Monsieur le Président,

31 Mai

Je vous fais cette lettre, que vous lirez certainement, en président conscient des enjeux culturels qui sont partie prenante dans les débats de société qui agitent la France depuis quelques mois.(…)

Pour la suite, suivez le facteur,  et clic sur le vélocycle.

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Le roi des ruines, Andoni Iturrioz…

22 Fév

Il y a quelques mois,  je découvrais « Le roi des ruines »…  L’album est sorti, et c’est un des grands albums de l’année…  Rien à ajouter à cette première chronique…

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Voici Andoni Iturrioz, un soir où il présentait de larges extraits de l’album à venir bientôt…
« La fin du monde en aquarelle » pourrait bien être le titre du spectacle  d’Andoni Iturrioz. C’est paradoxal, mais dans les tableaux menaçants d’une apocalypse dont les contours se dessinent de plus en plus précisément, les envolées  de cet imprécateur lyrique génèrent une force de vie envers et contre tout.  Peut-être que cette apocalypse est nécessaire pour remettre le monde en marche dans la bonne direction. Un autre sous-titre pourrait être, en filigrane « L’insolitude »… Cet état particulier de l’humain seul dans la foule,  cette foule bipolaire, qui protège, ou anesthésie? qui réduit à un fragment robotisé ? Dans un temps révolu -un ancien monde?-  Charlebois avait tatoué sur son bras Solidaritude, on y retrouve le solitaire embarqué dans l’humaine traversée et qui ne peut mettre des œillères pour ne voir que ce qui l’arrange…  Etre le roi des ruines, ou le gardien d’une oasis saharienne qui disparait sous le sable …  Sous le sable les oasis perdues ?  

C’est la palette de Vlaminck ou Goya qui suggère les décors des chansons d’Andoni Iturrioz. Les mots ont des couleurs de soleil couchant et d’incendie. Et on se prend à frémir  en pensant aux lointains parents qui se demandaient avec angoisse si le soleil couchant reviendrait le lendemain… On sait qu’il revient, mais si c’est pour éclairer Guernica My Laï ou Oradour, l’aquarelle de fin du monde est moins avenante. Par chez nous la couleur jaune devient dominante, comme le rire du prophète ?

C’était en 2014, prophétique n’est-ce pas?

 

Pour la sortie de l’album, « Le Roi des ruines »  le tam tam des étoiles nous informe que ça vient dans quelques jours ..  et en attendant

DIM., 15 SEPT. À 20:30  Nour et ses invités #3    BATEAU EL ALAMEIN · Paris

 

Un extrait de l’album à venir,

 

 

Le site  d’Andoni,  c’est là –>

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Norbert Gabriel

Scènes vivantes et plaisirs partagés, avec Nour et Cie ..

17 Fév

Au bon vieux temps de Trenet, on avait,

….du music-hall
On dira tout c’qu’on peut en dire
Mais ça restera toujours toujours l’école
Où l’on apprend à mieux voir,
Entendre, applaudir, à s’émouvoir
En s’fendant de larmes ou de rire.
Voilà pourquoi, la, do, mi, sol,
J’aim’rai toujours le music-hall

Pour les générations suivantes élevées à la TSF ou au transistor, il y eût les Discorama, puis les émissions de Foulquier, avec ces moments rares de rencontres inattendues, Juliette et Baloji, Thomas Dutronc et Tiken Jah Fakoly, et tant d’autres où les artistes se croisaient et réinventaient parfois leur art au gré de ces rendez-vous impromptus.

Il y a eu aussi les lundis de la Pépinière Opéra, dont on retrouve l’esprit avec les lundis chanson au Café Jazz Montparnasse:  un invité principal propose au public de découvrir des artistes qu’il aime. Et qu’il présente.
Récemment, en Janvier, Lise Martin avait réuni Nicolas Duclos, Nour, Valentin Vander, Alissa Wenz (ordre de passage en scène ) pour des séquences de deux chansons et un duo avec elle. Pour rappel, lire ICI

Et parcours logique après cette soirée exceptionnelle, c’était de suivre l’invitation de Nour  qui programme régulièrement des spectacles avec invités. Comme ce dimanche 16 Février, sur le bateau El Alamein, avec Automne Lajeat, Ben Herbert Larue, Katrin Wald’teufel (Cello Woman), Nicolas Duclos, Nicolas Jules, (ordre alphabétique) dans une formule où chaque invité-e a une chanson, accompagnée au piano par Nour, après une courte biographie de la meneuse de revue, dont nous dirons que la fantaisie est très réjouissante … Autant la bio que l’auteure. Puis un duo avec Nour, dans une de ses chansons. C’est du spectacle 100% vivant, avec tous les frissons inhérents à ce genre de funambulisme.

J’ai le corps et le cœur entier qui vibre encore de cette soirée d’hier soir!
À chaque fois je suis sur un fil, je ne sais jamais si mes doigts, ma tête vont réussir à se souvenir des chansons de chacun des invités, vu que j’ai souvent très peu de temps pour mettre en place et travailler les morceaux, le spectacle…

Et à chaque fois il y a quelque chose qui me dépasse, qui se passe, qui fait le funambule…
Je me sens remplie
. (Nour )

Pour faire un bref portrait de Nour, selon son école, je dirais que c’est une Shéhérazade dont la plume délurée et incisive décape sans complexe les choses de la vie, avec une voix de diva jazzy, , une sorte de Carmen aussi émancipée que celle de Mérimée, c’est la flamme et le feu, et j’en connais qui s’y brûleraient volontiers… Après cette présentation, des extraits musicaux s’imposent . Pour vérifier.

et ne nous privons pas de lumière ,

Suivez donc Nour la lumière clic  ici →

Après l’orage, ( ma préférence) vous pouvez écouter l’album..

et  voir quelques photos de plus,

 

That’s all folks et le spectacle continue !

