Monsieur le Président,

31 Mai

Je vous fais cette lettre, que vous lirez certainement, en président conscient des enjeux culturels qui sont partie prenante dans les débats de société qui agitent la France depuis quelques mois.(…)

Pour la suite, suivez le facteur,  et clic sur le vélocycle.

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Chiche ! Caroline Loeb …

13 Juin

chiche afficheCaroline Loeb dit parfois qu’elle n’est pas une chanteuse mais une chanson … (What is this song?) eh bien c’est pas vrai ! C’est une conteuse, une Shéhérazade polymorphe qui fait vivre des personnages comme Sagan, Mistinguett’ ou Madonna, avec une touche d’Arletty et quelques notes de Marie Dubas, la diva déjantée par excellence, mais aussi conteuse fascinante, comme sait le faire Caroline Loeb dans son monologue New York une fresque verbale bluffante.
Sur la trame de sa vie balagan* Caroline Loeb nous balade entre ses décades folles 1980/2000, une bourlingue moitié Sagan, moitié Delerm, quand elle chronique avec humour et autodérision mais avec une tendresse sous jacente, le parcours d’une fille des années 80. Balagan, et pas vraiment repentie.

Sur cette flamboyante, on pourrait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme… en déroulant les superlatifs admiratifs les compliments courtisans, les guirlandes de bravos, en variant le ton et les images, mais à quoi bon ? Puisqu’il est question d’images, en voici quelques unes , ci-dessous, en scène le 12 Juin, comme tous les samedis à venir, voyez les détails sur l’affiche. Et paraphrasant Pyrame en quelques mots : Régalez-nous , the show is back ! (Adaptation libre)

”Chiche !” sera tous les samedis de juin à 19h et de juillet à 20h30. C’est au Théâtre de l’Archipel et nulle part ailleurs… https://www.larchipel.net/
Caroline aura la joie d’être accompagnée au clavier par Vincent Gaillard et par Yorfela à la guitare-basse. Le tout sublimé par les lumières d’Arnaud Le Dû. Caroline sera aussi au Festival d’Avignon OFF avec ”Françoise par Sagan”.

  • La vie balagan Marceline Loridan, en quelque sorte une vie foutraque ..
    Etymologie   ( בָּלָגָנִים)   désordre, foutoir, bordel   

  • 1-Montage Chiche 13-06-2021 14-07-25© NGabriel2021

Norbert Gabriel

Décès de Ludo Tranier, chanteur de Laréplik et Buscavida

10 Juin

Je peine à écrire ces mots. Il y a des mots qui ne devraient pas s’écrire, qu’on ne voudrait pas écrire. Jamais. Ils sont ceux d’une réalité qu’on ne veut pas entendre, ni vivre, et qui pourtant vient nous percuter violemment, sans nous laisser le choix.

Ludo Tranier, chanteur de la formation emblématique de la scène alternative punk-rock bordelaise, Laréplik et du groupe Buscavida [Lire ici] nous a quittés. Il était revenu voilà quelques années d’un périple en solitaire, mais solidaire de toutes les rencontres faites sur les routes d’Amérique du Sud et de la péninsule ibérique, des chansons dans les valises, des histoires plein le cœur, et la tête envahie de projets : le manuscrit d’un récit de voyages et plus encore qui devait être édité, et ce dernier groupe, Buscavida, qui inventait des chansons françaises métissées de musiques folkloriques latino-américaines et lusitaniennes pour fleurir et enchanter des moments de partages, de luttes aussi.

Ne dérogeant pas à son engagement d’artiste de terrain, Ludo menait son groupe sur les lieux de soutien, aux salariés de l’usine Ford de Blanquefort [ici], aux réfugiés accueillis dans les Centres d’Accueil pour les Demandeurs d’Asile, aux petits paysans révoltés, à tous ceux qui construisent des élans de solidarité, des aventures humaines et des tentatives d’utopies locales, toujours à la rencontre de la vérité des gens, dans un bar à concert, un festival artisanal, un coin de manifestation.

