Monsieur le Président,

31 Mai

Je vous fais cette lettre, que vous lirez certainement, en président conscient des enjeux culturels qui sont partie prenante dans les débats de société qui agitent la France depuis quelques mois.(…)

Pour la suite, suivez le facteur,  et clic sur le vélocycle.

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Auvergne-Québec avec Richard Trépanier

17 Avr

Photos Danièle Sala

L’association Auvergne Québec / Francophonie, membre actif de la fédération France-Québec, qui a pour but de développer l’amitié et les liens entre les deux pays, multiplie les projets de rapprochement, échange de jeunes dans le cadre de l’inter-municipalités, participation d’un jeune dessinateur de BD sélectionné par Auvergne-Québec au concours des Franco-bulles, un prix littéraire, et la fameuse dictée francophone, les lauréats auvergnats ont été récompensés ce samedi 7 avril après-midi, après l’assemblée générale qui s’est tenue à la salle des fêtes de Saint-Hippolyte, sous la présidence d’Edith André :

Nos racines communes induisent une solidarité spécifique avec le peuple québécois. Forts d’une langue en partage, de valeurs communes et d’approches similaires, Français et Québécois sont au coude à coude pour répondre aux défis actuels, en particulier la diversité culturelle.

Et pour la seconde année consécutive, c’est le chansonnier québécois Richard Trépanier qui est venu nous enchanter de ses propres chansons, de quelques unes des plus belles chansons québécoises, répertoire mêlé de chansons françaises. C’est avec celle d’Yves Duteil qu’il commence son tour de chant : La langue de chez nous.

Elle a jeté des ponts par-dessus l’Atlantique /  Elle a quitté son nid pour un autre terroir / Et comme une hirondelle au printemps des musiques /  Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs.

Répertoire masculin franco-québecois,  où Félix Leclerc revient plusieurs fois, avec l’Hymne au printemps :

Les bourgeons sortent de la mort  /  Papillons ont des manteaux d’or / Près du ruisseau sont alignées les fées / Et les crapauds chantent la liberté.

La complainte d’un phoque en Alaska, Moi mes souliers, Le petit bonheur,  etc. .. Mais aussi Jean-Pierre Ferland, Gilles Vigneault, Robert Charlebois, Raymond Lévesque, Claude Léveillée et d’autres, moins connus, comme Claude Gauthier Le grand six pieds :

Je suis de nationalité canadienne-française / Et ces billots j’ les ai coupés / À la sueur de mes deux pieds / Dans la terre glaise / Et voulez-vous pas m’embêter / Avec vos mesures à l’anglaise.

Ou Georges Dor. Jacques Michel : Amène-toi chez-nous : Amène-toi chez nous / La vérité m’échappe / Je saurais t’écouter / Je ne sais pas grand-chose / Mais peut-être qu’à mille / Nous saurons la trouver.

Ou encore Tex Lecor, avec cette chanson qui exprime le mal de vivre des ruraux qui sont obligés d’aller à la ville pour travailler : Le frigidaire,

J’suis naufragé en ville chez une bande d’inconnus  / Rosalie t’es tranquille, pis tu chantonnes même plus / J’travaille pour pas grand chose, on vieillit comme des fleurs / Nos seuls bouquets de roses, c’est les lettres du facteur.

Et une chanson traditionnelle québécoise : Le rêve du diable : Le réel du sirop d’érable, accompagné par la présidente de Berry-Québec, Michèle Blayac sur la «  planche à pied », planche qui vient de loin dans la musique traditionnelle de l’Amérique francophone,  sur laquelle on tape du pied pour rythmer les chansons, on appelle ça aujourd’hui la podorythmie, un peu ce que Thierry Chazelle a transformé en «  tapadonf » perfectionné. Michèle Blayac qui nous a raconté l’histoire de cette planche de bois, et quand les anglais interdisaient aux québécois d’aller danser dans les rues, ils restaient assis chez eux, fenêtres ouvertes, et faisaient un boucan d’enfer avec leurs pieds sur cette planche.

Entre deux interprétations de chanteurs québécois, ou français, La Bohème d’Aznavour, ou même Que je t’aime de Johnny Hallyday, Richard Trépanier nous chante aussi ses chansons à lui avec sa guitare, son harmonica, sa voix harmonieuse, et une diction parfaite, en nous racontant ses débuts dans les années 80, dans les boites à chansons, comme Les 2 Pierrots ou Le bistrot à Jojo à Montréal, et les quelques 7000 kilomètres qu’il parcourt de ville en ville chaque printemps en France. Chansons réunies dans un album : Le passage de l’an 2000.

Chansons inspirées par le Québec : De l’Anse St-Jean à Dolbeau / De Tadoussac à Gateneau / J’ai promené mes chansons / De ville en ville / Dans les bars et les bistrots / En passant par les Deux Pierrots / J’ai traîné ma guitare / Jusqu’aux îles.

Par l’amitié : De passage, à mon ami Jean-François : Toi t’as tellement les idées claires / Ce qui te sauvera c’est ta foi / Continue de te battre mon frère / Tu verras tu y arriveras / Continue de lutter mon frère / On sera tous derrière toi.

L’amour : Tout cet amour qui dort tranquille / A vivre chacun sur une île / Balayée par les grands vents / Les relations sont bien fragiles / La vie de couple pas toujours facile / L’amour comme la vie, ça s’apprend.