Norbert Gabriel

Sortie du nouvel album de Julie Lagarrigue, « Amours Sorcières » : une planète de poésie

16 Fév

 

Le 21 février prochain, c’est le Rocher de Palmer à Cenon (33) qui accueillera le concert annonçant la sortie du nouvel album de Julie Lagarrigue (Julie et le Vélo qui Pleure), « Amours Sorcières ».

Le contenu n’en est plus vraiment secret, les chansons le composant ayant déjà depuis plusieurs mois promené leur âme au gré des scènes, dans l’étoffe d’arrangements sonores variant d’un concert à l’autre, et invité le public à laisser danser les émotions dans son cœur [lire ici]. On ne peut néanmoins qu’apprécier la qualité de l’enregistrement sonore, attendu impatiemment, qui fut réalisé par Patrick Lafrance et mastérisé par Alexis Bardinet au studio Globe Audio, et l’attention portée au sens du détail parsemé, qui, loin de disperser l’oreille pour la détourner de l’essentiel, verdoie avec délicatesse l’esthétique du champ musical d’où on écoute éclore les fleurs que l’imagination de Julie Lagarrigue a cultivées pour nous. Car, si, sous prétexte de thématiques variées, les chansons de l’artiste parlent avant tout de sentiments humains très intimes et d’amour (« Le vent du sud », « Doucement », « Le jardin manque d’eau »), d’introspection émotive (« Le beau de la forêt ») et de doutes psychiques entretenus par les rôles négatifs de nos propres consciences (« Qu’est-ce qui m’arrive ? »), la nature y est omniprésente et s’y exprime par des sons de la végétation et l’évocation des arbres (« Le jardin de la sorcière »). A en croire que l’amitié qui lie Julie Lagarrigue aux artistes Agnès et Joseph Doherty, et surtout leur immense passion pour le sujet, qui a enfanté leur spectacle « Au cœur de l’arbre », en tournée dans la France entière [ici], a débordé de leur œuvre pour s’immiscer dans l’univers de ce disque. Comment un spectacle qui change le regard d’inconnus ne pourrait-il pas atteindre celui des proches?

Avec le titre « Le vent du sud » qui ouvre l’album sur une couleur dépaysante aux accents cajuns, l’orientalité amenée par le jeu du oudiste Ziad ben Youssef, d’abord parcimonieusement dès le second morceau, pour revenir avec plus d’intensité sur d’autres titres (« Le jardin manque d’eau »), les références à la musique Charleston sautillant de notes en notes sur les cordes du banjo d’Anthony Martin  et s’écriant dans les chœurs aux engouements gospeliens et chamaniques (« Les bottes »), la déstabilisante percée de l’étrange angoissant, propre à terroriser s’il n’était pas empreint d’humour (« Qu’est-ce qui m’arrive ? ») et la légèreté chaloupée aux faux-airs de « Poil dans la main » de Jacques Higelin (« La vie les bonbons »), la Chanson Française de Julie Lagarrigue  s’amplifie d’horizons d’inspirations très éloignés, se décontracte, s’approfondit, puis se ravive tour à tour. Et il suffit de n’attendre que la quatrième plage pour entendre, comme ce fut souvent le cas lors des concerts de l’artiste, le spectre vocal de Barbara venir roder dans la douceur et l’élégance de son timbre et veiller d’une lumière familière sur l’interprétation de la chanson « Dis le moi ». Si des émotions profondes, parfois tristes, mais toujours belles, envahissent l’espace d’une composition, l’humour espiègle sait surgir de la chanson qu’on imagine autobiographique « Mon mec est un scientifique », et on y mesure combien un regard littéraire et artistique doit être créateur pour voir la poésie du scientifique. Et comme un rappel du gout que l’artiste nourri pour la différence, qui lui fit au cours des derniers mois habiller ses compositions sur scène avec des arrangements et des instrumentalisations changeants, on retrouve sur l’album deux versions de la chanson « Le beau de la forêt » qui lui dessinent un feuillage et en esquissent un visage différent. Mais plutôt que de penser que Julie Lagarrigue n’a pu choisir entre les deux versions, l’ouïe attentive comprendra les raisons évidentes pour lesquelles elle a choisi les deux.

Seul bémol, on regrettera cependant… Non, je plaisante! On ne regrettera rien, rien de rien, et surtout pas d’avoir glissé nos pas dans l’univers de cette artiste qui sait planter du cœur en quelques notes, avec des mots et de la grâce, pour offrir un nouvel album qui sera une petite planète de poésie.

 

Miren Funke

photos : Miren

 

Le vélo qui pleure  –> c’est   ici

 

Natasha Bezriche : lumière noire Rouge Ferré et vie d’artiste… et Dames brunes..

14 Fév

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Natasha Bezriche sera au Théâtre Clavel

le 8 mars 2020
pour Dames brunes, chansons de Barbara

Première d’une série, cette chronique de spectacle est de 2013, mais elle reste valable autant pour ce qui est des artistes de scènes, des interprètes, et des femmes qui chantent.

David Desreumaux  Hexagone

La vie d’artiste, c’est souvent ombre et lumière. Et la lumière est d’autant plus belle quand l’ombre est profonde. Avant d’arriver sous les projecteurs, il y a un long parcours, et les aléas de la vie quotidienne. Lorsque Natasha Bezriche a commencé avec Les anarchistes, il est apparu qu’elle n’était pas au top de sa forme vocale. Mais dès la troisième chanson, sur un tempo plus lent, plus mesuré, elle reprend le contrôle de son art avec maestria. Avec le talent et le métier d’une comédienne qui sait faire passer l’émotion vers le public pour l’embarquer dans les multiples chapitres de l’oeuvre de Ferré (car sans travail le talent n’est qu’une sale manie, disait Brassens).

