Sacem…- il y a au Vingtième Théâtre, les Lundis de la chanson, soirées avec une première partie choisie en harmonie avec l’invité principal, ou des co-plateaux, ou des spectacles comme les Nuits de la pleine lune, avec multi invités. Il y a aussi « La passerelle des arts » un rendez-vous mensuel, le deuxième mardi, sur une péniche, La balle au bond, avec une scène « découvertes » et ouverte. Le 4 ème rendez-vous le 12 mars sera parrainé par Didier Lockwood, et l’esprit de ces soirées est dans la ligne d’un des maîtres et partenaires de Vanina Michel, l’initiatrice de cette passerelle, « Ne pas faire demain ce qu’on a fait aujourd’hui, qui était différent de ce qu’on a fait hier. » Stricto sensu c’est le spectacle vivant. Selon l’évangile de Lubat, et les homélies de Prévert, dont Vanina Michel est une des interprètes maîtrisant le mieux les dits de maître Jacques.

Ça commence à 19h30 , et ça peut se terminer tard, tout est possible. passerelle

En attendant le 12 mars, vous pouvez passer à l’Angora Café, à deux pas de Bastille, Vanina Michel y reçoit régulièrement pour un de ces moments de cabaret chanson dans une ambiance très conviviale …

Elle y sera  JEUDI 7 MARS 20H30  L’ANGORA 3, Boulevard Richard Lenoir Paris 11°   01 47 00 25 00.  http://www.langora.fr/
A 50 m de la place de la Bastille, à l’angle du boulevard Richard Lenoir et de la rue Amelot,

Vanina Angora groupe 4 A2

Norbert Gabriel

CHEL, Les petits pois sont rouges

22 Fév

CHEL, deuxième album !

chronique Hum Toks / E.5131 / Eric SABA (Mai 2011)

pour écouter les morceaux : http://fr.myspace.com/chelblog

chel
« la musique

jamais
ne s’arrête…
je serai la pluie »

cette fois-ci, c’est tout en douceur, en partage, en accord(s)…
c’est la cinquième seconde et c’est signé : CHEL.
la voix, le trombone, l’accordéon, et rapidement… la présence enfantine, des bzzz et des fleurs…
musiques (sauf une), mots, voix, prise de son et mixage. c’est signé : CHEL.

c’est lui, il est de retour ! point de parabole, coupée la télé !
du jaune plein les yeux, celui de son t-shirt… et de la lumière.
les souvenirs affluent : le premier album, notre rencontre à Vincennes, les fesses dans la pelouse verte avec les copains sous le soleil — jaune, l’escapade à Riom, notre deuxième rencontre, nos échanges.

j’écoute le nouvel album au casque. le frérot mixe à côté. je m’isole. lui voudrait bien entendre, il a reconnu. il me saute dessus : « c’est le nouveau CHEL ? ».
il écoute ça, le barbichu énervé ? bah oui, aussi.
— mais, désolé, mon gars, c’est moi que j’ai les mp3 dans la bécane.
me cherche pas, mon biquet, on finirait par danser une samba-capoeira des plus dangereuses…
il repart à son mixage, mécontent…
je ne sais pas ce qu’il baragouine dans sa barbiche, mais c’est
« nin-nin, n’importe quoi ! ».

ça c’est le premier morceau : histoire de « nin-nin, de doudou, de truc raplapla »…
qui donne bien le ton général ! travail sur le son, les mots, un travail exigeant, une musique qui ne prend pas l’enfant, ni l’adulte, pour un imbécile. avoue qu’ça change ! de vrais instruments, de vrais musiciens.
« bon, dis-donc, dédé, faut r’trouver doudou, sinon pas dodo… ».
envie de danser, moi je valse.
« mais regarde dédé, ton derrière dodu,
dessus est posé, gros nigaud ! »

le souci de la mélodie chez CHEL… tout au long de l’album, tu verras… tu entendras : grande attention portée sur le son, les instruments, la mélodie.