La nature : Le cri de la terre : La terre finira par pleurer / Les larmes de ses pôles dégelés / Et inondera l’humanité / Il sera trop tard d’y penser / La chance ne sera pas de notre côté / Comme l’avait eu le père Noé.

La solitude : Seul dans la ville : Et on court tous les jours / Sans trop savoir pourquoi / On se perd on se cache / Chacun au fond de soi.

Les saisons de la vie : Et puis la vie suivra son cours / En emportant jour après jour / Ces beaux moments qu’on voit s’enfuir…

L’inquiétude face aux violences du monde d’aujourd’hui et à la puissance de l’argent : Le passager de l’an 2000 : Y’a que l’argent qui compte aujourd’hui / Sur cette boule engourdie / Faudrait réinventer la vie / Faudrait recommencer la vie…

Tout le monde a repris les refrains en choeur, un après-midi chaleureux et amical, où nous avons dégusté des produits québécois, et je suis repartie avec les deux albums de Richard Trépanier, Le passager de l’an 2000, et Le Québec en chansons.

L’association Auvergne-Québec a invité Geneviève Morissette, qui sera au théâtre de Châtel-Guyon les 15 et 16 juin prochains, et Diane Tell le 11 juillet et Richard Trépanier sera à l’Arthé café le 24 mai à 20 h 30.

 

Danièle Sala

https://fr-fr.facebook.com/public/Richard-Trépanier

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http://arthe-cafe.com/

Et pour quelques images de plus …

 

 

   

 

 

Crimson Glory, ou la Bouteille, l’écume et les siècles… de Jérémie Bossone.

16 Avr

Photo NGabriel

Jérémie Bossone est un auteur qui met de la musique sur ses mots quand il chante, et des couleurs qui peuvent rappeler Goya, Munch ou Van Gogh dans ses fresques littéraires aux personnages brechtiens. Des histoires à la Romain Gary-Emile Ajar, celles des desperados qui ont l’âme slave et toutes les folies qui vont avec. Celles et ceux qui ont nourri Crimson Glory.
Avec les désaxés magnifiques, Don Quichotte ou Cyrano, les bourlingueurs de Conrad, ou Stevenson, et d’Artagnan en chef de bande. Des guetteurs de miracles qui n’arrivent jamais, mais c’est pas une raison pour ne pas y croire. Dans la chasse au trésor, l’important, c’est la chasse plus que le trésor.

D’autres professent comme les irlandais que la réalité est une hallucination provoquée par le manque d’alcool … Dostoïeski et Bukowski ne sont pas loin dans ses quêtes métaphysiques bien arrosées de tous les alcools de la vie d’artiste borderline… Mais c’est pas dans les rails formatés qu’on peut trouver les chemins des rêves les plus échevelés… On rêve pas petit bras chez Bossone, on voyage dans des mondes en abolissant les barrières du temps… Comme dans son livre Crimson Glory, moitié roman, moitié autobiographie, moitié pédagogie de la vie saltimbanque. Ne chicanons pas sur le nombre des moitiés, quand on aime on ne compte pas.

Avec Crimson Glory, (ou la Bouteille, l’écume et les siècles..) le lecteur gourmand d’éclectisme va trouver de quoi se régaler de tous ses fantasmes littéraires, les histoires entrecroisées du pirate Sean Fountain, et son trésor, les aventures et mésaventures d’un chanteur maudit qui n’a même pas l’idée de mourir à 27 ans comme tout héros pop rock qui se respecte, et les chemins tortueux des sentiers de la gloire fuyante du showbizness. Et qui a eu comme projet, je cite,

 Moi je veux être grand, retrouver la taille cosmique de l’enfance, embrasser sa mythologie, boire à ses constellations. Etoiles, je monte vers vous ! Le panache au cœur, le sourire aux lèvres ! Je suis baroque! Ô camarades, je veux briller pour vous comme j’aimerais vous voir briller pour moi. Tous pour un et un pour tous ! Chaque être humain devrait brûler comme un soleil ! Je veux bien soumettre l’idée aux hommes mais je n’imposerai rien. Le mouvement doit venir de soi.

Il me semble entendre quelques approbations de Brel, Ferré, Higelin, et de sa « marraine » Anne Sylvestre… Ecrire pour ne pas mourir ?

 J’écris. Or ce qui prime en écriture, c’est la puissance ludique, c’est ce plaisir du jeu que nous procure l’agencement des images et des sonorités. Sans lui nulle catharsis, et les émotions retombent comme des baudruches dégonflées.

Et pour cela,

Dès que la musique fait son entrée dans l’arène, c’est vers elle que j’avance. J’oublie tout le reste : les enfants qui meurent de faim en Somalie, les enculés qui nous gouvernent aux quatre coins du monde,  la Camarde qui agite sa faux dans mon dos… J’oublie tout ça.

Et Sean Fountain dans tout ça ? Sean Fountain est un voyage, un mythomane de génie, la mythomanie est son oxygène…
« Je jongle avec ma vie. N’ayant rien appris d’autre, je n’ai aucun regret.»  C’est Sean qui a écrit ça, mais son art du jonglage n’est pas resté lettre morte, si vous voyez à qui je pense.  Et si vous ne voyez pas, allez toutes affaires cessantes Côté Cour, chez LamaO Editions, Crimson Glory est  disponible. (Sortie officielle le 27 Avril dans toutes les librairies de bon goût)

Clic sur la couv’ –>

Et en bonus,  les 50 premières commandes seront dédicacées par Jérémie !

