CHEL, « Bazar Bizarre »

22 Sep

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Et voilà que Toupetitou écoute un album qu’écoutaient ses grandes sœurs…
Et voilà que la chronique ne demande qu’à ressortir…
Et voilà qu’il n’y a rien de plus simple…

CHEL, « Bazar Bizarre » / E.5131 / 15.04.2008

bazar_bizarre

Si tu veux écouter quelques morceaux tout en lisant la chronique…
–> http://www.myspace.com/chelblog

Tout d’abord… confine les enfants.
Je ne te dis pas de te laisser pousser les ongles, non.
Ni de surgir dans la nuit…
Lâchons quelques instants cet univers oppressant, pour aller vers un monde fabuleux de petits plaisirs vrais, car pour l’enfant tout est vrai (j’en fais trop ? peut-être…).

Commençons toutefois par la contrainte : enfants enfermés, ceinturés, moteur démarré.
Dans le salon ? Non ! L’enfant peut s’échapper. Tu sais que l’enfant comprend vite : « Oups ! y a piège du pater, filons ! ».

Non… plutôt… dans la voiture ! C’est là que l’enfant cédera – si cela doit… et grâce à une consigne simple (rester 2 minutes tranquille) – il cèdera donc… à la surprise, se laissera entraîner, attiré par la découverte, le nouveau…

Il entend une mélodie, trop basse, mais qui lui parle, qui chante à son oreille. Un, deux, trois mots captés et c’est le début de sa fin. Capturé, envoûté, enchanté par une musique nouvelle, des associations de mots (appelées aussi « phrases ») inconnues. Celles de CHEL.

« Monte le son, papa ! » : 1er bon signe. (j’suis bien malin… ouarf ! un nonosse et une image !).

1er refrain repris en chœur par la grande… puis par la petite Aliasse — pas encore Lamoyenne — (qui a oublié ses baskets chez Mouse, ah bravo ! je ne te félicite pas… – mais je dormais… – c’est donc ton frère… – je n’en ai point – alors mets une virgule…
Il faut savoir adapter son discours à un enfant de 4 ans, c’est primordial !)

1er refrain, donc, repris par cœur, déjà, par les petites (dont une qui commence à être grande… 9 ans)…

« Cot, Cot, Cot… Cot, Cot, Cot… Madame Poule a pondu un oeuf-e ! »

Voici donc, disais-je, le 1er refrain, repris par cœur… donc le 2ème bon signe… J’ajoute même, dans un élan sans cornes : « C’est gagné ! ». (je suis bien malin… bis, gnark, gnark. un nonosse, une image !).

On rentre dans la grande basse-cour (à la campagne, dans un potager, à l’abri d’un auvent en bois prêt à dégringoler) et on baisse la tête. Qu’est-ce qui m’attend ? C’est quoi cette foire ?

C’est la grande basse-cour de CHEL.

On y pénètre par la petite porte du poulailler. Une toute petite fanfare posée à l’accueil : « chabatz d’entrar ! » comme on dit par chez moi (« finissez d’entrer »). Allez, bonnes gens ! Quelques instruments familiers, d’un temps pas si éloigné, mais que l’on a plaisir à retrouver. Je vous laisse les découvrir… Guitare, évidemment, et… accordéon, trompette, flûtes, concertina. Des mélodies qu’on croirait connaître déjà et pourtant les siennes, celles de CHEL.

Ce sont des sons du quotidien. Des mélodies qui ramènent en enfance. Des airs de colo, peut-être… non, plus subtiles… plus subtiles… plus subtiles que les chansons de sorties en car. Bien plus. Les mots parlent aux enfants, lancent des clins d’yeux aux ex-enfants que nous sommes.

« Tomate » ! « Patate »… « Vinaigrette » ? « Courgette et fleurs bigarrées »… Bref… Du mélange, de la nature, les poules, le potager les incontournables : épouvantail (« l’ami des gourmands »), dragonosaure et sorcière (« qui « met de l’ordre à sa façon »)…

Plus subtiles aussi, parce que jazzy, classique, ragga, ou encore blue-grass (je lance ce dernier mot quelque peu au hasard, c’est celui qui me vient quand j’entends cette fanfare. vous pourriez m’accuser de désinformation… est-ce ma faute si c’est le mot qui me vient ? nan dé diou ! ).