CHEL

CHEL


je voudrais…
dire à la petite fille (jolie voix) du premier morceau qui rappelle à son papa que « c’est n’importe quoi, cette fin », que c’est l’une des spécialités du monsieur-son-papa : finir n’importe comment, parce qu’il n’y a pas de règle, quand on crée… je pense à « La Serrure », dernier morceau agréablement in-ter-mi-na-ble du précédent album…

pas encore de pirate… même si le second morceau (musique composée par Pascal Vandenbulcke) offre un séjour dans les îles, en compagnie de « Deux Escargots » sur une feuille de bananier…
« à plein régime (…) pour avoir la banane, il faut encore monter ».
je-suis-le-seul-à-pouvoir-écouter-na ! je tiens ma chemise par le col et déambule dans l’appart’, l’air malicieux.
et je voudrais — qu’un enfant saute dans mes bras ! — valser, tournoyer, partager… danse folle des gamins !
je passe la troisième. c’est un rythme sud-américain, je dirais. entraînant.
danser encore ? moi, danser ? bah oui. et le frérot, pas loin qui tend l’oreille, encore…
ah ah ! tu veux danser mon compère ?

CHEL, Les petits pois sont rouges

CHEL, Les petits pois sont rouges

« Sur ton Dos » : ode aux papas.
« je monte sur ton dos, papa. comme je suis bien là ! ». le « sur moi » à l’envers…

une pause avec le morceau qui suit : une berceuse pour… « Mamie ».
sans commentaire… un morceau pour dire… l’émotion au bord de l’œil.

un tour par l’Afrique en cinq, c’est le retour des animaux (on pense au premier album, à son bestiaire)… présence remarquée de « Mon Âne Aldo », complice qui dit « non », un têtu celui-là, qu’ « a tout l’temps mal au dos »… tiens ?!!! tout au long de la semaine, « tous ces fardeaux, sur son p’tit dos »… et… le dimanche ?
« Aldooo ! Aldooo ! Aaaldooo ! » pour une drôle de recette.

l’album précédent regorgeait de petits compagnons pour les journées sonores des enfants : Bazardine, la tomate, la patate, Tom le chef d’orchestre du potager, Aglagla l’araignée, Moêp le dragonosaure…
dans celui-ci, on trouve Aldo, Mano, Marguerite, Brigitte, etc.

… et un «petit roi» aussi…
oh… qu’il reste dans son petit-petit-pays, celui-là ! dans son petit pays qui n’a rien à voir avec le nôtre… bien sûr.
en six ! le potager, les drôles de p’tites bêtes qui ont amusé les enfants dans le premier album de CHEL : Bazar Bizarre. les p’tites bêtes du potager, du verger… et autres fruits et légumes… ça vole, ça chatouille, ça te tourne autour… mais « Qui est Bête ? ». réponse en fin de chanson après le délire de deux copains… une invitation à partager l’univers du chanteur de Bouskidou.

CHEL, "Bazar Bizarre"

CHEL, « Bazar Bizarre »

 

je n’y résiste pas. je dois partager l’écoute. je fais venir Lagrande et Aliasse Lamoyenne.
Toupetitou ramène ses petites oreilles, sa tête de E., le brun en moins.
une ode à Mano… c’est qui cet idiot du bocal, hein, cet original ?
« on t’en supplie, sois raisonnable ! ».
attiré par l’ailleurs, Mano ne se satisfait pas du raisonnable…
on l’accompagne sur ce train fou, on part au large, on saute du bocal, hymne à la liberté… pour trouver l’amour… j’ai bien compris ?

« pom-pom ». un travail sur les sons toujours, un travail comme j’aime… fabriquer du matériel sonore, nouveau, grâce aux mots : « Croque ma Pomme ». si je veux !
« pompompom pourkelsoibone bone mieuhvohohoh lacroquetto ! »

v’là la neuf ! déjà ? c’est du tonnerre !
les gamins vont se jeter dessus. rien d’autre à dire, c’est comme ça. je n’explique pas.
c’est comme ça.
« Dans le Pré », une marguerite — à moins que ce ne soit une pâquerette — la vache Brigitte.
à chanter à plusieurs, à danser reggae ! la vache Brigitte et Marguerite la pâquerette…
la mangera-t-elle ?
« meuh, meuh, meuh, meuh non ! ».
vous savez les rythmes qui font danser ! même le E. !
bah, v’là que ça swingue… y m’cherche le Chel !??? tu vas voir, non mais !!! *$&°*§#* !!!
on dirait qu’il est venu chez moi, qu’il m’a entendu dans ces moments où… enfin… euh… quand je suis bien moins zen…
et v’là qu’il me dit :
« ça n’est pas beau de dire ces mots-là, ils sont trop gros, un point c’est tout ».
pas de « gros mots », non… interdiction suggérée. et bien plutôt… des mots d’amour ? il nous invite dans son jardin, le Chel…
on poursuit.