 

 

 

 

Norbert Gabriel

Avertissement: c’est le genre de livre que j’ai ouvert 5 mn après l’avoir eu en main, grâce auquel j’ai raté deux correspondances, et pas lâché de la nuit…  Malgré les cris de mon chat abandonné sans croquettes…

La première guitare d’Higelin…

15 Avr

Guitare  Antoine Di Mauro, sur le modèle Chorus 1940 de son père Joseph Di Mauro. Bouche en coeur, chevalet court, et cordier « Selmer ». (Ne pas confondre avec les guitares faites par Joseph Di Mauro fils, le frère cadet d’Antoine)

C’est une guitare du luthier Antoine Di Mauro, deuxième fils de Joseph Di Mauro, un des luthiers d’origine italienne qui a suivi les traces de Mario Maccaferri, l’inventeur de  la guitare qui a donné un élan décisif au jazz français, avec le Quintette du Hot Club de France, et ses deux héros, Django Reinhardt et Stéphane Grappelli. (Par ordre alphabétique)

En 1959, Henri Crolla se rend sur le tournage d’un film dont il doit faire la musique, entre autres pour une chanson écrite par Prévert, chantée Marie Laforêt dans le film.  Là il rencontre un jeune comédien, Jacques Higelin, qui a quelques notions de guitare, sans plus… La sympathie est immédiate, et après le tournage Jacques s’installe chez les Crolla. Quelques mois décisifs dans la vie et la carrière du jeune homme qui va s’orienter vers la chanson sur les conseils amicaux de Crolla, son père spirituel… Les leçons de musique et de guitare  vont provoquer la rencontre avec Moustaki, en 62-63, Moustaki croise ce jeune musicien et  sa guitare..  « Mais tu joues comme Crolla…  »  et Jacques accompagnera Jo en scène plusieurs mois, ici, c’est pour la télévision..

 

Cette guitare a une histoire assez extraordinaire.  Dans les années 68-70, Higelin vit plus ou moins dans un fourgon-camping car sommaire, et un jour, le fourgon est cambriolé, et la guitare volée. Quelques années plus tard, dans une des aventures voyageuses avec Saravah, il est attendu en Provence dans un village à moitié abandonné, où la petite troupe occupe (ou squatte? ) une ancienne ferme…  Et en arrivant dans le hameau, sur une espèce de bric à brac décharge, il voit une guitare, sa guitare…   Qu’il identifiera sans équivoque, grâce à un bricolage qu’il avait fait pour réparer une des mécaniques endommagée. La guitare n’a pas trop souffert de ces péripéties, la mécanique remplacée, elle est restée dans l’état, telle qu’on peut la voir dans le film sur Henri Crolla réalisé par Nino Bizzari   pour la RAÏ Uno en 2002. Une séquence rencontre avec Patrick Saussois chez Colette Crolla montre entre autres, Higelin  faisant la pompe manouche quand Saussois joue  « Sweet Georgia Brown ». Ce  que dit Patrick Saussois dans la discussion,

« La guitare de Crolla, c’est une guitare qui chante, qui raconte des histoires..  avec simplicité, sensibilité, subtilité..  Sous une apparente facilité on constate ensuite que c’est très fin et très abouti. «  »

Jacques Higelin raconte ensuite un souvenir quand Henri lui expliquait comment il avait rencontré un noir américain qui lui avait joué un blues d’anthologie sur 3 notes…  C’était ça les leçons de musique de Crolla, pas d’esbrouffe, pas de clinquant, mais une épure qui va l’essentiel de l’âme de la musique.

Dans ces extraits ci dessous,  quelques moments de rencontres induites par Crolla, et des notes de musique, celle de la guitare d’Henri Crolla…

Extraits du film, tourné en 2022 pour un format initial de 51 mn, et au final ce fut 90 mn.

 

Début chez Colette,

 

Le bonheur est pour demain (avec Jo  et la voix de Crolla )

 

 Pour en savoir plus sur Crolla si ça vous dit, la fiche wiki est assez complète et vérifiée, malgré l’avertissement qui dit que cet article ne cite pas ses sources. En effet Wiki se réfère aux sources écrites, et publiées, or la majorité de ce qui est dans cette fiche vient de rencontres -enregistrées-  avec les témoins vivants entre 1995 et 2002. Il est arrivé qu’une bonne partie de cette fiche ait été reprise sur des sites divers, parfois avec des erreurs, lesquelles erreurs deviennent des « références » ensuite …  Ubuesque… Je certifie donc les données de cette fiche, ayant réalisé et conservé tous les enregistrements, et ayant été avec Sophie-Louve Tournel, assistant-documentariste-régisseur-intendant-entremetteur  sur ce film …

Wiki c’est là,clic sur la guitare –>

 

 

 

Norbert Gabriel

Et pour finir, une vidéo des héros de cette histoire,

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Des gens et des fleurs pour Higelin..

13 Avr

La grande presse vous aura probablement montré toutes les personnalités, c’est bien, il y avait presque tous les amis, mais aussi une foule dont Brassens aurait dit, « des funérailles pas nationales, non mais presque… »  et ça chantait avec des ribambelles de fleurs..