Il était depuis plus de deux décennies, où Laréplik s’était imposé comme un pilier de la scène alternative girondine avec son java-folk-punk francophone, et avait entre autres imprimé aux coutumes militantes la fête de la Saint Roger, tous les 30 décembre, pour narguer en dérision le traditionnel cirque de la Saint Sylvestre, et gravé dans les cœurs la chanson, devenu un hymne du patrimoine musical local « Mon voisin vient de loin », que si vous ne connaissez pas, vous n’êtes pas de Bordeaux, comme disait son ami Barthab [ici], une figure du milieu artistique solidaire local. Mais Ludo était plus. Il était de ces poètes vadrouilleurs de l’existence qui la rendent plus libre et sensée. Il était de ces copains dont la tendresse et l’humour, derrière lesquels on devine une sensibilité écorchée, vous rassurent sur l’humanité par leur vérité d’âme. Il était de ces repères dont l’existence vous conforte et vous montre qu’on peut avancer dans la vie sans renier ses valeurs et ses convictions et en restant sincère, humble et naturel. Il était de ces amis des chiens et frères des humains qui s’émeuvent de l’amour du vivant et prennent d’autres sous leur aile pour les parrainer, et bien sûr de ces fêtards qui sèment des éclats de rire, épongent ou sèchent vos larmes, et tiennent toujours une lumière allumé. Il était une lumière allumée.

Je peine à écrire ces mots et j’ignore même si ces quelques lignes sont décentes et lui auraient plu. Ludo était de ceux qu’on sait tellement vivants qu’on ne peut les imaginer autrement. Son brusque départ est un séisme qui nous laisse tous en pleurs, dans la stupeur de cette réalité qui vient de creuser un vide énorme. Plus de mots seraient vains et dérisoires. Aucune parole ne sera assez puissante pour soulager du chagrin et de ce vide que nous, ses amis et copains, avons maintenant à partager. Nos pensées vont vers ses plus proches.  

Miren

Voilà… la leçon du gorille invisible…

26 Mai

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P1-gorille-voilà 26-05-2021 13-24-03rolégomènes: Le test du gorille invisible (« The Invisible Gorilla ») a été mis au point en 1999 par Christopher Chabris et Daniel Simons, deux chercheurs en Psychologie cognitive de l’Université Harvard , surnommés depuis The Gorilla Guys.

La consigne donnée aux participants était de regarder attentivement une vidéo où deux équipes de joueurs de basket, l’une habillée en blanc, l’autre en noir, se lançaient un ballon, et de compter le nombre de passes entre les membres de l’équipe des blancs. Pendant la partie, une personne déguisée en gorille traversait la scène de droite à gauche en se frappant la poitrine avec ses poings.
On demandait ensuite aux participants combien de passes ils avaient comptées et s’ils avaient vu quelque chose qui sortait de l’ordinaire. Environ 50 % d’entre eux n’avaient pas vu passer le gorille.

Voilà voilà voilà, chanson française…

L’Eurovision n’est plus, depuis au moins 30 ans, un de mes sujets favoris, néanmoins, je lis la gazette plus ou moins attentivement. D’abord la chanson sélectionnée qui représente la France, puis le résultat. Et rien entre les deux . Pour 2021, comme d’habitude, j’ai écouté la chanson de Barbara Pravi, comme à la radio, sans image, et sans idée préconçue … Ce que j’entends dans le premier couplet :

Écoutez-moi, moi la chanteuse à demi
Parlez de moi, à vos amours, à vos amis
Parlezleur de cette fille aux yeux noirs et de son rêve fou
Moi c'que j'veux c'est écrire des histoires qui arrivent jusqu'à vous
C'est tout..