CHEL

CHEL

un morceau déjà entendu lors d’un concert dans le puy-de-dôme, y a deux ans.
« M’envoler » que les filles ont chanté en boucle, sur le chemin du retour… dans la nuit.
le refrain emplit de nouveau le salon. les filles, en « cœur ».
« m’envoler, m’envoler, comme les hirondelles, par les doux soirs d’été, virevoltent dans le ciel. »
j’écouterais bien ça sous un chapiteau… pourquoi j’dis ça ? comme ça… je ne suis pas dans le secret des dieux. j’y suis pas… m’enfin… avec de larges ailes, voler… « m’envoler, m’envoler »…
comme sur une île déserte, entre nous…

après quelques écoutes, l’oreille est exercée. elle reconnaît chaque morceau. parce que chaque morceau est un véritable morceau — pas de remplissage ici. de la chanson de qualité, qui raconte ou dit quelque chose. à chaque fois. de vrais morceaux, de ceux qu’on reconnaît ensuite à la première note.
appelées dans le jardin, c’est l’heure des couleurs et des mouvements de balançoire… les enfants sont sortis, le Toutpetitou les a suivies.
et pourtant…
je dois leur demander de revenir. je ne peux pas la garder pour moi… elles en parlent depuis deux ans de cette chanson. elles l’attendent. bah la voilà ! je tire le jack, le son se libère, envahit la pièce et les deux jolies comprennent vite. les v’là, comme des abeilles, à tourner autour. si elles pouvaient le piquer, ce petit roi. du vent, que du vent « Dans Son Chapeau ». une tempête en retour ?

— c’est la chanson du p’tit roi ? ah ! chouette ! ouah ! —

CHEL

CHEL

« dans ce petit, tout petit pays
(…)
le petit roi, tout petit, petit
voulait dev’nir une grande star.
il souhaitait que le petit monde l’adore
du matin jusqu’au soir
— je vous ordonne de me trouver le plus beau… »

bref, bref, bref… j’en dis pas plus, hein ?
« y a que du vent dans son chapeau »…

« nous sommes tous des insectes » serait le slogan de la chanson suivante…
« Ne T’Arrête Pas (de polliniser) ».
un autre dirait «il faut envahir les media»… j’extrapole ?
création en compagnie d’une classe de CE1. j’ai suivi l’aventure tout au long de l’année scolaire 2009-2010… maintenant, c’est dans la boîte, sur le cd.

et pour finir dans la grande tradition des chansons de taverne pour enfants !

« Le Pirate Sans Cravate » !
il partirait en quête d’île déserte, le CHEL, que ça m’étonnerait pas.
enfin une île déserte, on se comprend…
une île réservée à ceux qui souhaitent vivre dans ce monde-là, sans rien abîmer…
les bras emplis de saladiers fournis en amours, en cœurs, en complicités.

CHEL, "Les petits pois sont rouges"

CHEL, « Les petits pois sont rouges »

à l’abordage !

et de surprises en fantaisies…
d’autres voix, des invité(e)s…
1+1+1…

« accroché au soleil,
le bonheur sait briller. »

merci CHEL.

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Hum Toks / E.5131 / Eric SABA

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Le site de CHEL : http://chel.me/
www.myspace.com/chelblog
sur Facebook : CHEL

Bazar Bizarre, 1er album de CHEL, chroniqué là :
Bazar Bizarre

Voltiges, 3ème album de CHEL, chroniqué là :
Voltiges

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TOP 100, and the winner is :

19 Fév

« Avec le temps » de Léo Ferré.avec

De quoi est-il question ? Des 100 chansons que l’on devait tous connaître par coeur, selon le titre du livre que Baptiste Vignol vient de publier chez Didier Carpentier.

Il a posé la question à 276 artistes de la chanson, presque tout le Gotha de la scène francophone, et à 69 spécialistes qui s’intéressent à cet art populaire. Le résultat est-il surprenant ?