La petite presse buissonnière vous propose deux panneaux, des gens et des fleurs…  Salut Jacques…

(Il est possible d’agrandir chaque photo en cliquant dessus)

 

Le blog du Doigt dans l’Oeil

12 Avril 2018

Hommage à Jacques Higelin

12 Avr

Prenez note, ça vaut le coup … 

 

 

 

Plateaux Deuchansons avec Frédéric Bobin

10 Avr

Frédéric Bobin Archives NG

Une parenthèse amicale entre deux dates de concerts, c’est ce que nous a proposé Monique Monier Civiale, avec Michel Lagarde, deux de la bande des quatre : FormAt Quatre à Romagnat, ce samedi soir 7 avril, voisins, amis, et un invité prestigieux, qui n’est pas fait prier, car il a une tendresse particulière pour le Puy-de-Dôme,  ici on dit notre Frédéric ! Frédéric Bobin. Un peu intimidée, oserais-je aller vers lui ? C’est qu’il a fait l’Olympia depuis notre dernière rencontre ! Mais à son sourire avenant et complice, j’ai vite compris qu’il n’avait pas changé, c’est toujours notre Frédéric, aussi à l’aise sur une grande scène que dans ces soirées plus intimistes où les regards croisés avec l’entourage impliquent une présence, une mise à nue plus périlleuse.

Michel nous explique le concept de ses soirées, plusieurs associations organisent ce genre de concert:

L’association « Chant’appart » a inauguré ce concept suivi par d’autres , par exemple : « Chantons sous les toits » ou « Chante jardins…. Il y a quelques années déjà que j’organise des concerts privés pour des chanteurs que j’aime bien . J’en ai réalisé chez moi ( c’était le premier) ou chez des amis . Mais depuis 3 ans , nous avons créé  une association qui gère le bar et l’accueil de la salle « la 2deuche « à Lempdes et cette même association a aussi pour mission d’organiser les concerts privés que j’organisais auparavant à titre personnel . Cette association s’appelle « Les A’tractions de la 2deuche » avec pour Président Michel Bouchet qui était présent ce samedi soir et, moi je suis chargé de l’organisation de ces concerts chez l’habitant ou dans des lieux qui n’ont pas forcément vocation à recevoir des artistes ( recherche des artistes et des accueillants et formalités administratives ainsi que l’aide financière et matériel si besoin). Monique était donc l’accueillante d’hier soir , mais elle avait déjà accueilli d’autres « Plateaux Deuchansons » auparavant . Nous n’avons pas de souci pour trouver des artistes… mais c’est difficile de trouver des personnes qui veuillent bien accueillir ! Nous avons reçu déjà pas mal de chanteurs (  Eric Frasiak , Véronique  Pestel , David Sire, Laurent Berger , Michel Boutet , Frédéric Bobin ) , certains sont déjà venus plusieurs fois . Nous en organisons au maximum 5 par année .

Photo Maryse Roy. 2018

Une quarantaine de personnes, un coin de séjour aménagé en scène, sur fond de rideau noir, et entre guitare folk, guitare électrique,  et boîte à rythmes, Frédéric Bobin, mince silhouette en jean et haut noir, et Jean-Claude Pagès, encore un de FormAt Quatre à la sono.

Et durant plus d’une heure, Frédéric Bobin nous régale des nouvelles chansons de son 5ème album : Les larmes d’or, qui marque encore une étape vers la perfection,  en osmose avec son frère Philippe, auteur des textes, cinq années de travail, un choix de 12 chansons parmi une quarantaine.

Des mots qui cognent à la porte des cœurs en exil, désillusions, bilan d’un  monde à la dérive, avec réalisme, mais toujours avec une lueur d’espoir au bout.

Des regrets, mais faut pas regretter quoi qu’il arrive la vie qu’on aurait pu vivre.

Des souvenirs qui reviennent sous forme de rêves, nostalgie de l’enfance  dans la maison de son grand-père : J’aime ce qui n’est plus / J’aime le temps perdu / Les blessures éternelles  que personne n’opère / Les parfums surannés / Les illusions fanées / Tout ce qui vit dans la maison de mon grand-père.

Photo Maryse Roy. 2018

L’adolescence en Super 8 :  Mon histoire défile / Comme un drôle de film / Je prends la fuite / En super 8.

Des histoires d’amours éphémères ou contrariés, La fiancée au destin tragique, La vie qu’on aurait pu vivre, ou Les étreintes intermittentes  qui ont des vertus envoûtantes.

Ironique avec légèreté, parfois désespéré mais avec élégance,  il trace des portraits qui nous ressemblent, qui amènent la réflexion,  qui réveillent en nous des images, des émotions, des portraits de héros fatigué, Le dernier voyage de Sindbad,  de héros du quotidien, comme Jimmy  qui patrouille dans la zone : Encore un soir qui tombe / Comme une chape de plomb / Aucun vol de colombe / Dans ce ciel de béton / Et comme une marionnette / Frêle silhouette /  Il y a Jimmy / Patrouille de nuit.

Une musique ne peut pas changer le monde, mais faire lever l’espoir dans le cœur des hommes de bonne volonté, cette Musique blessée, c’est la musique d’un monde qui bouillonne et qui gronde…Si tu l’entends o mon frère / Dans le silence de la mer / Soulève toi / O mon frère / Même si tu cries dans le désert.

Tant qu’il y aura des hommes /  Y aura des kamikazes / Et la loi du talion / Y aura de l’eau dans le gaz / Des gazelles et des lions.
Mais pour un géranium / Qui pousse dans les charniers / Tant qu’il y aura des hommes / On pourra espérer.