La musique ne prend pas l’oreille de l’enfant pour une andouille, une quenouille, une imbécile, un cerveau disponible… préfère lui souffler dans l’oreille un univers magique, enchanté, doux et le plus souvent gentiment déjanté…

Troisième morceau, je pose le sac, j’ai suivi le chant du rossignol, je suis bien ici, la musique se déploie. Débouche une fanfare plus fournie encore. C’est la présentation de « Tom ». Je connais un Tom… qui n’est pas « jardinier »… même s’il passera sa vie à cultiver son jardin. Invitation à la danse…

CHEL, Live / ©Ingrid Jouault

 Oh, mais surprise encore ! V’là que ça joue du dub maintenant… (tu connais pas le « dub » ? inculte !). Pas banal. Et l’enfant se calme… Surprise, parce que le « dub », monsieur-madame, le dub, ça se pratique pas sous un climat froid… dis-donc, faudrait revoir ses classiques ! « Aglagla ». Mais « Aglagla est une drôle d’araignée »… alors, CHEL aime les mots… la musique… les sons, quoi… et l’humour, la poésie qui vont avec.

Un écho, un autre.
Un écho tout au long de l’album, un fil rouge, à crête. Un thème, la fugue d’un animal à 2 pattes, l’œuf aux fesses. Variations. Et je claque la porte sur le poulailler. Quel est donc cet animal ? Une chimère ? Une partie Cot, une autre CHEL, la suivante en kerfi, oui et la dernière en Scott. Un univers…

« Une berceuse, maintenant, papa ? ».
« Non pas ! », comme on dit par chez moi. C’est la nuit qu’est tombée… pas une sieste de deux heures, les doigts de pieds au frais… mais bien une nuit étoilée de cent mille rêves… « Soleil sommeil ». Tuba !

Et v’là le poulailler qui se ramène de nouveau. C’est pas le poulailler, ‘bécile, c’est « l’épouvantail » avec cet environnement sonore bien particulier qui… j’ose ? qui sent le fumier à plein nez, mon gars ! à plein gaz ! Qu’on s’y croirait ! Et ça laisse pas la place à la moquerie… non. Pas possible. Qui voudrait se moquer ? Toi ? Toi ? Ou toi ? Attention ! Tu sais ce que vit un épouvantail ? Non. Bah, l’épouvantail, il est victime d’une fonction qu’il n’a jamais désirée. Je connais quelques épouvantails… « ça va passer, va. ça va passer… » qu’ils disent…

Chanson suivante… Les enfants s’emparent des mots et les retournent contre vous.
Faites-leur à manger et vous verrez ce que vous récolterez…
J’en connais deux qui réservèrent cette chanson pour les fast-food… et je fus fier d’eux  :

« parce que c’est Beurk et c’est vraiment pas bon…
« parce que c’est Beurk et y a vraiment rien d’pire que ça ».

Le gamin te réservera aussi ces mots pour ta cuisine, parfois… et ça te fera moins plaisir…

Repris à trois-quatre gamins, en chœur et pour peu que t’y ajoutes ta voix, ça peut durer un bout de temps. Et toujours quelqu’un pour ramener le refrain. (et le coupable… c’est aussi souvent moi, je le confesse).

Quelques morceaux de plus : « Bazardine Bazar » et « Moêp le dragonosaure » se partagent la vedette de la fin de l’album… bras dessus, bras dessous.

Je n’ai pas parlé de la voix de CHEL : c’est la chaleur, un t-shirt jaune soleil, l’amitié…

À la fin, l’enfant a lâché prise – rien ne va plus ! –
et répète inlassablement accompagnant le sorcier sympa CHEL :

« ça va pas dans ta tête
y a plus rien qui s’arrête
y a même plus la serrure… »

3 minutes
Allez, 4 minutes
La tête justement qui tourne
Les oreilles qui bourdonnent
Et puis les 5 minutes qui pointent leur nez
Les voix changent
Apparence de berceuse, enfant protégé, entouré et mené vers le haut
Mais les mots sont là, inchangés, avec quelques fous rires en arrière-son :

« ça va pas dans ta tête
y a plus rien qui s’arrête
y a même plus la serrure
ça va pas dans ta tête
y a plus rien qui s’arrête
y a même plus la serrure
ça va pas dans ta tête
y a plus rien qui s’arrête
y a même plus la serrure (…) »

Euh… on r’commence ?

///

En vente chez tous les bons disquaires… curieux.

Et puis CHEL, c’est un chapiteau, la langue des signes sur scène, un potager, un vrai, dans lequel il accueille des classes, pour « travailler » autrement… Classes dans lesquelles il intervient…

Pour créer… Ensemble… (car ce mot veut, encore, dire quelque chose…).

Et des projets, et des projets…

Salut !

.
E.5131 / Hum Toks / Eric SABA

Le site de CHEL : http://chel.me/
http://www.myspace.com/chelblog

Les petits pois sont rouges, 1er album de CHEL, chroniqué là :
Les petits pois sont rouges

Voltiges, 3ème album de CHEL, chroniqué là :
Voltiges

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