Faire une liste des 10 chansons éternelles pour une personne X à un instant T est forcément un exercice aléatoire, s’il y a deux ou trois chansons qui restent quelles que soient l’heure et l’humeur, pour la suite c’est sans doute très fluctuant. Quand je marche dans la rue, il y a des mots ou des musiques qui arrivent sans préavis et sans qu’on sache ce qui les a suscitées. C’est une musique de Catherine Bedez qui m’a poursuivie plusieurs jours (la musique, pas Catherine)… Quelques temps avant, j’avais entendu en concert, une fois, cette chanson de Valérie Mischler, qui n’a pas encore la notoriété de Johnny, « Au fond de l’étang » et ce jour-là, seule la musique est revenue, sur un trottoir de Paris, plutôt animé, à mille lieues de l’étang en question. En revanche, à la maison, un moment de spleen, d’allégresse ou d’enthousiasme, j’ai toujours sous la main, près de la chaîne un disque de Jacques Yvart, « Chansons insulaires » depuis 30 ans il me fait voyager dans des mondes de contes et de rêves d’enfance toujours en embuscade… « La saga de l’aigle, de l’ours de mer et de la petite fille » 9’16 d’enchantement. Et avec le temps, l’enchantement est toujours présent. Toutefois, ce n’est peut-être pas une chanson à connaître par coeur et à fredonner, car elle est indissociable de la voix de Jacques Yvart, conteur et chanteur, et je vois pas qui d’autre pourrait l’interpréter. C’est sans doute ce que beaucoup se sont dit au sujet de Ferré, jusqu’à ce que « Avec le temps » devienne un standard plébiscité par tous les invités de ce livre.

Dans lequel on trouve ces 100 chansons chacune ayant ses deux pages (parfois trois) avec son histoire, les noms de celles et ceux qui l’ont choisie, avec les listes manuscrites de ceux qui ont répondu par écrit-papier (et non par mail)

On y trouve aussi tous ceux qui ont répondu avec leurs 10 chansons, et à travers ces choix, on peut essayer d’ébaucher des hypothèses sur ces élues, admiration d’artiste ou d’auteur, écho persistant d’une émotion reliée à cette chanson, « une chanson douce que me chantait maman » ou «  la première fille qu’on a prise dans ses bras » et qu’on n’oubliera jamais, associée à une chanson s’il y a lieu… qu’on n’oubliera donc jamais.

En ouvrant au hasard, page 191, chanson en neuvième position, je vois Vincent Baguian, Robert Charlebois, Joël Favreau, Claude Lemesle, Yves Simon, Cyril Mokaiesh, Mac Neil, Ignatus, Féfé , Florent Marchet, ils ont en commun « Foule sentimentale »… Ce livre on peut lire dans tous les sens, à l’endroit, à l’envers, en suivant une ligne précise, quelle est la chanson qu’ont en commun tel ou telle de nos préférés … Quelques liaisons fortuites :

Yves Duteil et Marcel Kanche ont en commun « Le bal des Laze »

Jean-Louis Murat et Oxmo Puccino « Framboise »

Antoine et Marie Nimier « Ta douleur » de Camille

Marcel Amont et Ricet Barrier «  Supplique pour être enterré sur la plage de Sète. »

Louis Ville, Akhenaton et Gotainer « Mon amie la rose » …

et il y en a 113 (car il a aussi les 13 qui n’étaient pas loin) pour faire un quiz familial un soir de Victoires de la Musique ou de pénurie télévisuelle.

top 100

Editions Didier Carpentier, dont le catalogue musique est bien achalandé

http://www.editions-carpentier.fr/?fond=rubrique&id_rubrique=3&page=2&nouveaute=&promo=

 Norbert Gabriel

Le Grand Retournement (film) / Gérard Mordillat

16 Fév

Chronique du film Le Grand Retournement, de Gérard Mordillat.
Actuellement à l’affiche.
Hum Toks / E.5131 / Eric SABA

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— Allez, on s’dépêche ! Hop hop hop ! Le film commence !

Oh, l’autre…! Eh ! Y’s prend pour qui, lui ? Comment qu’y nous parle… ? Lui, c’est Gérard Mordillat. Venu présenter son film Le Grand Retournement à Limoges. Salle comble ! Nous, c’est le E. et Madame Point, dans les escaliers qui mènent à la salle… un peu en retard… hum.
.

