Monsieur le Président,

31 Mai

Je vous fais cette lettre, que vous lirez certainement, en président conscient des enjeux culturels qui sont partie prenante dans les débats de société qui agitent la France depuis quelques mois.(…)

Pour la suite, suivez le facteur,  et clic sur le vélocycle.

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Daguerre et Sylvain Reverte en concert à L’Inox (Bordeaux) : entretien avec l’artiste

17 Jan

Samedi 07 décembre dernier, l’association Bordeaux Chanson, qui fidèle à son habitude de proposer au public bordelais un moment d’évasion et d’émotions, continue d’œuvrer avec ses acteurs bénévoles, pour qu’existent et s’expriment les auteurs compositeurs interprètes francophones, recevait au Théâtre l’Inox deux artistes au parcours professionnel et à l’histoire humaine intimement liés, puisque leur amitié se ponctue depuis plusieurs années de collaborations musicales (participation au conte musical « L’enfant-Porte » créé par Yannick Jaulin, et mis en musique par Francis Cabrel et Michel Françoise) : Sylvain Reverte, accompagné de son pianiste et complice Christophe Britz et Olivier Daguerre jouant, lui, avec Michel Françoise aux guitares. Cependant point de duo ce soir là entre les deux hommes, qui se succédaient pour un co-plateau où chacun interpréta ses propres morceaux.

Renversons quelques instants l’ordre chronologique de cette soirée, dont en seconde partie, le concert de Daguerre, accompagné donc de Michel Françoise, fut un moment d’une intensité ensorcelante. J’avais découvert l’artiste en 2005 à Seignosse (Landes), lors d’un concert de Saez, dont il assurait la première partie avec les morceaux de son premier Ep autoproduit « Ici Je ». Je me souviens avoir été d’entrée ébranlée par le magnétisme du personnage, qui m’avait aspirée et sonnée. Une claque, comme on dit (un coup de poing même). Tant et si bien que je m’étais empressée de quitter le concert de Saez avant la fin, pour être sûre de pouvoir acheter l’Ep de Daguerre à sa table de presse. Quatorze années, sept albums, où une poésie écorchée et éblouissante s’enchevêtre à des thématiques souvent graves et lourdes, parfois plus passionnées, pour ensemencer des chansons ciblant au cœur et sans détour les sentiments et les idées, et tant de concerts plus tard, le charisme du chanteur -que nous avions vu l’été dernier au festival Musicalarue avec les Hyènes et Cali [Lire ici]– n’a pas perdu un millième de degré : dès le premier mot prononcé, l’homme habite la chanson, électrise l’atmosphère, et aimante l’attention du public, happée par l’authenticité d’une âme qui interprète avec vérité et à fleur de nerf, sans filtre. Impossible de relâcher l’attention de cette tension que Daguerre a toujours su charger en haut voltage et tenir, comme instinctivement, accrochée aux câbles des émotions qu’elle fait tressaillir. Le concert arpenta des morceaux des derniers albums, «Mandragore », «La Nuit Traversée » et surtout «107218km/h », le dernier en date sorti en mars 2019, bouleversant. Seul ancien titre interprété, « De l’Ivresse » (extrait du « Cœur entre les dents ») improvisa une plage conviviale, où Daguerre invita spontanément une amie présente dans la salle, Kate Beans à venir chanter en duo avec lui.