On saura à la fin du spectacle qu’un coup de froid dans une précédente soirée à 10° de température ambiante avait quelque peu engourdi les cordes vocales. C’est avec Ni dieu ni maître, commencé mezzo voce et terminé en plénitude vocale retrouvée, que Natasha Bezriche boucle ce tour de piste spécial Ferré. Dans lequel elle a alterné quelques unes des chansons les plus connues, et mis en avant des chansons moins choyées par les médias et top divers. Et c’est dans celles-ci qu’on prend le plus de plaisir, par la découverte, ou la redécouverte, par le soin d’une comédienne chanteuse qui fait vivre ces textes de l’intérieur.

Léo Ferré a toujours été bien servi par ses interprètes, depuis la plus fidèle, Catherine Sauvage, ce sont celles et ceux qui ont mis en spectacle ses chansons qui l’ont le mieux honoré. On ne peut pas en dire autant de quelques compilations opportunistes dans lesquelles certains invités ont fait un passage très facultatif. Avec Natasha Bezriche, c’est une approche à la fois puissante et sensible… L’affiche rouge, pour la mémoire,  une Jolie môme qui a peut-être eu Vingt ans au Quartier latin, et qui fredonnait le Pacific blues, d’un petit soldat perdu dans une guerre lointaine, Est-ce ainsi que les hommes vivent, Tziganes sans frontières dans cette Lumière noire, mais quoi qu’il en soit, Ni dieu ni maître !

C’était au Vingtième Théâtre, lundi 16 décembre, à Paris. Pour quelques extraits musicaux de ce spectacle dont il existe un album, enregistré en concert, et les dates à venir,

Voyez le site de Natasha Bezriche.

Et pour réserver c’est là: https://www.theatre-clavel.com/index.asp#r1

En bonus, une chronique album signée de David Desreumaux en 2015 dans Hexagone.

Et pour quelques images de plus ,

 

Norbert Gabriel

Alliance, avec Liz Cherhal chez Pension Thénardier…

13 Fév

Photos©NGabriel2020

Eblouissante Liz Cherhal, dans le spectacle bi-lingue (Chant-signes) Alliance, chanteuse auteure paroles et musique, danseuse, meneuse de revue, elle nous a embarqués dans un opéra-pop-rock de mots de gestes et d’envolées musicales à faire exploser la Pension Thénardier qui l’accueillait avec ses partenaires,  Morvan Prat (guitare, violoncelle, machines), Christophe Piot (batterie, clavier), Cyrille Gérard (danse, langue des signes). Mise en scène de Néry Catineau.

Quand on a peu -ou beaucoup- suivi sa route baladine, et ses différents spectacles, on finit par se demander si elles ne sont pas plusieurs à l’intérieur, et ça ressort en éruption volcanique dans Alliance.

On l’a connue naguère en demoiselle Ronchonchon, la voici en puncheuse amoureuse de la vie, résolue à ne jamais céder aux vents contraires, quoi qu’il arrive. Cette sauvage est une battante,

Je suis un drame je suis la maison
Je suis une larme je change de prison
Je suis parole au fond du placard
Je suis symbole mais sans le vouloir
*
Je suis entière, je suis vibrante
Je respire je vis
Je vais toutes sirènes hurlantes
et je crie à l’envie.
*
Je suis entière, je suis vibrante..

On évoque parfois « la petite musique intime » des artistes qui dupliquent ad libitum les mêmes thèmes comme un copié-collé d’une même création originale.
D’autres remettent sans cesse sur le métier leur ouvrage, avec l’ambition d’explorer d’autres horizons… Ou de casser leur image ? Pourquoi pas ? Ou d’en faire une lumière diffractée par un prisme qui réinvente leur art. C’est l’aventure du funambule qui avance sur le fil en ayant abandonné le balancier et les sécurités rassurantes. C’est le choix de Cyrano dans son éloge de ce chevalier illuminé qui s’attaque aux moulins à vent dont les grandes ailes peuvent l’envoyer dans la boue … ou dans les étoiles. Et Liz fait un grand saut dans les étoiles .

C’est un spectacle multiple, la traduction en « chant-signe » donne des chorégraphies d’un modernisme fascinant, avec des musiques qui sonnent parfois comme des tocsins, à l’amour, à la vie. Merci Liz Cherhal donner envie.

A tous ceux qui ne refont pas leur vie,
mais qui par une nouvelle alliance la continuent.

NB: Une autre bonne raison d’avoir l’album Alliance, c’est la dernière page du livret, mais je ne dirai rien de plus, à vous de voir ce qu’il en est . Il n’aura échappé  à personne que Morvan Prat est un partenaire privilégié dans cette Alliance …

Et pour quelques images de plus, à la Pension Thénardier le 11 Février 2020,

Photos©NGabriel2020

 

Suivez Liz et son Alliance clic ici–>

Vous y trouverez entre autres un blog sur la vie d’artiste absolument jubilatoire… Et on se dit que Liz Cherhal est la super bonne copine dont on rêve… Au risque d’en tomber amoureux … Et quand vous aurez lu la relation du concert à Etampes avec des panneaux roulants sur une scène en pente, vous verrez que Raymond Devos aurait pu avoir une fille nommée Liz Cherhal.

*L’opéra occidental est né en Italie à Florence au XVIIe siècle. Parmi les ancêtres de l’opéra figurent les madrigaux italiens, qui mirent en musique des situations avec des dialogues mais sans jeu de scène.
Les mascarades, les ballets de cour, les intermezzi, ainsi que d’autres spectacles de cour de la Renaissance, faisant intervenir des figurants, de la musique et de la danse…   Opéra pop rock correspond bien à cette Alliance.