Jusque-là, je comprends assez facilement qu’elle parle d’elle. Ensuite vient le refrain,

Voilà, voilà, voilà, voilà qui je suis
Me voilà même si mise à nue j'ai peur, oui
Me voilà dans le bruit et dans le silence

Elle continue à parler d’elle, mais voilà-voilà-voilà , il y a comme une réminiscence de Padam padam, sur la répétition de ces deux syllabes , 4 fois, et ma foi, ça ne m’a pas spécialement intrigué à la première écoute, le vers est plus court, la mélodie n’a plus rien à voir avec

(Padam…padam…padam…) Il arrive en courant derrière   moi
(Padam…padam…padam…) Il me fait le coup du souviens- toi


J’en suis donc resté là, en jetant un œil sur une photo de la demoiselle, qui a une frimousse plus proche de Rika Zaraï que de Barbara, Gréco, ou Piaf, des brunes. Et en noir... Mais est-ce suffisant pour être identifiée à Edith Piaf ?

1-Piaf Barbara Pravu robes 26-05-2021 13-35-20Et puis, il y a eu une série de communiqués, ou « analyses » la présentant comme une Piaf 2021. Et il me semble que pas mal de gensl'ont ensuite écoutée avec l’image de Piaf en surimpression, jusqu’à voir « la petite robe noire de Piaf » dans la tenue bustier très court et pantalon de Barbara Pravi. Et dans la foulée, hurlant au plagiat de Padam padam dans cette chanson… Dont la mélodie et le texte n’ont pas de correspondances ni dans le fond ni dans la forme… Il suffit d’essayer de chanter la chanson en question sur l’air de Padam Padam pour s’en rendre compte. En approfondissant àla  loupe, on note en effet ce qu’on appelle des citations en jazz, ou un riff musical, ou quelques notes qui résonnent, en clin d’oeil. On peut dire que c’est un procédé habile, mais qu’on retrouve assez souvent. Et si on doit considérer comme plagiat 5/6 mesures qui se ressemblent, la grande majorité des chanteurs de blues sont des plagiaires.


Pour faire bref sur mon « ressenti » en terme de plagiat, c’est comme si dans un grand tableau noir, on mettait 3 cerises au milieu, et qu’on considère que c’est un plagiat du  Temps
des cerises , ou, avec un tournesol dans un coin, un plagiat de Van Gogh, c’est très exagéré. Est venue aussi la question de la gestuelle, copiée sur Piaf, avec un micro droit… Dans des spectacles récents de jeunes artistes qui n’ont rien de spécialement Piaf, sauf qu’elles chantent en français, beaucoup sont debout  devant un micro en pied, et bougent les bras dans une gestuelle expressive classique.. Qui est différente des  gestes stéréotypés des rappeurs qui ont tous les mêmes tics.

Cette affaire mineure est un bon exemple de manipulation par détournement d’attention préalable ; comme dans l’exemple du gorille, on voit ce qu’on nous a suggéré de voir : Edith Piaf… Que Barbara Pravi ne lui ressemble en rien n’a aucune importance, l’opinion a été téléguidée, et chacun brandit son opinion comme parole d’évangile. Mais une opinion n’est pas un argument. On peut bien dire et opiner que la terre est plate, carrée, ou cubique et que le soleil tourne autour, c’est une opinion, idiote mais c’est le droit à l'expression libre. Toutefois
«
L’opinion de la majorité n’est pas forcément la vérité.* » Galilée en a su quelque chose …

Sur un plan général, la plupart des candidates de l’Eurovision sont formatées, un peu bimbo blonde qui chante en anglais les mêmes choses pour faire danser autant à Reykjavik qu’à Novosibirsk ou à Aurillac. Les candidats sont taillés sur les mêmes modèles , un groupe de rock-punk-métal aura les mêmes codes qu’il soit anglais, autrichien ou italien. Why not ? C’est une option possible, tout le monde chanterait le même genre de chanson dans un œcuménisme musical où toutes les particularités locales seront escamotées pour un meilleur des mondes aseptisé et sans frontière. Adieu les dinosaures des temps révolus , Brassens, Anne Sylvestre, Félix Leclerc, Hélène Martin, Ferrat, Brel, Ferré et Vigneault, ceux qui font des chansons qui racontent,
faut que ça fasse bouger les
fesses et les pieds, et pas encombrer le cerveau avec ce qui pourrait ressembler à des idées…

Exit aussi le swing, cette subtilité que Nougaro a bien définie :

  Le swing, c’est ce qui fait balancer l’âme, pas le cul.