 

 

Mais moins de deux heures auparavant, c’est Sylvain Reverte qui amorçait l’envolée des émotions avec son « Soleil Rouge » que nous avions découvert dans ce même théâtre de l’Inox trois ans plus tôt [ici]. Torche ardente, qui au grès d’une ascension exhortant nos sens vers un ciel embrasé et aveuglant, nous enflamme de sa beauté intérieure qui en met plein la vue, avant de laisser choir et virevolter en nous quelques milliers d’étincelles incandescentes, ce « Soleil rouge » agrippa le public d’une main de feu, pour le laisser, encore ébloui, s’apaiser doucement à des accords plus légers et des accents moins abrasifs, avec un second titre du même EP (« Soleil Rouge ») « Madame joue », regard ému et attendrissant que l’artiste pose sur la paternité. S’enchainèrent à sa suite d’autres morceaux de ce dernier enregistrement : « Josephine Baker », « Pauvre d’elle », « On levait le poing », ou encore « Les bords de mer ». Les réactions de l’auditoire à l’interprétation de cette dernière chanson, dont j’avoue avoir pensé à l’écoute de l’EP qu’elle constituait peut-être, de par le choix des instrumentations et des arrangements, l’élément faible de l’ensemble, mes gouts personnels ayant plutôt inclinés à imaginer la puissance de dérision du texte habillée dans un costume plus Rock,  m’interpellent. Preuve que l’arbitraire des gouts personnels ne peut prétendre être rien de plus que ce qu’il est -et c’est tant mieux!-, la chanson vécu un moment d’interaction avec un public très participatif, battant le tempo et se laissant charmer par la légèreté sans prétention d’une rythmique en clin d’œil aux variétés des années 80. Un constat s’impose : le morceau fonctionne. Avant de retrouver deux titres du précédent album (« Un homme dans l’ombre »), « Page 48 » et « Rendez-vous » qui clôtura cette première partie de concert par un instant de sidération, trop spontané pour être feint, où durant l’espace de quelques phrases, on perçu la voix de Sylvain Reverte traversée par le spectre de Mano Solo, le public s’entendit offrir quelques titres inédits, dont certains seront probablement de ceux constituant le prochain album en cours d’écriture. L’attention générale se focalisa particulièrement sur l’un d’eux, « Le lac », qui évoque les souvenirs d’un lac aux confins du Lot et Garonne et du Gers, où l’artiste passait sa jeunesse, et dont l’accès est à présent interdit. Mais la chanson raconte en réalité bien  plus. Et si elle bouleverse et atteint autant, c’est qu’elle est de ces morceaux par lesquels certains artistes parviennent, à travers le récit d’une histoire intime, à véhiculer des thématiques très universelles qui concernent et touchent tout le monde, comme le fit en son temps le « Toulouse » de Nougaro : la nostalgie d’un jeune âge à coup sûr, et le regret de l’insouciance avec, la provincialité peut-être, l’amour de la nature aussi, la perte des repères également, et sans doute la disparition de la liberté, de toutes ces petites parcelles de liberté de faire ce qui fut permis et n’est plus autorisé. La chanson marquera certainement un temps fort du prochain album de l’artiste et saura être de celles qui donnent de leur souffle (« Pauvre d’elle »). Quelques heures après la fin du concert, Sylvain Reverte acceptait de nous accorder un peu de temps.

 

– Sylvain bonsoir et merci de nous accorder cet entretien. Il y a quelques années que tu étais venu à Bordeaux, lors de notre première rencontre. Et ce soir, Olivier Daguerre et toi nous avez offert deux beaux concerts. Quelles sont à chaud tes premières impressions ?

 – C’est toujours bien de venir jouer à Bordeaux, car je ne viens pas souvent. La dernière fois que je suis venu, c’était il y a  deux ou trois ans en effet. Et ce qui est intéressant, c’est d’arriver avec de nouvelles choses pour voir la réaction du public et ce qui se passe en live. Et donc je sors de scène rassuré, avec une bonne impression sur les chansons à venir et le nouveau projet. Quant à Olivier, c’est le parrain de ma fille et un ami fidèle. On s’est connu depuis plus de dix ans ; il faisait les premières parties de mon groupe Le Manège Grimaçant. On était signés sur le même label, de Michel Françoise. Ensuite on a appris vraiment à se connaitre lors de la création de « L’enfant-porte », et à s’apprécier. Dès qu’on peut jouer ensemble, on est contents. J’adore le personnage et ce qu’il propose.