Norbert Gabriel

BELFOUR

11 Fév

Photo©FabienGarou

Il est rare, voire rarissime de présenter dans ce Blog Collectif des artistes « pas vus en scène » mais il se dit qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’idées… C’est possible, même si ce n’est une garantie absolue … et puis, il y a ces  extraits de spectacle,  ça suffit pour avoir envie…

Live à la Coopérative de Mai : 

 

 

 

 

Actualités Présélection FAIR 2020, compilation de la Fédération des Festivals de Chanson Francophone, sortie du premier clip en novembre 2020…

Une quarantaine de concerts en 2018,2019 avec Gaëtan Roussel, Benjamin Biolay, Bertrand Cantat, Eiffel, Les Hurlements d’Léo, Collectif 13… 

En 2019, ils ont joué au Printemps de Bourges, au MAMA Festival (Paris),   à L’Estival (Saint Germain en Laye)…

Actualités Présélection FAIR 2020, compilation de la Fédération des Festivals de Chanson Francophone, sortie du premier clip en novembre 2020…

Une quarantaine de concerts en 2018,2019 avec Gaêtan Roussel, Benjamin Biolay, Bertrand Cantat, Eiffel, Les Hurlements d’Léo, Collectif 13… 

En 2019, ils ont joué au Printemps de Bourges, au MAMA Festival (Paris), à L’Estival (Saint Germain en Laye)…

 

Leur vie d’artiste sur FB c’est là-> 
That’s all folks !

Norbert Gabriel

Concert de sortie de « L’intégrale » de Strychnine, réédition des deux premiers albums : entretien avec les membres du groupe

10 Fév

 

Vendredi 31 janvier, le Théâtre Barbey à Bordeaux se remplissait complètement pour un concert, aux parfums de festival, qui devait marquer la sortie plus qu’attendue de « L’intégrale », la réédition des deux premiers album du groupe Strychnine, « Jeux cruels » et « Je veux », plus de quatre décennies après leur sortie originale. Le temps consacré à l’aboutissement de ce projet ancien, la qualité du travail accompli, l’investissement personnel de plusieurs proches et la mobilisation enthousiaste du public bordelais massivement présent ce soir là, témoignent incontestablement de l’importance de l’évènement et de l’affection fidèle que Strychnine a su fédérer autour de sa musique et de ses premiers pas, pionniers à leur façon, qui amorçaient, à la fin des années 70, l’éclosion de la scène Punk en France, et à sa suite l’aventure du Rock alternatif français. Rien d’étonnant donc à ce que le groupe ait aussi choisit de manifester son attachement à la défense du Rock en Français, en demandant aux groupes King Kong Blues et Johnny Montreuil (dont l’harmoniciste Kik joue souvent avec Kick, chanteur de Strychnine) d’assurer les premières parties du concert. Si Strychnine, qui se sépara en 1982, est toujours resté une référence pour nombre d’artistes, le groupe s’est donné une seconde vie à partir de 2008, où le chanteur et guitariste Kick (Christian Lissarague) et le batteur Boubou (Jean Claude Bourchenin) l’ont reformé, avec le guitariste Luc Robène (Noir Désir, Kick and Ze6), qui par ailleurs a initié et pilote avec Solveig Serre le projet de recherche et d’archivage de l’histoire du Punk en France, PIND [lire ici]. La reformation avait alors donné naissance à un album de nouvelles compositions, « Tous les cris », dont certains morceaux ont aussi été joués vendredi soir, à travers les anciens titres du groupe. Des sourires irrésistibles, des mémoires qui se ravivent, le bonheur de retrouver le sentiment d’urgence à vivre l’instant présent, la sincérité des interprétations, et un concert aux allures de retrouvailles entre copains, nombre d’autres artistes ayant répondu aux invitations du groupe à venir jouer ou chanter avec lui, donnèrent à la soirée une énergie authentique, tant sur le plan musical qu’humain. On retrouva sur scène aux côtés de Strychnine, Bebert (bassiste des groupes Stalag et Standards), qui avait mis en œuvre et conduit le projet de l’album collectif de reprises des chansons de Philippe Jolly auquel Strychnine avait participé, et dont la sortie fut célébrée dans ce même Théâtre Barbey [Lire ici], François (chanteur des Bérurier Noir), Stéphane Zena (bassiste de Parabellum), Arno Futur (chanteur des Sales Majestés), Philippe Messina (du groupe OTH), Thierry Tuborg (chanteur de Stalag), et Denis Barthe (batteur de Noir Désir, The Hyènes, Moutain Men et The Very Big Small Orchestra), accompagné de son complice Olivier Mathios, bassiste des même groupes [ici]. Certains retrouvèrent leur quinze ans, et parfois des amis de leurs quinze ans ou presque perdus de vue depuis (spéciale dédicace pour toi Karine), d’autres le souvenir vivace de proches disparus -et nul doute que les artistes eux-mêmes en avaient présents dans leurs pensées, parmi lesquels Schultz et Sven, ami proche de Kick, du groupe Parabellum, ou Philippe Jolly des Standards, et d’autres compagnons de route-, les plus jeunes enfin, l’extraordinaire chance d’entendre sur scène des artistes et des chansons qu’ils n’avaient peut-être jusque là connus qu’en les écoutant sur des disques et sans avoir pu les applaudir à l’époque où leurs  formations respectives existaient. Mais quelles que fut la condition privée de chacun, une évidence s’impose : le concert fut un de ces moments vrais, où des sentiments très honnêtes et profonds envahissent le cœur. Authentique.