Chanson enregistrée en duo avec Kent, mais  s’il  l’ a chantée seul ce samedi soir, il n’a pas oublié de nous faire applaudir Kent, qui est une de ses influences musicales depuis longtemps. Et nous avons aussi applaudi  Philippe, le frère de Frédéric, auteur prolifique qui lui taille des paroles sur mesure.

L’espoir ? Il suffit d’ Une goutte d’eau pour se ressourcer : Quand tous mes rêves mercantiles / Me seront arrivés / Quand les lumières de la ville / M’auront aveuglé / J’irai retrouver mon enfance / Mon vieux traîneau / Je reviendrai boire à la source une goutte d’eau.

Le soir tombe, mais si il n’a pas changé le monde : C’est un homme / Qui transforme / Ses chagrins / En doux refrains…

Un album d’une qualité exceptionnelle, classe, sobre, épuré, qui creuse encore plus le sillon vers l’authenticité, la sincérité,  le plus en phase avec le Frédéric Bobin d’aujourd’hui. Ce sont les chansons qui ont choisi les musiques, dit il, et son cœur balance entre folk et rock, avec un retour vers l’acoustique pour cet album.  Je dirais folksong à la française, avec des influences à la Dylan, et même parfois d’Ennio Morricone.

Mais revenons à cette soirée de samedi. Après Les larmes d’or, on en voulait encore ! Et il y eut de nombreux rappels, à la carte, et des incontournables chansons des albums précédents. Des corps, Torrents de bière, Tatiana sur le périph, Singapour, Ce siècle avait deux ans, sans oublier La vieille ouvrière, sa ville natale Le Creusot. etc…

Avant de partager les diverses spécialités culinaires et boissons apportées par tous, tout en  continuant les échanges, et en remerciant chaleureusement Monique, et ses deux filles épatantes  pour leur accueil.

Encore une soirée mémorable, à renouveler absolument !

 

Danièle Sala

Pour visiter Formatquatre  clic sur le Puy-->

 

 

Et pour Frédéric Bobin, actionnez la machine –>

 

 

Nilda Fernández et Lorca

9 Avr

Je suis un souvenir qui marche

Et j’ai l’âme tatouée d’un chemin à n’arriver jamais.

Ces vers tirés d’un poème de Federico Garcia Lorca illustrent bien ce qui anime Nilda Fernández, un voyage sans fin dans les mondes humains et dans leurs histoires intimes, celles qui ne sont pas en vitrine, mais plutôt à l’intérieur quand on a poussé la porte d’entrée.

Aujourd’hui c’est plus la peine /De garder les yeux grands ouverts
Il vaut mieux que tu apprennes
A regarder sous tes paupières
..*

Sous la paix des étoiles
La terre n’est à personne
Je retourne au silence
Je reprends le chemin
Pour dire la ressemblance
De tous les êtres humains.*

Au cours de cette soirée dans le cirque Romanès, la première partie nous a emmenés avec ses propres chansons vers l’univers de Lorca, dont on va voir qu’il est présent en filigrane sans doute depuis Madrid Madrid..

La seconde partie est entièrement Lorca, dans une mise en scène qui fait revivre les ombres et les lumières du poète foudroyé, assassiné et entré dans l’éternité des baladins aux soleils flamboyants.

C’est l’Andalousie un peu sauvage de Séville et l’Andalousie sensuelle et mystérieuse de Grenade, un tableau bigarré de l’Espagne multiple, la Castillane sévère, l’Andalouse extravertie, ou la tolérante tolédane d’avant Isabelle la Catholique… Chacun peut y réinventer son Espagne, même sion ne comprend pas les mots, on en perçoit le sens … Grâce aux musiques composées par Nilda Fernández…  Et Federico Garcia Lorca renait comme un phénix dans toute sa splendeur.

Un spectacle de Nilda Fernández, c’est toujours une fête une folie joueuse et joyeuse, un chant majeur qui défie les fusils… Quelque chose comme

Un chant éternel venu du fond des âges,
Des baladins nomades  des tziganes
Des métèques flamboyants de soleils égyptiens
Des oiseaux de passage au regard étoilé
C’est la vie qui danse et renaît chaque matin. **

Photos N Gabriel 2018

Je suis de ces oiseaux migrateurs
Jongleurs musiciens saltimbanques
Qui inventent des musiques métissées de toutes les douleurs
Des chants de cœur battant
De cicatrices ouvertes
De ritournelles dansantes  bulles légères de champagne
Eclats de rêves et de vie   étincelles de bonheur
d’instants éparpillés gaiement le long du parcours… **

Il y avait les enfants de Délia et Alexandre Romanès, les musiciens, le guitariste andalou Dani Barba Moreno et l’argentin Andrés Izurieta (guitare, charango) et même un chat de passage…

En conclusion, et en salut, quelques mots en harmonie avec l’art de Nilda Fernández,

Une chanson, c’est populaire. Il faut toucher l’émotion pure et on ne l’atteint jamais par la force ni la démonstration, mais par l’abandon de soi, la confiance, l’approfondissement, en se laissant envahir, en cherchant à l’intérieur. (Jacques Higelin)

Norbert Gabriel

* Extraits Innu nikamu, et On t’a appris
**  Extraits Chanson métèque  Gilles Julian

La boutique de Nilda, c’est là –>

 

Et pour quelques images de plus,

 

Higelin…

6 Avr

Une chanson, c’est populaire. Il faut toucher l’émotion pure et on ne l’atteint jamais par la force ni la démonstration, mais par l’abandon de soi, la confiance, l’approfondissement, en se laissant envahir, en cherchant à l’intérieur.  (Jacques Higelin)

Photo DR.