 

– La dernière fois que nous t’avions vu en concert, c’était à Agen, en première partie de Romain Humeau[ici], pour la présentation de ton EP « Soleil rouge ». Où t’a mené ta route depuis ?

On a fait des concerts avec Christophe, qui m’accompagne. Ca m’a conforté dans l’idée d’approfondir le travail qu’on a amorcé ensemble. C’est un rythme qui me convient : on se voit de temps en temps pour travailler sur les prochaines compositions ; on prend le temps sans être stressés. On n’a pas d’impératif avec une major ou un label qui nous pousserait à produire. Donc on fait ça au rythme des saisons, tranquillement. C’est un luxe ; mais je n’ai jamais voulu que la musique soit un impératif avec une commande, comme un produit à mettre en rayon. Ca me bloque. Donc le fait de savoir que quelque part personne ne m’attend, et de sortir du bois et arriver comme une  surprise, je trouve ça intéressant.

 

– Dirais-tu que la collaboration avec Christophe se renforce et prend plus de place dans les créations ?

Exactement. J’ai envie de me laisser porter aussi par ce qu’il propose. Il a un univers à côté, puisqu’il a un groupe qui s’appelle Alnoï, avec lequel il est vraiment dans la musique électro-pop anglaise. Et je trouve intéressant de me laisser un peu porter par cet univers, parce que ce qu’il propose me plait, et que donc j’y adhère assez facilement. Je ne suis pas forcément quelqu’un de très malléable en termes de direction artistique, et c’est quelque chose que je travaille depuis un certain temps, parce que je trouve dommage de ne pas profiter des talents des gens qui m’accompagnent. J’étais plutôt du genre à diriger l’opérationnel, et à être complètement frustré, et pas à l’écoute, lorsque ce n’était pas moi qui dirigeait. C’est ce qui s’est passé pendant assez longtemps. Et désormais, j’arrive à me laisser convaincre plus facilement. C’est un risque qu’on prend à deux avec des orientations musicales vers lesquelles je n’étais pas forcément prêt à aller. Et je pense que plus ça va aller, plus je vais me dévêtir de la guitare, la conserver, mais doser différemment les choses, de façon à laisser plus d’espace au texte. C’est ce que je suis en train de faire actuellement : me cibler sur ce que j’ai envie de transmettre et ce que je suis en tant qu’auteur. J’ai envie de viser dans le mile, et c’est la complexité de ce travail là : être en accord avec ce que l’on ressent, ce que l’on veut dire. C’est donc plutôt pas mal que je puisse me concentrer là-dessus, et qu’en deuxième plan Christophe vienne enrober et enjoliver tout ça, et faire des propositions sur les arrangements.

 

– A propos de ces arrangements, les réactions interactives du public ce soir lorsque vous avez joué « Les bords de mer », dont je crois la composition a été particulièrement orientée par ses gouts personnels, m’ont fait réviser le sentiment dubitatif que la chanson m’avait laissé au premier abord. Ce titre recueille-t-il toujours autant l’adhésion du public en concert ?

Oui, ça marche, car elle est assez rythmée, et j’ai l’impression que les gens aiment bien quand ça bouge un peu. Alors j’essaye de penser à ça aussi, et d’alterner. Je sais que c’est un moment un peu libératoire.

 

– Tu as joué ce soir quelques nouvelles chansons. Peux-tu en parler ?

Il y a « De la haut » que j’ai coécrite avec Bruno Garcia, avec qui j’ai fait « L’enfant-porte ». Et ensuite il y a « Le lac », qui pour moi va être le point de départ de la création d’un nouvel album. J’ai d’autres chansons en travaux, mais j’ai fixé la ligne de mire là-dessus. J’ai été plus exigeant avec moi pour l’écriture de « Le lac ». Je me suis aussi plus dénudé, car c’est vraiment mon histoire. Ce n’est pas trop romancé. Et du coup, je tends à ça : aller puiser dans mon existence et mes sentiments de façon à être le plus juste et le plus authentique possible. Ce n’est que comme ça que ça peut marcher pour moi.