"Mordillat" © Christophe Henry

« Mordillat » © Christophe Henry

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Le principe est simple : le texte un peu retravaillé, mais toujours en alexandrin, de Frederic Lordon, des acteurs engagés dans l’histoire racontée, le message délivré. Un décor : les décombres du capitalisme. L’intrigue : un fait historique.

Enfin… historique… pour ceux qui lisent les événements ainsi. Je crains qu’ils ne soient pas si nombreux car nous ne vivrions plus depuis longtemps la situation actuelle si tel était le cas… bref.

C’est l’histoire d’un hold-up : 4 hommes aux abois viennent demander de l’aide à un Petit Morveux qui, sans ostentation, va où ses propres intérêts propres (sales ?) le mènent.

Les 4 hommes ont joué leur blé dans des investissements pourris, perdent et plongent. Ils ont besoin d’oseille… et rapido, encore !

Le petit morveux et le Vieux Complice donnent l’autorisation aux 4 hommes d’emprunter l’oseille (l’argent public, celui des citoyens) à quasi taux zéro.

Quelle aubaine ! Les 4 hommes voient l’intérêt de ce taux quasi-zéro… Ils jouent de nouveau le blé et l’injectent dans Les Bourses, la Finance. Empêchant le vieux système – depuis longtemps essoufflé – de tourner…

Le plus beau de l’histoire, c’est que le Petit Morveux (qui représente – si l’on veut… t’es pas obligé de le croire… moi non plus – les intérêts des citoyens…) se trouve en manque d’argent… Comme il s’est auto-interdit le prêt à taux quasi-zéro, par une loi des plus injustes, des plus imbéciles, voire bien anticipées… il se voit obligé d’emprunter aux 4 hommes, qui prennent plaisir à lui prêter — à un taux assassin — la fameuse oseille qu’ils ont eux-mêmes empruntée à quasi zéro… c’est le HOLD-UP !

Comme en remerciement, les 4 Pourris enfoncent la tête des citoyens sous l’eau, préférant se goinfrer que penser 2 secondes à la planète, aux être vivants qui l’occupent et utilisent l’argent public pour faire plonger les états et exiger des contrats de travail de merde, des salaires de merde, des coupes dans les services publics qui entraînent un service rendu de merde, qui entraîne un déplacement contraint vers les marchés privés (eux et leurs multinationales…)

Bien joué !

Si tu ne comprends pas à quel fait historique cette histoire fait référence, je te conseille de changer de moyens d’information, d’aller voir le film de Mordillat et de faire en sorte que tes amis le voient.

Message spécial de Léo Ferré :

« Comme si je vous disais qu’il faudrait alors en parler à vos amis

Comme si je vous disais que les amis de vos amis peuvent faire des millions d’amis

Comme si je vous disais d’aller faire tous ensemble… » (quoi ?)

in « Le conditionnel de Variétés »

La fin je te la raconte pas… t’iras voir le film, ou tu la construiras, toi… ce serait bien… hein ?

« J’ai mal au cul, on s’donne la main ? » E.5131

Hum Toks /E.5131 / Eric SABA
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Le Grand Retournement

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The Revival Hour :: Scorpio Little Devil

10 Fév

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Scorpio Little Devil est un album en permanente tension. Fruit du travail conjoint de DM Stith et JM Lapham, il oppose ou fusionne tour à tour les choeurs spectraux et les envolées orchestrales typiques du premier (Control, Hold Back), aux sons électroniques, basses hargneuses et batteries bien frappées du second (Pyre, Copper House). DM Stith couvre l’ensemble d’une voix toujours plus haut perché et qui fait sans cesse mine de se fêler tout à fait. Paroles douces-amères, à mi-chemin entre la prière et le cri de désespoir, atmosphères qui oscillent entre la lumière des nuées nimbées d’un doux soleil et les rumeurs angoissantes d’un monde plongé dans l’obscurité la plus terrifiante. Nos oreilles n’en finissent pas de dévaler ces montagnes versatiles, capables d’enchaîner dans un même morceau de petites notes légères et des explosions violentes (Hound, Eyed the Beast).
Les forces contradictoires s’affrontent et s’unissent. Les styles sont énumérés, la richesse des possibilités musicales sert au mieux la profusion des sentiments et tente d’encadrer ce jaillissement continu d’émotions.
Scorpio Little Devil s’aborde comme un voyage dans des territoires en conflit. On cherche -et l’on trouve parfois- refuge, paix, au milieu des déflagrations samplées et des rythmes insistants. On trouvera même ici ou là des mélodies entraînantes, une invitation à danser comme pour se moquer de tout ce qui peut nous encombrer la vie (Run Away).
Ci-dessous une interview de DM Stith, qui éclaire un peu la génèse de cet album déroutant, disponible en écoute intégrale et en vente là:
http://revivalhour.bandcamp.com/album/scorpio-little-devil