Quelques heures avant le concert, nous retrouvions les trois membres du groupe pour parler de l’élaboration de cette double réédition, de l’histoire de Strychnine et de l’implication et du dévouement des personnes qui l’ont accompagnée.

 

– Bonjour et merci de nous accorder un peu de temps. Vous avez tous les trois reformé Strychnine, il y a plus de dix ans maintenant, avec la sortie d’un album de nouvelles compositions, et le groupe s’était remis à la création. Aujourd’hui l’évènement est la sortie de cette double réédition des deux premiers albums du groupe, qui restent pour beaucoup des disques cultes. Pouvez-vous raconter comment le projet a été mené à bien?

– Kick : Il fallait la faire ; ça faisait très longtemps qu’on devait faire ce disque. C’est un très vieux projet. Et on voulait que le jour où on allait le faire, on fasse vraiment quelque chose de bien : remasteriser, retrouver le son du studio, faire une belle pochette. Et puis je tenais à ce que les deux albums soient réédités ensemble, car c’est l’histoire du groupe. Ces deux disques avaient été faits en un an à l’époque, puisque le premier est sorti en hiver 1979 et le deuxième en hiver 1980. Donc tous ces titres qu’on joue ce soir ont été pondus en un an. Et on n’avait même pas vingt ans de moyenne d’âge, pour te remettre dans le contexte. Ils étaient vraiment dans un jet ; ça a été un flux à un moment donné, où on a jeté un truc en l’espace de deux ans alors qu’on était très jeunes. Pour moi c’est vraiment la même histoire, et presque le même album, même s’il y a des différences. Un double album me semblait donc nécessaire. 

– Luc : En tous cas, c’est sûr que c’était un disque attendu. Je me souviens en avoir parlé avec Phiphi à Montpellier, et sa réaction, lorsque je lui ai dit qu’on rééditait les disques a été : « Ah! Enfin! ». C’était le cri du cœur et j’ai vraiment senti qu’il résumait à lui tout seul sans doute l’horizon d’attente des gens par rapport à ce disque. C’est un bel objet. Il y a plein de photos de grande qualité ; les tirages sont superbes. Le son est bien. On en est contents. Le tirage est de mille vinyles et mille Cd pour le moment. C’est quand même un investissement personnel. On a eu aussi une aide de Jean-Pierre Penaguin, qui a joué quasiment le rôle d’un producteur au sens économique du terme. Il a mis la main à la poche, et c’est quand même une chose importante dans l’histoire de Strychnine de souligner qu’il y a toujours eu des gens comme Jean-Pierre, qui ont été là pour apporter une aide. C’est lui qui avait les bandes du fameux Live à Brest qui a ressurgit et dont ils ont fait un disque, car c’est un fan de bandes pirates et qui a toujours aimé Strychnine. C’est donc une aide de longue durée. Et là, il a carrément participé financièrement à la production du disque, ce qui est quand même une preuve de gout et d’amitié, et de fidélité. Ici à Barbey, la jauge contient six cent cinquante places, et devrait être complète. Bien sur on ne peut pas prévoir ce que les gens vont faire, mais on suppose qu’ils sont aussi là pour acheter un disque, au titre de souvenir, ou pour plein de raisons autres, pour participer à la vie du groupe, par plaisir personnel.

– Kick : L’objet est réédité en vinyle avec les deux albums qui datent de 1979 et 1980, et puis il y a un petit Cd de complément, mais sans pochette, pour les gens qui n’ont pas de platine. Il a été masterisé à Bordeaux, chez Globe Audio, pas la peine d’aller chercher plus loin. Et effectivement ça a pris du temps, car on voulait le faire bien, et aussi, parce qu’il nous fallait les masters d’origine pour ce faire.

 

– Boubou nous avait évoqué lors d’un entretien qu’il nous avait accordé [lire ici] les difficultés rencontrées dans les démarches pour récupérer les masters d’origine. Cela a-t-il beaucoup compliqué la tâche ?

– Boubou : Ça, ça a été un peu compliqué! Ça a été une longue galère pour récupérer le master original. Parce qu’Universal qui a racheté le label AZ, qui était le notre à l’époque, s’en foutait complètement de nous refiler les bandes. Ils s’occupaient de Johnny Hallyday et de conneries ; Strychnine, ils s’en foutaient. D’ailleurs ils ne savaient même pas qu’ils avaient ça dans leur catalogue.

– Luc : Ils sont vraiment très fixés sur le très contemporain. C’est un truc qui m’a frappé : ils n’ont même pas la mémoire de leur propre catalogue. Ils ne savent pas ce qu’ils ont, et d’autant moins maintenant que leurs archives sont délocalisées en Allemagne. Quand Strychnine a récupéré les bandes, c’était encore localisé en France, mais depuis peu ça a changé.

– Kick : En fait c’est Boubou et moi qui avions voulu récupérer les bandes, et Bernard qui était le pote plus ou moins manager du groupe a longtemps essayé, sans y arriver. Il tombait toujours sur des sous-fifres qui le faisaient chier, pendant plus d’un an et demi. Et puis un jour on en a parlé à Denis [Denis Barthe], et il a dit qu’il s’en occupait : il a appelé directement le PDG d’Universal et trois jours après, on avait les bandes, avec les excuses du sous-fifre qui était même prêt à nous les amener bandes à Bordeaux. Comme quoi il faut toujours passer par d’autres voies. C’est vrai que c’est Denis qui nous a arrangé le coup. Sinon, on serait peut-être encore à les attendre.

– Luc : C’était quand même la condition sine qua non pour qu’une réédition soit possible. Sans les masters, ça ne l’était pas.