 

– Et paradoxalement ce titre qui est vraiment imprégné de ton histoire personnelle semble parler à beaucoup de gens et voué à ce qu’ils se l’approprient. Selon toi, y projettent-ils peut-être une identification avec leur vécu, leurs souvenirs, leurs sentiments propres ?

Oui. D’ailleurs c’est assez marrant, car j’ai joué cette chanson quatre fois, et les gens chaque fois ressortent avec cette chanson en tête et m’en parlent. Ca n’arrive pas souvent. Car ce sont des gens qui ne connaissent pas forcément mon répertoire, ni mon histoire, et cette chanson marque. Alors je me dis que c’est bon signe, et que je dois continuer là dessus.

 

– Y a-t-il donc un nouvel album qui se profile à l’horizon avec ces chansons ?

L’album en projet sera travaillé pour que trois ou quatre titres soient enregistrés courant 2020, et que sorte l’album en 2021. Pour le moment j’ai quatre compositions, et des idées qui arrivent. On va voir ; je ne me mets pas de pression. Il faut dire que j’ai des enfants en bas âge et beaucoup de mal à décrocher de mon rôle de père, qui prend beaucoup d’espace. Ma compagne qui est auteure compositrice, est aussi accaparée que moi. Donc là on vient de finir une petite tournée durant laquelle on a fait une dizaine de dates de septembre à décembre. L’idée est de se poser un peu. Et puis on risque de partir avec l’Alliance française faire des concerts à Dubaï. Partir tourner dans un pays étranger va me permettre de terminer la boucle de l’album « Soleil Rouge », pour partir sur autre chose ensuite. C’est une expérience que j’attends de vivre, le voyage qui va peut-être ouvrir encore d’autres horizons, même si j’arrive très bien à voyager chez moi aussi ; d’ailleurs je me suis mis au piano aussi pour m’ouvrir à d’autres horizons. Je me trouve en fait dans une période de transition.

 

– Continues-tu de participer à l’animation d’ateliers ?

Je continue à fond. J’ai découvert les ateliers d’écriture en hôpital psychiatrique à Angoulême, et ça m’a vraiment marqué d’une façon très positive. J’ai été impressionné de la façon dont j’ai été reçu. Aller dans des lieux où il y a des gens en souffrance et apporter une petite lumière, c’est comme si à un moment donné on brisait leur quotidien monotone et on arrivait pour chambouler ça, l’espace de quelques minutes, pour repartir avec des yeux qui pétillent et des sourires sur les lèvres. Je considère que le premier travail que je dois faire est celui là : marquer les gens sur un temps donné qui va faire qu’ils oublient leurs problèmes et la routine quotidienne. C’était une première expérience. Et la seconde fut dans un centre de détention. On m’avait demandé de faire des trucs très Rock’n’roll, au motif que c’était un public difficile en attente de quelque chose de rempli de testostérone. J’ai pensé que j’allais me faire casser les dents avec mes balades et que ce serait compliqué, et en fait pas du tout : ça a été totalement l’inverse. Certains gars sont enfermés pour de longues peines, et il y a eu du partage et de l’échange autour de mes chansons. Je me sens en vie dans ces moments là. C’est quelque chose que j’affectionne énormément.

 

– Tires-tu peut-être de ces rencontres avec des expériences de vies autres, éloignées de la tienne, une ouverture sur des thématiques nouvelles ?