Leslie Tychsem: Bien que cet album ait été fait en collaboration avec JM Lapham, j’ai eu l’impression qu’après avoir trouvé le fantôme, [Cf « Heavy Ghost », son premier album, littéralement le « fantôme pesant »] tu le combats désormais, voire que tu as le dessus sur lui. Avais-tu besoin de former un groupe pour gagner ce combat ? Comment avez-vous travaillé avec JM Lapham ? Musique, paroles, qui a écrit quoi ?

DM Stith: Le « Heavy Ghost » c’était moi. Pour moi le point crucial de cet album était la prise de conscience que je pouvais travailler avec la part la plus sombre (peut-être « sombre » n’est pas le terme approprié- je veux dire les aspects que préférerais taire, qui m’empêchent de me présenter comme une personne parfaite en société) et peut-être il était nécessaire de procéder ainsi pour dépeindre quelque chose d’authentique. C’était donc une mission d’auto-neutralisation. Scorpio Little Devil est la confrontation d’une de ces parts les plus embêtantes de mon imperfection (une sexualité et une dépendance à la religion troubles) l’une étant assise sur le dessus de l’autre, aussi il était important de traiter les deux à la fois. Je n’avais pas prévu de traiter ce sujet problématique avant de rencontrer et de commencer à travailler avec JM Lapham. Nous nous sommes rencontrés via un ami commun, nous nous sommes liés d’amitié et c’est devenu une histoire d’amour pendant un temps, (suffisamment longtemps pour que je réalise qu’accepter la sexualité était une chose importante pour moi). Nous avons écrit les chansons ensemble pendant la première année et demie de notre collaboration, avant de parvenir à une méthode d’écriture qui nous convienne. J’ai composé la plupart des chansons comme de petites démos vite-fait, paroles telles quelles et ensuite JM a passé du temps dessus, pour voir s’il pouvait être en phase, créativement parlant, avec la chanson. À partir de là les choses pouvaient commencer à prendre forme. Mais en premier lieu c’est moi les mettais en route, sur une guitare acoustique, seul dans mon salon (à l’exception de Hold Back et Copper House, la seconde venant d’un morceau instrumental, lui-même crée d’après la partie en do d’une ballade au piano intitulée Colossus, que j’avais écrite dans la première phase de nos efforts…)

L.T.: Ce disque est plein d’énergies fortes et contradictoires. On dirait que tu as travaillé comme Rembrandt, en faisant émerger la lumière par le noir.. Te sers-tu de tes chansons pour procéder à des introspections musicales ?

DM.S.: Quand j’écris je ne me rends pas compte à quel point je suis franc avec mes émotions: j’ai tendance à explorer les sentiments jusqu’à leurs limites, mais ce n’est qu’après, une fois que l’album est fini, que je réalise que je parle de façons très directe de ce que je ressens. Cela a été une période très sombre et effrayante pour moi, (j’ai dû affronter des sentiments bizarres de la part de ma famille et de mes amis lors de mon coming out et d’une façon plus générale je faisais de gros efforts pour imaginer comment je voulais que ma vie se déroule. JM m’a énormément soutenu en tant qu’ami pendant tout ce temps, malgré notre décision de mettre un terme à notre relation amoureuse. Il a eu affaire à ces questions une dizaine d’années avant moi et m’a apporté de l’espoir et de la confiance quand je n’en avais aucun.

L.T.:Tu continues à chanter principalement avec une voix de tête. Est-ce parce que c’est juste plus simple comme ça (bien que j’en doute) ou est-ce parce que tu penses que c’est une façon de chanter plus expressive ?

DM.S.:Je pense que le falsetto sur cet album est une façon de renoncer à certaines de mes idées concernant le masculin. C’est aussi un moyen pour moi d’arriver à couvrir un peu les grondements électro de JM.

L.T.:Je sais que tu travailles actuellement sur un nouvel album solo, peux-tu nous en dire un peu plus ?