– Kick : Les gravures de l’époque n’étaient pas du tout bonnes. Le son était vraiment défiguré à la gravure. On ne pouvait pas rééditer en recopiant les disques d’époque, ce qui se fait souvent. Mais moi, je ne voulais pas ça. Je voulais qu’on retourne à retrouver le vrai son du groupe, de la façon dont on jouait, les vrai son du studio, avec la vraie énergie. Et c’est très bien réussit ; Alexis de Globe Audio a fait un super boulot. On a récupéré les basses, la grosse caisse, le charleston : tout s’est vachement bien rééquilibré. On retrouve vraiment Strychnine.

 

– Luc, tu mentionnais à l’instant la jauge du Théâtre Barbey qui accueille le concert de sortie de l’album ce soir, avec beaucoup d’invités venus participer. L’idée d’un tel concert pour marquer le coup de la sortie s’est-elle imposée tout de suite comme une évidence ?

– Luc : On s’est posé la question de savoir si on ferait un évènement, et ça s’est assez rapidement décidé. La réédition de ce disque était quelque chose d’important et on avait envie de faire quelque chose ; on s’est demandé quoi et comment on avait envie de le faire. Moi j’avais l’idée qu’on pouvait le faire ici, car Eric Roux [directeur du Théâtre Barbey] est un grand fan de Strychnine, et qu’on avait déjà bossé avec lui sur plein d’autres projets, dont PIND. On lui a donc demandé s’il était d’accord pour organiser un concert ici pour la sortie du disque et il a dit « oui » tout de suite, et un « oui » super enthousiaste. On a décidé d’inviter des potes, et la liste des invités s’est enrichie au fil du temps de tous les gens que tu as vus aux balances.

 

– On imagine facilement que l’évènement est aussi un prétexte pour se retrouver entre copains et partager un beau moment, et que chacun aura une pensée aussi pour les copains absents, Schultz et Sven du groupe Parabellum, qui jouait souvent avec toi, Kick, Philippe Jolly également en hommage de qui s’est tenu ici même un concert auquel vous aviez participé, à l’initiative de Berbert, bassiste de Stalag et Standards, qui jouera d’ailleurs avec vous ce soir. Qui sera présent exactement ?

– Kick : C’est sûr que si Sven avait été là, ça aurait été génial. Et Schultz aussi. Philippe Jolly aussi serait bien venu en chanter une. Malheureusement on ne va pas refaire l’histoire.

– Luc : Ce soir seront là : Philippe Messina d’OTH, Arno Futur, le chanteur des Sales Majestés, comme Olivier Mathios et Nini [Denis Barthe de Noir Désir] des Hyènes, Bebert et Thierry Tuborg de Stalag, François des Bérurier Noir, Steph de Parabellum. Belle brochette. Et puis on se rend compte que les gens sont hyper contents de venir jouer, mais aussi déjà de se retrouver entre copains et d’échanger. C’est aussi un moment de vie. Tout le monde se retrouve avec l’envie d’échanger, de faire du mieux et de porter le projet et participer. Et quand même les gens ont la banane, et pour moi c’est une belle réussite. Je suis très content de ce côté humain.

 

– Luc, ce sont aussi des artistes qui ont pas mal participé aux colloques qui se tiennent dans le cadre du projet de recherche sur l’histoire du Punk en France, PIND, que tu diriges avec Solveig Serre. N’est-ce pas ?

– Luc : Ce sont effectivement des gens qui se sont inscrit dans le réseau du projet PIND, et tout se rejoint. Parce qu’on parle du Punk, mais le Punk c’est aussi la vie des gens. On parle de quelque chose qui est juste la vie des gens : quarante ans de musique, de scènes, de rencontres, de répétitions, de concerts. Ce sont effectivement des gens qui sont venus en témoigner et s’impliquer. Et ta question est bonne dans le sens où nous, le projet PIND, avons eu envie de nous investir dans le financement de l’évènement, parce que ça avait du sens pour nous de le faire, comme notre projet est un projet de recherche, participatif, et aussi un projet dans lequel on considère qu’il doit y avoir des évènements. 

 

– Ce soir les artistes Johnny Montreuil et King Kong Blues, qui comme vous font du Rock en Français, et sont des copains vont assurer les premières partie. Le choix n’est surement pas anodin, Strychnine ayant été le premier groupe à initier cela. Quel regard portez-vous dans le rétroviseur à ce sujet ?

– Kick : C’est-à-dire que quand on a commencé à la fin des années soixante dix en France, il y avait pas mal de groupes. Et je pense que la direction qu’a donné Strychnine avec cette énergie et puis des textes, on ne va pas  dire « à message », car ce serait prétentieux, mais qui se permettaient de dire un petit peu quelque chose aux gens, a fait qu’on a été un des premiers groupes là dedans. Après quand tous les autres sont arrivés, les Bérurier Noir, Parabellum, les Wampas, OTH, Les Sales Majestés, et d’autres. Et même si chacun a son style, il y avait quelque chose en commun, c’est-à-dire que c’était des groupes qui font du Rock avec l’énergie, mais aussi l’envie d’écrire des textes pour les gens, et pas de chanter en pseudo-anglais. Tous les gens qu’on a réunis ce soir on tous été dans cette direction. C’est pour cela aussi qu’on a voulu pour les premières parties des gens qui chantent aussi en Français, les King Kong Blues et Johnny Montreuil. Ce soir ça va chanter en Français, avec de l’énergie. C’est bien aussi les groupes qui chantent en Anglais ; moi-même je chante en Anglais quand je fais du Blues. Ce n’est pas gênant. Mais ce soir, on voulait ça.

 

– Avez-vous le sentiment d’avoir été un groupe  précurseur e ce sens ?