En fait je n’ai pas franchi le cap d’écrire sur ce que peuvent ressentir les autres. Je reste dans la cible de mon histoire, et c’est peut-être une erreur de ma part. Je n’en sais rien pour l’instant. Mais il y a des choses qui m’ont marqué, et je me demande comment je pourrais être bien placé pour me mettre à leur place ; ça me semble impudique. Je ne sais pas si c’est à moi de le faire. Mais peut-être que d’ici quelques temps, ça viendra. J’ai besoin d’un temps de digestion en fait, car ce sont vraiment des moments très forts, et seul le temps pourra dire si j’accouche d’idées. Bizarrement je préfère me dénuder face aux autres que d’aller dénuder les autres et m’en servir comme vecteurs. Il y a quelque chose qui me gène là dedans.

 

– Une dernière question sur la chanson « Pauvre d’elle » que vous avez jouée ce soir, et qui pour moi, hausse la barre d’un cran, d’un point de vue de la qualité poétique et de la force d’impact du propos. De quelle envie est-elle née ?

C’est  marrant : j’ai fait un atelier de cinq-six jours à Voix du Sud, enfermé avec mes notes sous le regard bienveillant d’un artiste qui me rassure dans la progression de l’écriture. Et à cette période j’avais la chance d’être avec Jean Fauque. J’ai commencé à écrire les premiers vers, avec le style du regard, des yeux, des oreilles et du cœur de Jean Fauque. J’étais alors dans une période assez turbulente, perturbé moi-même, sans savoir si j’avais vraiment un certain talent pour écrire. Il m’a accompagné dans l’écriture et rassuré, en validant chaque fois le fait d’utiliser certains mots, certaines métaphores. Lorsque j’ai eu fini le texte, il m’a dit qu’en fait je n’avais pas besoin de lui. Jean Fauque me dit ça ? Wahou! C’était super. J’étais parti dans l’idée de faire une sorte de déclaration à la France, ou à la liberté, à ce que peut représenter la France pour moi, peut-être pour d’autres aussi, à savoir que c’est juste un bout de terre où des gens vivent, passent, meurent, et que certains se battent pour ce bout de terre, certains autres y font des choses magnifiques, d’autres un peu moins. Ce mot de France évoque beaucoup de choses, et derrière lui, des gens qui sont prêts à mourir, prêts à gouverner, prêts à travailler pour elle, prêts à créer des œuvres, construire des monuments, etc… Le côté patriote est quelque chose qui me questionne, car si on remet les choses à plat, ce n’est qu’un bout de terre. Il y a certainement des choses à défendre, des choses belles et uniques. Je voulais porter mon petit témoignage là dessus. Mais souvent les gens l’écoutent et me disent que c’est sur la liberté. On peut le prendre comme ça effectivement. Du coup ça me convient, car on associe quand même la France à une idée de la liberté, même si c’est compliqué, extrêmement compliqué en ce moment, mais justement il ne faut pas le perdre de vue. 

 

Miren Funke

Photos : Miren

 

 

Liens : Sylvain Reverte : https://www.sylvainreverte.com/concert

Daguerre : http://www.daguerre.mu/

Bordeaux Chanson : http://www.bordeaux-chanson.org/

Festival United Guitars

16 Jan

La vie et ses surprises … On  est amoureux des formes et du teint chaleureux blond vénitien d’une belle et on se prend  une envie d’infidélité avec une hiératique et sombre passante qui vous entrainerait volontiers dans des jeux électrisants déraisonnables quand on est au 5 ème étage , même avec des voisins indulgents. En attendant de passer à l’acte, et au risque d’expulsion une solution possible se présente avec United Guitars. Soyez Jimi ou Clapton le temps d’un rêve

 

Un projet qui s’est concrétisé, avec un Volume 1 double album.

 

  • Guitaristes : Axel Bauer, Julien Bitoun, Fred Chapellier, Pierre Danel, Richard Daudé, Youri De Groote, Fabrice Dutour, Ludovic Egraz, Jean Fontanille, Quentin Godet, Rick Graham, Yvan Guillevic, Gus G., Judge Fredd, Yoann Kempst, Norbert Krief, Xavier Lacombrade, Manu Livertout, Anthony Magro, François « Shanka » Maigret, NeoGeoFanatic, Nym Rhosilir, Saturax, Régis Savigny.
  • Bassiste : François C. Delacoudre
  • Batteurs : Morgan Berthet, Yann Coste

Disponible partout mais surtout chez MistiMusicShop caressez le chat
et la boutique ouvrira. 