*Cocteau

Pour conclure revenons à notre gorille, cette étude montre que lorsque notre attention est concentrée sur une seule chose, il peut nous arriver de ne pas remarquer d’autres choses même très évidentes dans notre champ de vision. On peut ne pas voir ce que l’on est pourtant en train de regarder.

La suite ici –> https://www.afis.org/Le-test-du-gorille-invisible

Norbert Gabriel

Sortie du Ep « Rumeurs » d’Erdöwsky

26 Mai

Duo formé de la chanteuse et guitariste Muriel Erdödy et du percussionniste, batteur et clarinettiste Alexis Kowalczewski [ici], le groupe Erdöwsky vient de livrer ces jours-ci son premier EP, « Rumeurs ».

C’est la chanson « Les étoiles » qui ouvre, par la clarté cristalline d’une guitare, enveloppée bientôt d’une atmosphère sonore traversée de chœurs évasifs et de timbres instrumentaux planants, la porte sur la petite galaxie ensorceleuse d’Erdöwsky, qu’habitent des textes d’une poésie métaphorique et sensuelle.

« Il y a des étoiles que l’on suit. Celles qui nous aveuglent.
Il y a celles que l’on traine, celles que l’on poursuit.
Il y a celles qu’on éteint, celles que l’on étouffe.
Il y a celles que l’on aime et il y a celles que l’on bat. »

On ne peut s’empêcher, à l’écoute des paroles, d’y entendre une ode à la féminité, aux femmes, aux cœurs d’existences avides, aimantes, fascinées, parfois blessées et maltraitées, souvent dignes et héroïques, et toujours aspirant à vivre intensément.

« Les étoiles » nous fait pénétrer dans la richesse et nous happe dans les aspérités d’un univers musical empruntant parcimonieusement aux rythmes orientaux, aux musiques africaines, à l’imaginaire nomade, à l’esprit Rock, pour fondre une identité poétique singulière, qui invente, entretient, bouscule et calme, une tension entre l’insolite et l’évidence, le lointain et étranger, et quelque chose de la Chanson francophone qui nous est familier, patrimonial même, tension qui ne nous lâchera plus qu’à peine la main pour nous reprendre l’oreille aussi tôt.

La rythmique hypnotique de guitare et percussions, évoquant le Blues touareg, du second titre « Rumeurs » nous attrape dans une tourne entêtante, avant que la douceur et la délicatesse du troisième « Te souviens tu ? » nous apaise, au velours de la chaleur boisée d’une clarinette qui accompagne en proximité le questionnement nostalgique et ouvert à la fois sur des perspectives d’horizons. Puis le titre « Les Grands Chevaux » nous plonge vertigineusement dans un galop haletant, où les mots, sans même avoir besoin de les décrire, dessinent de grands espaces lointains, venteux et soufflés de tempêtes de sable. On peut y trouver une résonance, comme un écho, de l’album de Noir Désir, « Des visages et des figures », sans toutefois que le titre n’y indique de référence explicite. Il ne s’agit peut-être donc que d’une sensation arbitraire personnelle, mais la chanson m’évoque fortement des pulsions et émotions ressenties à l’écoute de l’ultime album du groupe bordelais.

Sensation arbitraire toujours, le cinquième morceau « Barème » frappe tout d’abord par des harmonies vocales ludiques et un certains jeu Jazz qui rappelle l’art et la manière espiègle qu’avait Belle du Berry (Paris Combo) de nous accrocher. Croire l’entendre, même de façon fugace, dans la voix de Muriel Erdödy enfante une joie attendrie. Mais le titre révèle encore une dimension plus surprenante, lorsque le chant s’enfle et se renforce d’un peu plus de violence et de démence jusqu’à immanquablement évoquer Catherine Ringer, et redescend dans la théâtralité d’une diction qu’on attribuerait volontiers à Juliette, le Blues syncopé et percussif donnant une puissance d’impact particulière au sarcasme du texte

« Il vaut mieux taire tes états d’âme.
Vois tu les temps sont exécrables
Il y a un barème sur l’échelle du malheur.
Le tiens ne prend pas assez de hauteur. ».