 

En ce qui concerne la chanson, on sait à peu près que c’est Henri Crolla qui l’amené à la musique et la chanson.. Ils se sont rencontrés en 1959  sur le tournage de St Tropez Blues, dont Crolla a composé plusieurs musiques, c’est un coup de foudre immédiat, Higelin va habiter plusieurs mois chez les Crolla,  et au cours de l’été 60 ils sont deux des premiers rôles dans le film d’Henry Fabiani « Le bonheur est pour demain »…   Tournage qui se termine quelques jours avant la mort de Crolla, le 17 0ctobre. Depuis, Higelin a toujours été très présent auprès de Colette Crolla, jusqu’en mars 2015, et on peut penser qu’ils se retrouvent avec Colette et Henri quelque part dans un autre monde.

Pour quelques amis qui ont toujours été présents autour de Colette Crolla, un souvenir de cette soirée début Avril 2001, pour l’anniversaire de Colette, les amis se reconnaitront…

Photos de Martine Gatineau,  merci Martine… et aussi,

Ce soir-là, la salle était partagée avec une famille qui faisait un repas de mariage, avec Jacques Higelin en prime, je crois qu’ils en ont gardé un souvenir exceptionnel…

Norbert Gabriel

 

Léopoldine HH, premier prix Saravah…

5 Avr

Le premier prix Saravah a été décerné le 5 Avril 2018 à Léopoldine HH…   Pour rappel si vous avez raté ce qui s’est passé ces 40 dernières années dans le monde de la chanson, Pierre Barouh a créé ce label hors normes, en ce sens qu’il laissait une liberté de  création totale à ses invités.  Dans une sorte de labo où toutes les aventures étaient possibles…  Quand on a dans la mémoire les picaresques péripéties qui ont ponctué la vie de ce label, de  Jérôme Savary et son grand cirque des animaux tristes, au Kabaret de la dernière chance la maison accepte l’échec, et quelques autres mirifiques rencontres générées par la vertu des impondérables, donc, avec tout ça en filigrane, la finale de ce prix était assez prévisible, si on met dans l’équation:  les membres du jury, le goût du spectacle jouissif, et le talent de montrer en 3 chansons un éventail très séduisant de spectacle vivant, la lauréate était forcément , Léopoldine HH…

 

Et pour compléter, quelques mots de Pierre Barouh qui situent bien comment il voyait ce que peut être la chanson, c’était fin Septembre  2016,  avec les échos de ce qui a construit son univers de baladin éternel…

Je l’aime bien le vieux Léon

Que l’Auvergnat m’a présenté

 Il offrait son accordéon

 Aux folles complaintes à chanter

Et pour toujours dans mon pré vert

Les feuilles mortes narguent l’hiver

Elles réchauffent ma passion

 Des mots que j’offre à mes chansons

 Mes pensées se forment d’échos

 Si mon gout du temps du tango

 N’est pas aujourd’hui préféré

 Des belles indifférentes auprès

 De qui souvent je m’évadais

Avec des mots qui m’obsédaient…

 

Léopoldine HH est de cette famille, celle qui accepte, et propose à ses  amis, la poésie  la plus farfelue, l’art de raconter des histoires en 3 ou  4 minutes, la folie de la tendresse, et le talent de partager tout ça.

 

Norbert Gabriel

Deux associations ressuscitent la Foire aux Instruments de Musique de Cestas (33)

5 Avr

 

Un petit phœnix renait de ses cendres près de Bordeaux… Le weekend des 7 et 8 avril fêtera la résurrection de la célèbre Foire aux Instruments de Musique qui fit la renommée de Cestas durant les décennies 1990 et 2000, avant de s’éteindre il y a quelques années, laissant artisans et exposants d’instruments neufs ou d’occasion, artistes passionnés et musiciens amateurs, collectionneurs et concitoyens, le cœur un peu lourd de la disparation de ce rendez-vous annuel devenu une tradition, qui attira dans la petite commune girondine plusieurs milliers de personnes venues partager un moment festif, chaleureux et éclectique. Comme un cœur recommence à battre, le bourg de Cestas hébergera à nouveau cette année stands d’exposition/vente et ateliers participatifs de création, et résonnera, samedi et dimanche de 10h à 18h, au son des cuivres de fanfare et au gré d’une variété de musiques qui s’exprimeront à travers plusieurs concerts rythmant la manifestation ouverte à tous : Galen Hartley (Indie Flok) [ du groupe Transat, qui nous avait accordé un entretien https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2017/08/12/rencontre-avec-le-groupe-transat/%5D,  Titouan (Hip-Hop), Bignol Swing (Swing Manouche), Jean-Christophe Morel (Classique) et Golden Parachute (Ragga Folk). Depuis l’annonce de l’évènement, une excitation et un enthousiasme intenses agitent les esprits, tant l’évocation même de la Foire aux Instruments réveille les mémoires émues de ceux qui l’ont assidument fréquentée ou peut-être juste traversée, s’y sont acheté leur premier instrument ou y ont peut-être juste partagé un moment de vie culturel et convivial, mais aussi les fantasmes de plus jeunes qui n’en avaient qu’entendu parler. Emma et Mathias, respectivement membres de Les Z’arpètes et Musicalement Votre, les deux associations dont la collaboration a, de l’origine à l’horizon, initié et mené à bien le projet de réédition de la Foire, ont accepté de nous raconter cette émouvante aventure.