DM.S.: J’en ai un de terminé et je travaille sur un autre. Le premier, qui s’appelle « Repetition » n’a pas encore de date de sortie prévue. On fait un peu traîner les choses pour laisser une chance à Scorpio Little Devil de faire ce qu’il a à faire.
« Repetition » a été commencé l’été qui a suivi la première tournée de Heavy Ghost. Je l’ai composé principalement au piano et il contient moult voix travaillées à la pédale de delay (cela vient de ma jalousie pour la collection de pédales à effets de Sufjan [NDLA: Sufjan Stevens] pendant la tournée de « the Age of ADZ »). Les chansons parlent du fait d’être dans l’ombre de ma grande sœur (et probablement d’être aussi dans celle de Sufjan pendant la tournée). Je suis le deuxième d’une famille de trois enfants. Ma grande sœur était, et est toujours, une beauté (reine du bal de début d’année et de promo), elle dansait, chantait, était actrice et était simplement une personne très admirée. J’y ai associé des sentiments de fierté mais aussi un esprit défaitiste envahissant qui ont nourri une grosse partie de l’écriture. Je peux dire ça maintenant que j’ai du temps pour écouter l’album masterisé, mais je ne savais pas vraiment ce sur quoi j’écrivais à l’époque. Bref, c’est un album né d’une introspection similaire à celle dont je me suis servi pour écrire Heavy Ghost. Mais comme je disais, on attend un peu avant de le sortir, parc’ que j’écris des trucs supplémentaires et qu’il reste beaucoup de travail à faire pour que Scorpio Little Devil tienne ses promessses.

intw réalisée par mail le 5 Février 2013 

Leslie Tychsem

« Loin du Monde », Sébastien Ayreault (roman).

1 Fév

Loin du Monde,
Sébastien Ayreault,
(Editions Au Diable Vauvert, 2013)

— crédits photos -Loin du monde 1, 2, 3- : ©E.5131 —

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Sébastien Ayreault

Sébastien Ayreault

    Le prélude débute comme un conte, finit comme une tragédie. Le lecteur doit se le tenir pour dit : il y a les petites histoires de l’enfance et il y a la mort. « On appelle ça l’existence. »

    Le quarantenaire, ou en passe de le devenir, revient sur ses jeunes années (les nôtres). C’est l’époque des lotissements, des Golf GTI, de la console Atari. On ne vit pas la vie tout à fait de la même manière qu’on soit à la ville ou à la campagne, à Paris ou en province… Je le sais, j’ai vécu tout ça…

    Sébastien Ayreault revient sur nos années de gamins, dans un récit court et efficace. Il nous offre un retour sur les années 80 : les baffes dans la cour de récré, la terre des vergers, la Gauldo au bec, la R12 ou l’Alpha Romeo d’un papa à moustaches, les liens familiaux, la vieille derrière ses rideaux, le potager dans le jardin, la télé profonde comme une armoire, la petite voisine d’en face… Tout y passe. On y est. Les images sont percutantes, elles t’y ramènent, t’offrent un voyage… le retour vers tes dix ans.


Et puis, oui, le style, c’est ça aussi… Ce n’est pas seulement l’histoire ou l’époque… Il y a quelque chose qui nous réunit : on appellera ça le style. On est un paquet à s’y retrouver. On a lu les mêmes auteurs – français ou américains, on aime cette langue qu’on triture un peu, la syntaxe qu’on ne respecte pas toujours, cette pointe d’oral venue tout droit du début de notre siècle de naissance… ces images issues du cinéma… C’est notre tour ! Pourquoi je dis « nous » ? Parce que, comme tant d’autres, je joue pleinement le jeu en tant que lecteur, que je me suis retrouvé dans les sentiments, les souvenirs laissés par cette époque partagée. Parce qu’on se tient au jus de la vie, avec Sébastien, de temps à autres, quand on a cinq minutes : les projets, les gosses, la vie en France (il vit à Atlanta…), etc.

-Loin du monde 1- / ©E.5131

    Le roman de Sébastien s’enracine « loin du monde », dans « un petit bled paumé » de province : le PMU, l’église, le coiffeur et ses « deux terrains de foot », son verger… Ce n’est pas tout. On y trouve des maisons de grands-mères, on apprend que les murs ont des oreilles, voire un œil, qu’il existe une pièce sous le cimetière, et, en face, le sous-sol d’un pavillon.