L’album s’achève sur « Le parfum », qui, sous de faux airs mélancoliques et avec de vraies essences bucoliques, sonne comme un hymne à la renaissance, au renouveau, une fois la douleur d’un deuil, d’un amour, d’une histoire, apaisée, et la sérénité (re)venue.

« C’est un parfum d’été au bord d’une rivière.
Une brise odorante adoucissant la pierre.
Une histoire végétale, qui embrase la plaine.
Un parfum de victoire sur la tristesse vaine. « 

Ici encore passe dans la voix de Muriel Erdödy, comme un effluve de la grâce enchanteresse de Belle du Berry (« Sous la lune »).

Interprétations toute subjective de ma part, tant il est hasardeux de présumer des intentions des artistes et de spéculer sur les références qui ont pu les inspirer. Mais cela ne participe-t-il pas à la magie d’une chanson ou d’un disque, de laisser à chaque auditeur l’espace et la liberté d’y entendre ce qui y est, et aussi ce qu’il y projette de lui-même, de sa propre histoire, de ses propres gouts, de sa propre imagination? C’est avec cette complexité qu’on aime les artistes, à la rencontre non manquée du don d’eux-mêmes et de notre réceptivité et capacité à l’accueillir. L’EP d’Erdöwsky est au rendez-vous.

La tentation serait immense d’affirmer que quelques chansons supplémentaires auraient été appréciées et que l’album est trop court, s’il ne présentait pas cette faculté de pouvoir tourner en boucle indéfiniment sans qu’on s’aperçoive ou à peine de la répétition des titres, tant la diversité des reliefs et la multiplicités des angles par lesquels on en aborde les paysages procurent un sentiment d’inouï et donne l’impression d’y découvrir à chaque écoute de nouvelles chansons.  

« Rumeurs » d’Erdöwsky est disponible sur bancamp:

https://erdowsky.bandcamp.com/album/rumeurs?fbclid=IwAR0jMjxL9E-WaWfZsaYLry42PUyRTripI4WLUzvGqYsiwnwE-Hzynhb9isI

Et directement auprès du groupe.

Liens : site : https://www.erdowsky.com/

Facebook : https://www.facebook.com/erdowsky/

Miren Funke

Main basse sur le magot…

20 Mai

 

affichage_web_reprise_maiÇa commence dans une tonalité qu’on peut résumer par  Arletty chez les branquignols du fric-frac  ou bien en retournement de situation  Le cave se rebiffe,  les dialogues seraient un mix de Simonin et Jeanson , la musique de Django et les  » boutonneux  » du Balajo, et le décor de Trauner..

Loulou est une gisquette plutôt émoustillante, et le futur Paulo de Janeiro va trouver son chemin de Damas dans les bras de … Suspense …

Je vais pas divulgâcher les arcanes de cette comédie qui malgré les apparences se termine plutôt moralement, selon les critères des Marx Brothers.
Ou de Fernand Naudin – de Montauban- et comme dirait Paul Volfoni :
J’y trouve un goût d’Audiard…  vous devinez la réponse de Fernand ?
Y en a ...

 

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C’était le premier spectacle vivant depuis les temps pré covid, le public très intergénérationnel s’est régalé, et en plus il faisait plutôt beau en sortant du Funambule de Montmartre, qui vous attend avec plusieurs pièces au programme, dont le « Cabaret Louise » vu et apprécié ici –> https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2018/10/04/cabaret-louise/

Pour le reste du programme, voyez ici :

https://www.funambule-montmartre.com/spectacles/a-laffiche

 

Et pour quelques photos de plus, 

1-Main basse montage 20-05-2021 11-20-29

Norbert Gabriel

Photo et malentendu ….