 

– Bonjour et merci de nous recevoir pour parler de la renaissance de cet évènement culturel et convivial, qui a fait la renommée de Cestas auprès des amateurs et passionnés de musique, avant de disparaitre il y a quelques années. Comment avez-vous décidé et mis en œuvre le projet de résurrection ?

– Mathias : La foire aux instruments est un projet né dans les années 90, grâce à l’association Musicalement Votre fondée au tout début des années 90. L’idée était de créer une brocante avec de l’originalité, c’est-à-dire des instruments de musique d’occasion originaux et aussi des concerts de musiques alternatives. La manifestation a extrêmement bien marché d’année en année, jusqu’à ramener plus de 4000 personnes sur un weekend et attirer des exposant qui venaient de partout en France, et même de Suisse ou d’autres pays. Et puis au cours des années 2000, l’association Musicalement Votre a compté de moins en moins de bénévoles, et la foire s’est arrêté à la fin de la décennie, pour laisser place à une brocante plus généraliste. Depuis 5 ans, il ne s’était plus rien passé. Or depuis 3-4 ans, l’association est dotée de nouveaux membres  qui essayent de relancer et réitérer l’évènement.  Parallèlement ça fait quelques années que nous avons des accointances avec l’association Les Z’arpètes qui organise des festivals, et qu’on s’aide mutuellement pour nos évènements respectifs, en nous échangeant ou prêtant des bénévoles. On avait le projet à terme de se lancer dans une coproduction et d’organiser quelque chose conjointement. C’est ce qu’on va faire avec cette foire aux instruments. Musicalement Votre bénéficie d’un soutien de la municipalité et dispose des locaux, de son expérience de la Foire et de fonds ; et Les Z’arpètes possèdent un savoir faire et une volonté de bien faire dans ses équipes, et beaucoup de bénévoles. S’allier nous permet donc de nous lancer sereinement pour créer un gros évènement.

– Emma : Nous, Les Z’arpètes, organisons un festival pluridisciplinaire et éclectique autour de la musique et des arts de rue, avec un village associatif et artisanal, depuis 15 ans maintenant, qui se tient à Villenave d’Ornon, sur la plaine de Courréjean, où a aussi lieu la fête de l’Huma. L’évènement est plutôt familial en journée et peut se poursuivre tard dans la nuit avec des concerts et un camping sur place. Nous organisons aussi d’autres soirées de concert, un tremplin pour nouveaux talents… Donc ça fait quelques années qu’on organise des concerts, et qu’on a acquis un savoir-faire rodé, avec l’habitude de travailler par domaines de compétence et par postes.

– Mathias : Alors sur un projet de telle envergure, c’est bien de pouvoir collaborer dans un nouveau cadre pour mener les choses à bien. Un mois avant la date de l’évènement, tout l’espace intérieur était déjà rempli, et bien qu’il reste des espaces à occuper dehors, c’est déjà une garantie de succès de l’évènement.  

 

– On sent beaucoup de cœur dans la manière dont le projet a été mené à bien. Y portiez-vous un investissement affectif particulier et pourquoi ?

– Mathias : C’est un évènement qui a pas mal marqué les mémoires, comme le confirme mon voisin de droit [NDLR : intervention de l’âne Spirou par un cri du cœur tonitruant]. Quand on parle aux gens de Cestas de l’association, ils pensent d’abord et d’avantage à cette Foire aux Instruments, qu’aux autres évènements organisés par l’association comme la Fête de la Musique. C’est ce qui reste dans la mémoire locale de Musicalement Votre ; donc on espère honorer cette mémoire. C’est une brocante qui se fait parfois dans les communes alentours, mais qui reste assez modeste avec une portée relative. A Cestas on voudrait vraiment recréer un gros évènement. Ce projet est né des souvenirs de tout un chacun, parce que la Foire aux Instruments de Cestas a rythmé notre adolescence, pour ceux qui baignaient dans la musique à cette époque. Il y a une petite étincelle dans l’œil de tous ceux qui l’ont connue avant et arpentée, et ça sert de source de motivation pour la remettre sur pieds. C’est une petite magie impalpable qui est là. Des multi-instrumentistes vont gérer un stand de dépôt-vente pour les particuliers, afin de pouvoir indiquer le prix le plus juste et gagnant-gagnant pour les vendeurs et les acheteurs. L’idée s’est détachée très vite que nous n’organisions pas cet évènement pour faire rentrer de la trésorerie ou faire du profit. Le but est de faire une belle manifestation riche, avec des exposants divers, qui ne soit pas non plus un investissement à perte pour eux, et grâce à laquelle ils puissent vendre des instruments, et au minimum nouer des contacts. C’est fait par des passionnés pour des passionnés, en espérant que ce sera vécu et ressenti comme tel par le public, les professionnels, les musiciens, les amateurs, les familles dont les enfants pourront fabriquer des instruments dans les ateliers.  