– kick : Il faut être un peu modeste : dans le Rock, tu n’es jamais précurseur de rien. Avant toi, il y en a eu d’autres, avant eux encore d’autres, et après il y en aura. C’est une chaine. Mais je pense effectivement que lorsqu’il y a eu cette explosion du Punk en France à la fin des années soixante dix, Strychnine avait une couleur, Metal Urbain aussi, dont d’autres peuvent se revendiquer. C’est pour ça que ces gens là sont venus de suite pour participer à la soirée : ils y reconnaissent quelque chose à eux aussi.

– Luc : Je complèterais en disant que je m’en suis rendu compte par ailleurs en discutant avec plein de musiciens et de gens qui ont de la bouteille : le discours qui revient toujours au sujet de Strychnine et celui de gens qui ont écouté ce groupe lorsqu’ils avaient quinze ou seize ans et disent que ça a vachement compté pour eux. Et ce sont des gens comme Daniel Jamet de la Mano Negra ou Alice Botté [ici], Dominic Sonic. Tous m’ont tenu le même discours, en évoquant à un moment donné, un morceau, un souvenir, qui les a marqués. Et ça, c’est quelque chose d’assez incroyable lié à l’histoire de ce groupe, et je le dis d’autant plus facilement que je n’étais pas personnellement à la racine du groupe. Je suis arrivé après. Mais c’est quelque chose qui me frappe, cette espèce d’aura et de respect qu’il y a en France vis-à-vis de Strychnine, l’émotion avec laquelle ça a été reçu à l’époque. Je me souviens les avoir vus, les deux là, quand j’avais quinze ans en mai 1979 au Grand Parc, et c’est un des concerts qui m’ont le plus marqué.

– Kick : Si tu veux, quand on a commencé avec Strychnine, en France on n’avait pas de référence. Avant nous il y avait eu des groupes comme Magma, Ange, ou du pseudo-rock comme les Chaussettes Noires, ou des chanteurs français à texte. Mais on  n’avait aucune influence en France. C’est pour ça que ma principale influence dans l’écriture, c’est Chuck Berry. C’est pour ça que je chante ainsi, très en rythme. On est allés chercher nos influences aux Etats Unis, les Stooges, les New York Dolls. Alors que pour les gens qui sont arrivés après nous, il y avait Strychnine, Metal Urbain, des trucs qui commençaient déjà. Il y avait plein de trucs bien en France ; j’adore la Chanson Française, Edith Piaf. Mais dans ce qu’on a fait avec Strychnine il n’y avait aucune référence dont on pouvait se réclamer. Aujourd’hui, des tas de groupes peuvent se réclamer d’OTH, de Parabellum ou d’autres. Mais quand on a commencé, en France, il n’y avait rien dans le vrai Rock, à part Little Bob, qu’on allait voir d’ailleurs, mais qui chantait en Anglais. C’était super bien ; le seul vrai groupe de Rock, c’était Little Bob Story. Mais il n’avait pas cette démarche d’écrire en Français. Nous avons amorcé un tournant.

– Luc : On s’en rend compte avec Solveig, quand on travaille sur PIND (le projet de recherche sur l’histoire du Punk en France): 77, 78, 79 ont été les années du tournant où les mecs se sont rendu compte qu’ils pouvaient monter sur scène et chanter, sans avoir besoin d’avoir nécessairement fait le conservatoire. Comme disait Kick, les références d’alors c’était Magma, Ange, des gens qui avaient quand même un rapport à la musique particulier. Et d’un coup on a vu débouler Strychnine, puis Stalag et tous les autres sur Bordeaux ; et Strychnine est quand même le groupe qui a joué avant The Clash au festival de Mont de Marsan, dans cette espèce de dynamique. T’as l’impression que c’est presque de la fiction. Mais ce moment là a beaucoup compté.

 

Miren Funke

Photos : Miren

Liens : https://www.facebook.com/pages/Strychnine/172824216155316

https://myspace.com/strychnine33officiel

 

Johnny Montreuil : https://johnnymontreuil.com/ 

 

 

King Kong Blues : https://king-kong-blues.le-label-pas-sage.fr/

 

 

Alissa Wenz, au Forum Léo Ferré

9 Fév

Photos©NGabriel2020, clic pour  agrandir si vous voulez  Alissa en grand format.  .

Imaginez Betty Boop qui serait la fille de Boris Vian et de Barbara, un cocktail d’humour délicatement vitriolé, un regard affuté et caustique sans concession sur la vie et ses aléas, une poésie bariolée de burlesque, des mots qui cognent et qui caressent, avec élégance et grâce, c’est Alissa Wenz.

On peut ajouter au panorama familial virtuel quelques cinéastes du néoréalisme italien, on peut aussi penser à Jean Yanne et ses pamphlets urticants… Le portrait ci-joint précise quelques étapes de sa vie, et on comprend mieux l’extraordinaire richesse de son répertoire. Et la maîtrise de la scène, le spectacle se déroule comme si le temps était suspendu, et pour ajouter un bonus extra, mademoiselle Wenz nous offre un numéro de claquettes, en chantant, c’est Broadway à Ivry, avec ses deux partenaires multi instrumentistes, Léo Varnet et Agnès Le Batteux … Alissa Wenz est souvent au piano, mais on l’a vue aussi avec un accordéon dans d’autres soirées. Quand la photo reflète ce qui reste dans l’esprit du public après le spectacle, c’est gagné et en voici quelques unes, plus bas, and the show must go on…

Ci-contre  le portrait bio  de l’artiste par Flavie Girbal. Et le mieux c’est de l’écouter,  en deux tableaux, très contrastés …

 

Le site d’Alissa Wenz 

Clic ici  —>

Et pour quelques photos de plus, le 8 Février au FLF, sous les lumières de Stébane Lam.