17 Mai

Prolégomène : Dans le top 5 des photographes qui m’accompagnent, Willy Ronis, dont l’exigence en matière de photo de reportage ‘engagée’ a toujours été d’une honnêteté rigoureuse, jusqu’ à quitter l’agence qui vendait ses photos, car on respectait pas l’esprit avec des légendes inexactes. Ce qui l’a conduit à s’exiler dans une quasi ruine provençale durant plusieurs années, en raison de la perte de revenus qui a suivi cette décision, quitter l’agence de diffusion. Ce qui suit est indirectement un des effets secondaires d’une mauvaise lecture possible d’une photo de reportage.

« C’est une des 100 photos qui a changé le monde selon le magazine Life. Au beau milieu d’un marathon, on voit une femme qui court, soudainement bousculée par un homme en costume qui tente sans succès de lui arracher son dossard n° 261. »

Ce texte accompagne la photo ci-dessus sur une page FB. Cette femme c’est Kathrine Switzer, engagée dans le marathon de Boston en 1967… Pendant la course, au 6 ème km, le directeur de la course se précipite pour lui arracher son dossard : « sortez de ma course... » L’action est brève mais violente, et il est éjecté par deux concurrents masculins Tom Miller, et John Leonard, amis de Kathrine Switzer, l’un est athlète, et l’autre joueur de foot-ball américain . Sur la page FB où cette photo était publiée, avec les 3 lignes de présentation, j’ai précisé que les deux concurrents masculins ont éjecté l’importun, parce que c’est ambigü sur l’image, on pourrait y voir une agression de leur part.. Ça m’a valu illico le qualificatif de « tocard » ce qui est peut-être vrai, mais l’imprécision des lignes accompagnant la photo méritait de souligner que -selon les propos de Kathrine Switzer- elle n’a pas eu d’hostilité de la part des concurrents, mais uniquement des instances du sport, voilà .. Une photo mérite parfois une légende précise pour éviter d’être mal comprise, c’est pas Willy Ronis qui me contredira sur ce point.

Les protagonistes de cette affaire :

Kathrine Switzer, universitaire et athlète

– Jock Semple un des organisateurs

-Tom Miller et John Leonard, des amis sportifs, foot-ball américain et athlétisme

– Arnie Briggs son entraîneur

Une autre photo aurait été plus explicite sur qui fait quoi dans cette affaire ..

En 1967, elle a 20 ans, elle parcourt davantage que la distance d’un marathon à l’entraînement et le règlement du marathon de Boston n’interdit pas explicitement aux femmes de participer, Kathrine Switzer parvient donc à convaincre Arnie Briggs de soutenir son inscription. Lors de son enregistrement officiel, elle préfère utiliser les initiales de ses prénoms, « K.V. » (Kathrine Virginia), qu’elle emploie déjà pour signer ses articles écrits pour le journal de l’université .

Le 19 Avril 67, jour de la course, elle porte le dossard 261. Elle est encouragée par les autres participants et le public. Malgré son apparence et le fait qu’elle porte du maquillage, du rouge à lèvres et un serre-tête en plus de son short et d’un survêtement, elle n’est pas empêchée de prendre le départ aux côtés de son entraîneur Arnie Briggs et son compagnon Tom Miller,… (pour la suite voir wikipédia qui indique qu’une autre concurrente, Roberta Gibb, qui n’était pas enregistrée avait parcouru le marathon l’année précédente. ) Suite de son palmarès:

1972 Marathon de Boston Boston 3 eme Marathon 4 h 49 min 18 s

1974 Marathon de New York New York 1ère Marathon 3 h 07 min 29 s


1975 Marathon de Boston Boston 2 ème Marathon 2 h 51 min 37 s

A écouter cette émission de 2016 : https://www.franceinter.fr/emissions/l-oeil-du-tigre/l-oeil-du-tigre-09-octobre-2016

Revenons au propos initial qui concernait cette photo, une de celles qui ont changé l’histoire. Le petit texte qui la présente est très incomplet, mais surtout il met en avant l’agression dont est victime la concurrente. Et sans explication, on peut croire que les deux hommes derrière elle, essaient de lui arracher son dossard et la sortir de la course, on pourrait même ne pas comprendre que le seul agresseur est celui qu’on voit le moins. Pour avoir apporté cette précision, j’ai eu une réponse «  tocard qui fait du mansplaining »… J’aurais pu souligner aussi que ce n’est pas au milieu du marathon, mais au 6 ème km, mais c’est un détail sans grande importance.