– Emma : Ce qui sera vraiment intéressant et qui distingue cette foire des autres brocantes, c’est toutes les animations qu’il va y avoir autour. Plusieurs concerts auront lieu : Galen Hartley, un concert de fanfare déambulatoire qui circulera dans le bourg pendant le marché du dimanche matin, un concert de musique classique et de musique traditionnelle irlandaise dans l’église avec Jean-Christophe Morel, un concert d’ouverture avec le groupe de Jazz Manouche Bignol Swing, un concert de Hip-Hop de Titouan, et un des Golden Parachute (Ragga/Folk) qui clôturera l’évènement, plus une scène ouverte où chacun pourra jouer et remuer les foules. En plus de ça, le collectif La Tente à Son animera des ateliers autour de la musique, et une équipe d’animateurs et animatrices passionné(e)s tiendront un village d’enfants où on apprendra la confection d’instruments de musique à partir d’objets de récupération : boites de conserves, tubes en carton de sopalins ou de rouleaux de cellophane, PVC, tongs… Donc nous appelons naturellement les participants à amener ce qu’ils ont sous la main pour cela. L’idée est de faciliter l’accès à la musique : ce sont des instruments qu’on va faire avec trois fois rien, trois bouts de ficelle et de la récup. Ca se tiendra de 10h à 18h samedi et dimanche.

 

– Qui pourra participer concrètement à la manifestation ?

-Mathias : Tout le monde peut venir ! Particuliers, professionnels, passionnés, collectionneurs… Il y aura une équipe de bénévoles qui va gérer un dépôt-vente, à qui ceux qui ont des instruments à vendre et pas forcément le temps de passer 48h sur les lieux pourront confier leurs objets. Toutes les démarches à effectuer sont numériques, via les liens et coordonnées indiqués sur la page facebook de l’évènement, ainsi que sur celles des deux associations, Les Z’arpètes et Musicalement Votre. L’avantage de la préinscription est de nous permettre que tout l’administratif soit prêt au moment de l’ouverture de la manifestation, ce qui évitera aux gens d’attendre 30mn pour déposer un kazou par exemple.  Sera également présent un disquaire qui est celui qui fait le festival Musicalarue à Luxey et possède un joli étal. Il y aura des vendeurs de cuivres, des luthiers instrumentistes qui vendent du matériel divers et varié, une fabricante d’enceintes de Gradignan, un fabriquant d’amplis venu de Dordogne, un collectionneur de guitares, deux luthiers d’instruments à cordes, dont un orienté dans la confection de guitare et un autre de violons, un fabriquant d’instruments médiévaux, un fabricants de Tongue et de Tore Drums qui sont des instruments de percussion qui produisent des sons très féériques,  des stands de petits et gros instruments variés, de la guimbarde au percussions en passant par les crapauds et les bâtons de pluie, des bols vibratoires, des flutes, etc… Effectivement les précédentes foires aux instruments n’étaient peut-être pas aussi diversifiées. Mais ça se tiendra dans le même lieu et occupera la même superficie. Il y aura aussi une tombola avec des lots divers et variés en lien avec la musique d’une part, et la plupart des commerçants de Cestas Bourg d’autre part.

 

– Comment a été accueilli votre projet de relancer cette foire d’une part par la commune et les résidents de Cestas, et d’autre part par les professionnels qui y participaient avant ?

-Mathias : Pour la mairie, c’est un projet culturel géré par les associations, donc dont elle n’a pas à sa soucier de l’organisation, et ça lui convient. Elle participe en mettant les locaux à disposition ainsi que du matériel technique, et ça fait vivre la commune, qui est un peu vieillissante, et excentrée, étant en dehors de la Communauté Urbaine de Bordeaux, donc pas forcément attractive pour des évènements culturels ou artistiques. Et du côté de l’association des commerçants, il existe un désir des commerçants du bourg de faire vivre la commune et que les gens puissent s’y retrouver dans la convivialité.

– Emma : D’autant que le dimanche matin a lieu le marché, et on espère créer un lien et de l’échange entre la foire aux instruments et le marché. La manifestation sera essentiellement diurne, avec bien sur des possibilités de restauration sur place.

– Mathias : Pour ce qui concerne les exposants qui avaient l’habitude de fréquenter cette foire avant, c’est nous qui les avons recontactés. Ceux qui étaient déjà présent lors des premières éditions ont été extrêmement contents de pouvoir revenir. Et puis la plupart de ceux qui n’avaient jamais pu venir, mais qui seront là cette année, avait entendu parler de la manifestation et de sa notoriété ; ils ont donc accepté vivement. Certains qui n’ont pas pu se libérer pour venir cette année sur ce créneau du calendrier se sont déjà placés pour les prochaines éditions. Pour l’anecdote, des artistes et un ancien bénévole de l’évènement, lorsqu’ils ont entendu parler de la renaissance de la chose, nous ont contactés pour pouvoir revendre du matériel via le dépôt-vente. La Foire est une fête locale, mais des instruments vont venir d’un peu partout dans la région, et de la France entière.

– Emma : Et puis l’évènement est spécialisé dans la vente d’instruments, alors que ces commerçants ou artisans tiennent souvent des stands dans des festivals, lieux où le public ne vient pas nécessairement dans le but d’acheter un instrument, où les festivaliers n’ont pas forcément envie de trainer avec eux un instrument tout le long d’une soirée. Là, la manifestation est dédiée à cela.

 

 

Miren Funke

 

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