Photos©NGabriel2020.. Cliquez pour agrandir si vous voulez Alissa en grand format

 

Last but not last, dans une salle ultra remplie, avec une très grande majorité de dineurs, le spectacle a commencé avec seulement un petit quart d’heure de retard grâce à une organisation remarquable d’efficacité, bravo …

Norbert Gabriel

Jeune public et public jeune…

7 Fév

Vous êtes peut-être de ces aventuriers dont les enfants auront 20 ans en 2035, c’est pas si loin. Et il est possible que la planète n’ait pas été ratiboisée d’une grande partie de la vie animale, humains compris. Dans cette optimiste perspective, offrons aux chères têtes bambines quelques morceaux choisis propres à leur épanouir l’esprit c’est ici et maintenant . Par exemple avec cette bestiole Le Renard à Plumes, un mutant qui décline ses contes en livres, spectacles, animations, et plus si affinités. Tout parent ou grand parent potentiel est invité à explorer les activités de ce saltimbanque polymorphe.

Autoportrait

Le Renard à plumes est un animal hybride, subtil croisement entre un renard et un paon, des animaux que tout oppose et qui pourtant se complètent à merveille. Un mélange parfait d’absurde et de poésie.

Le Renard à Plumes est l’enfant naturel (et tellement spirituel !), de deux «amies d’enfance» qui se sont rencontrées sur le tard, à l’âge adulte. L’une d’elle organisait un salon du livre jeunesse, l’autre était invitée en tant qu’auteure. La première aime les renards, au point de ne pas hurler quand ils entrent dans sa maison ou son jardin. La seconde aime les paons. Parce que leur façon de séduire est aussi jolie que maladroite.

Le Renard à Plumes a de l’humour, beaucoup d’humour. Le burlesque, les calembours, le second degré, avec une pointe d’ironie parfois, ne lui font pas peur, mais toujours dans un esprit de bienveillance.

Le Renard à Plumes se sent concerné (en un mot). Par le vivant en général, par l’humain, le petit, le grand, la biodiversité, l’environnement. Par la transmission d’expériences, de valeurs de tolérance et d’ouverture.

Le Renard à Plumes est sociable et gourmand. Il se nourrit de ses multiples rencontres avec les lecteurs, les spectateurs et les artistes. Lorsqu’il se frotte à d’autres espèces, ça fait des étincelles !

Plus qu’un animal imaginaire, le Renard à Plumes est avant tout un état d’esprit. Un état d’esprit contagieux. Laissez-vous contaminer !

Pour plus d’infos,
c’est là : —–> clic sur les renardes (à plumes)

 

 

 

 

 

Et pour barboter en heureux petits canetons choyés, il y a La Mare aux Mots, choix de livres, albums, interviews, chroniques de tout ce qui concerne le jeune public et le public jeune. Clic sur le bandeau et nagez tranquillement.

La mare aux mots
Conseils culturels pour parents et éternels enfants

 

Un aperçu du premier tour de scène avec les symphonies subaquatiques, avec reportage,

 et en extrait d’album

 

Norbert Gabriel

ONCLE VANIA DE TCHEKHOV

6 Fév

MIS EN SCENE PAR STEPHANE BRAUNSCHWEIG A L’ODEON   

Après avoir monté La Cerisaie en 1992, La Mouette en 2001, Les Trois Soeurs en 2007, l’actuel directeur de l’Odéon Théâtre de l’Europe, Stéphane Braunschweig, renoue avec le théâtre d’Anton Tchekhov en montant Oncle Vania, scènes de la vie à la campagne. Cette pièce s’est jouée pour la première fois au Théâtre d’art de Moscou en 1899.

Stéphane Braunschweig a choisi de travailler avec des comédiens du Théâtre des Nations de Moscou pour se rapprocher encore plus de l’essence et de la langue du théâtre tchekhovien.

La force de Tchekhov réside dans sa capacité à introduire du tragique dans une forme de vie contemporaine, semblable à la nôtre, d’où son côté visionnaire. Héritier du XIXe siècle et à l’orée du XXe siècle, ce théâtre se situe au carrefour de l’Ancien et du Nouveau.Tous les personnages nous apparaissent comme des âmes en peines perdues, se lamentant sur leur situation, bloquées dans un présent trop lourd à supporter. Stéphane Braunschweig a choisi de moderniser les décors en ancrant son action sur une terrasse avec piscine et transats. Tout autour d’eux, une forêt représentée sur une toile qui contraste avec la terrasse en bois. Tout est solitude et désenchantement mêlée d’humour noir : une scène tragique peut être traversée d’un trait comique,
– Elena Andréievna : Quand même il fait beau aujourd’hui… Pas trop chaud...
– Voïnitski : Un temps à se pendre avec plaisir

« Je comprends mieux comment la perte des idéaux peut être une chance pour regarder la réalité en face » Stephane Braunschweig

Oncle Vania est une pièce abordant la question écologique : le personnage d’Astrov revient systématiquement à la question environnementale et du dérèglement climatique. L’homme est mis face à ses responsabilités. L’atmosphère lourde et suffocante dans laquelle évoluent ces personnages fait écho aux paroles d’Astrov à la fin de la pièce quand il regarde la carte de l’Afrique : « Et je parie, dans cette Afrique, là, maintenant, c’est une de ces fournaises- l’horreur ! ». Un dernier avertissement avant qu’il ne soit trop tard…

Avec : Anatoli Béliy,
Elisaveta Boyarskaya  en alternance avec Yulia Peresild,
Nina Gouliaéva  en alternance avec Irina Gordina,
Dmitri Jouravlev,
Nadejda Loumpova,
Evguéni Mironov,
Yulia Peresild,
Ludmila Trochina,
Victor Verjbitski
Mathias Youb
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