Que certains sports soient résolument misogynes, personne n’en doute, que la société ait de considérables progrès à faire dans ce domaine, ça me semble d’un évidence criante. Il m’a semblé dommage que cette photo laisse autant de place à des imprécisions dommageables.

Norbert Gabriel

Le Funambule de Montmartre rouvre …

15 Mai

Programme de la reprise dès le 19 mai


Au programme :

Le Théâtre le Funambule Montmartre rouvre ses portes dès le 19 Mai, à 19 h avec Main basse sur le magot.

  • Main basse sur le magot : les 19, 20 et 21 mai à 19h & le 22 mai à 18h
  • Cabaret Louise : les 28 et 29 mai à 19h & le 30 mai à 18h
  • La Folle et inconvenante histoire des femmes : les 9 et 10 juin à 20h
  • Un Cadeau Particulier : les 12 et 13 juin à 20h
  • Charlie Poppins : du 22 mai au 13 juin, les samedis et dimanches à 11h

RÉSERVATIONS SUR CE LIEN

Pour mémoire, Le Cabaret Louise –> https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2018/10/04/cabaret-louise/

Lettre ouverte aux édiles de Verneuil-sur-Avre…

11 Mai

Le festival de chanson franco-québécois La Vache et le Caribou, prévu du 13 au 17 août prochain à Verneuil-sur-Avre (Eure), vient d’être annulé par la mairie pour cause de réquisition de la salle des fêtes transformée en vaccinodrome

Mesdames messieurs les édiles de Verneuil-sur-Avre,

Depuis plus d’un an la culture en général et le spectacle en particulier sont, soit oubliés, soit méprisés par l’ensemble des élus et instances culturelles… Il se peut que vous considériez que la chanson, cet art mineur, ne mérite pas un peu d’attention. Toutefois, depuis La Carmagnole, Le temps des cerises, ou Le chant des partisans, la chanson, art populaire par excellence, a été un des symboles forts des grandes pages de l’Histoire de France. Et sur un autre plan, dans beaucoup de pays du monde, elle est un support à l’enseignement de la langue française.
Ce Festival, La vache et le caribou, au coeur des vacances d’été, serait annulé pour faire place à un vaccinodrome. Il n’y a donc aucune autre possibilité dans votre commune de concilier les deux ? Ou aucune volonté de le faire ?

Trois gymnases, deux écoles maternelles, une école primaire, un collège et un lycée, sans compter deux établissements privés où pourraient s’effectuer les vaccinations en pleine période de vacances.

Tous ces établissements en principe prévus pour accueillir vos administrés dans de bonnes conditions, sont moins fonctionnels qu’une salle de spectacle ? Est-ce bien sérieux ?

Il n’est pas trop tard pour revoir la situation, la santé et l’économie sont devenus les priorités absolues, dont acte, on peut à l’occasion rappeler que la culture en général génère un PIB bien supérieur à celui de l’industrie automobile, et pour la santé, donner un peu de culture et de beauté, ça ne peut pas faire de mal, surtout en ce moment.

Il semble qu’une autre salle, le Silo soit également indisponible ? On pourrait penser qu’il y a une volonté de ne pas laisser la moindre place aux saltimbanques, on pourrait .. On pourrait aussi penser – si on a mauvais esprit – que ce qui incite les citoyens à se décontaminer des pollutions télévisuelles n’est pas bien perçu par les édiles de Verneuil, des fois que ces galapiats de chanteurs aient dans leur répertoire quelque nouvelle carmagnole…

Les artistes invités cette année et confinés au chômage: Gilbert Laffaille, Jean Michel Piton, Rémo Gary, Michèle Bernard, Pascal Mary, Hélène Maurice, Natasha Bezriche, Urbain Rinaldo.