    C’est l’époque où les pères se prénommaient Jean ou Serge, qu’ils arboraient naturellement une Gauloise à la lèvre — dont on garde l’odeur au fond de la narine. Les grands-mères s’appelaient Simone. Et le narrateur, David… dix ans au moment des faits.

    Les portraits des personnages que peint Sébastien fonctionnent à merveille. Il y a Olga, la vieille acariâtre qui « se radinait dans votre salon sans prévenir et (…) vous racontait à la gueule tout un tas de saloperies. Elle crachait le venin, maudissait son foutu bon à rien de prochain. » Puis, « Gobelin devant chez lui. Il était là à se curer le nez debout sur le trottoir, avec ses cheveux pleins de poux, à rien foutre, à attendre que sa mère lui balance un bout de pain par la fenêtre. » Ou encore « Carrera. Une bête. Il était bien plus vieux (…). Tous ses potes allaient au collège. Pas lui : on ne l’avait pas autorisé à franchir les grilles. ». Carrera, c’est le dur, celui qui te force à – ou te permet de — fumer ta première clope. Suivent quelques traits qui peignent une société à venir (la nôtre, pas besoin d’en dire plus…) : l’apparition des grandes surfaces… dans un monde jusque là peuplé de croix, de statues du christ à tous les carrefours (ou de sa mère).

    C’est l’époque d’avant encore, celle de nos grands-pères, qu’évoque le narrateur et qui ne parle plus à la France de maintenant et ses 5 millions de chômeurs : « si le patron t’emmerdait, tu lui foutais un coup de barre à mine dans la tronche, et tu t’en allais bosser chez le voisin. »

    David veut sortir du bled dont sa famille est issue parce qu’il saisit que la vie est ailleurs… et tente la fugue : « j’étais parti avec mon sac sur le dos (…) et quand je m’étais retourné, au virage, j’avais vu mes parents sur le trottoir me faire des grands signes d’adieu, tout sourire, pour ne pas dire hilares. »

    Alors, pour s’échapper du village Maulévrier, près de Cholet, ce sont les vacances en Vendée, comme d’autres vont à Royan, sur l’île d’Oléron ou de Ré, en camping, en caravane… et LA découverte : le sexe. En vrai, « cette chose : rose et verticale. Lisse. Un miracle. » entre les jambes des filles et le sexe, sur papier. Ce que tu découvres, un jour, par hasard… au détour d’une voie sans issue et la tension dans la cervelle et la solitude… À dix ans, t’es pas forcément préparé. La société organise tout, sauf ça. Mieux, elle te le cache. Et c’est à chacun de s’en débrouiller. Et pour certains c’est plus difficile encore que pour les autres…

-Loin du monde 2- / ©E.5131

    David le raconte avec clarté lorsqu’il s’apprête à tâter la « forêt ensorcelée » d’Émilie: « Il y avait de la guerre en moi ».

    David est écartelé, entre l’enfance et le monde adulte. Il découvre ce qu’il y a entre les jambes des filles… que le père noël n’existe pas… le tout sous l’œil des crucifix qui l’entourent, dans une maison où évoluent les morts, derrière les murs. C’est l’heure de la grande culpabilité qui sonne. À 10 ans, pas simple de faire face : « J’suis pas bon, maman. J’suis pas bon. »

    Ou à Émilie : « Dans la tête. Ça me fait mal dans la tête. Je me sens si dégueulasse après.
– Faut pas. », répond-elle.

    C’est l’heure de découvrir le sexe, et la mort. La maison sous le cimetière, donc, qui est le pendant macabre du sexuel sous-sol du pavillon d’en face.

-Loin du monde 3- / ©E.5131

 

    « Cette putain d’horreur, mon Dieu ! Et justement, Il est venu. (…) Il avait un Œil monstrueux. Un Œil qui crachait la colère. (…) un Œil qui me terrassa sur place :
COUPABLE ! »

    Et ce n’est que le début, mon p’tit gars… Ce sera peut-être ainsi jusqu’à la mort.

        Hum Toks / E.5131 / Eric SABA

Loin du monde, Sébastien Ayreault

Loin du monde, Sébastien Ayreault

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Sortie le 3 Janvier 2013 : 

Loin du Monde, Sébastien Ayreault, Editions Au Diable Vauvert, 2013.  

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