Amis du spectacle vivant, ne restez pas muets… Dites ce que vous en pensez

Courriel : mairieverneuil@verneuilsuravre.fr

Norbert Gabriel

Histoire d’une chanson… L’eau vive

19 Mar

Dans les années 53-57, plusieurs ACI majeurs de la chanson francophone arrivent sur la scène , dans l’ordre: Brassens, Brel, Béart, Anne Sylvestre…

Guy Béart va très vite accéder au succès, avec des chansons qui sont interprétées par Juliette Gréco, Patachou, Hélène Martin, Cora Vaucaire, Zizi Jeanmaire, Odette Laure, Suzy Delair, Annabel Buffet, et avec des chansons qu’il interprète lui-même, bien entouré, entre autres par Boris Vian en directeur artistique …
Mac Orlan et Brassens sont les premiers à témoigner de leur admiration. Mais c’est en 1958 qu’il entre dans l’histoire de la chanson, avec « L’eau vive » qui est chantée dans les écoles,comme un standard du folklore, c’est la première fois que ça arrive à un chanteur vivant, et de plus dans les toutes premières années de sa carrière. « L’eau vive » va être enregistrée par dix des têtes d’affiche de ces années dès les premiers mois de sa sortie, de Tino Rossi à Marcel Azzola, en passant par Colette Renard, Marcel Amont et Marc Ogeret … Et par la suite, elle fait une carrière remarquable, 92 semaines au hit parade de la chanson, avec en prime quelques parodies drôlatiques ou politiques.. Et très vite, le film éponyme dont elle était la bande son a été oublié ( film de François Villiers, sur un scénario de Giono, qui avait adoubé Guy Béart, Pascale Audret est l’héroïne du film, la jeune Hortense.)

Les quelques versions ci-dessous montrent que les versions proposent du kitch vintage avec Tino, mais aussi le presque folk de Denis Pépin, et les versions jazz instrumentales, avec la riche B.O. du film (en deux parties), à vous d’écouter, et honneur au créateur pour commencer.

 

Versions instrumentales de «  l’Eau vive » , comme vous ne l’avez peut-être jamais entendue, la B.O. du film avec ses variations

Partie 1

De Béart à Béart(s)

Hugues

Yvette Giraud

Denis Pépin

Les Troubadours

Tino Rossi

Dorothée

Marcel Amont

Instrumental Harmonica

Marcel Azzola

Orchestre Percy Faith

Guitare classique

Jazz avec Joseph Reinhardt : guitare solo, Dingo Adel : guitare,  Patrice Caratini : contrebasse

Piano et cornet

Maurice Vander

Accordéon

Celtic music

Béart in english

et pour finir la partie 2 de la B.O du film ..

Norbert Gabriel

Guy Béart …

11 Mar

Peinture de Patrick Clémence

Depuis une certaine soirée télévisée , les détracteurs de Guy Béart se gargarisent des éléments de langage gainsbarriens, sur l’art mineur et les blaireaux. Et le plus souvent leur connaissance de l’œuvre de Béart commence et s’arrête à L’eau vive,  ça reviendrait à réduire Brassens à La cane de Jeanne. Ou Leny Escudero à Pour une amourette…

Guy Béart est une sorte de chroniqueur du temps qui passe, et un mélodiste de talent, assez proche de Moustaki et pour les amis de la guitare, il y a de quoi se régaler.

Quelques exemples de chansons qui sont un peu plus que de l’art mineur.

La chabraque 1970  (Marcel Aymé/G Béart)

Les tristes noces

En marchant

Chanson pour ma vieille

C’est après que ça se passe…

Où est la fenêtre …

Couleurs vous êtes des larmes

Pierrot la tendresse

Et clin d’oeil à Juliette qui a beaucoup chanté Béart
(Texte Raymond Queneau Musique G Béart )

Et on peut noter qu’il n’est pas rancunier, c’est ça la classe !

Et la plus belle déclaration d’amour, universelle, transgenre, parfaite !

Pour rappel, lire –>   Béart, Ferré, Brassens, Gainsbourg, tous des ratés des arts majeurs…

Norbert Gabriel

 

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