Mais ce n’est pas tout, l’évènement se doit d’être fêté avec éclat et ce sera le festival United Guitars à L’Européen les 1 et 2 Février avec expositions de guitares et de matériel de légende, masterclass (dont une de Gus G., collaborateur d’Ozzy Osbourne), conférences en compagnie de Pascal Fillet, ingénieur du son sur l’album culte de Steve Vai Passion and Warfare, et Ivan Cohen, ingénieur et développeur de génie, à l’œuvre sur de véritables trouvailles techniques et technologiques dans le domaine.

 

Pour avoir tous les renseignements utiles, clic sur la 6 cordes,  ,

 

 

 

 

Demandez l’programme ! 

SAMEDI 01/02 – 11H / 17H30 :
SUR LA SCENE :
11h – 13h : unique « Autour de Passion and Warfare » avec PASCAL FILLET (l’ingénieur/confident qui a accompagné Steve Vai durant l’enregistrement en 1990) et le virtuose Youri De Groote qui interprètera sur scène 4 titres phare de cet album monumental.
13h20 – 14h : démo Vola
14h – 17h : Finale du United Guitars Contest : les 10 meilleurs candidats s’affronteront sur scène !
SALLE DE COURS (à l’étage) :
11h – 12h15 : NYM RHOSILIR (improvisation & créativité)
12h30 – 13h45 : SATURAX  (le style de Joe Satriani)
14h – 15h15 : RICHARD DAUDE (Shred’n’jazz)
15h30 – 16h45 : JEAN FONTANILLE (phrasé & improvisation)
DIMANCHE 02/02 – 11H / 23H:
SUR LA SCENE :
11h – 13h : masterclass de Gus G.  (2 h de shred avec l’un des maîtres du metal),
17h30 – 18h30 : concert Soho Riot
19h – 19h30 : concert NZGL
20h – 21h : concert Unite Guitars 1ère partie
21h – 21h30 : entracte
21h30 – 22h30 : concert United Guitars 2ème partie
SALLE DE COURS (à l’étage) :
11h – 13h : conférence Ivan Cohen (« Guitare et modélisation »)
13h30 – 14h45 : masterclass Yvan guillevic (toucher et expressivité)
15h – 16h15 : masterclass Fred Chapellier & Fabrice Dutour (blues rock)
16h30 – 17h45 : masterclass NeoGeoFanatic (technique et efficacité)
 
ET PENDANT TOUT LE WEEK-END :
 
SALLE VIP (à l’étage) :
Espace dédié au test de matériel (hormis pendant les concerts).
 
DANS LE HALL :
– 11h – 17 h ou 23h (selon le jour) : bar et petite restauration
Au fil de la journée, des guitaristes joueront de temps en temps, pour de petites démos…
Norbert Gabriel

Pascale Locquin Rêver encore …

16 Jan

Avis à la population !!

 

aff pascale locquin

Il y a quelques mois l’album a été   présenté, ci-dessous, soyons au rendez-vous du Soleil de la Butte,  Le 2 Février c’est la Chandeleur ou Chant de l’heure ou L’heure de chanter, à vous de voir, et d’entendre Pascale Locquin.

 

C’est comme une chanson qui serait offerte dans une rencontre de hasard, et on découvre une amie de toujours, avec le charme d’un concert presqu’intime.

C’est la simplicité épurée des sentiments, le chant des hommes, disait Nazim Hikmet, le chant des femmes qui traversent les orages et les printemps, vaille que vaille, avec le courage des oiseaux (cf Dominique A) ou la détermination des oiseaux de passage vent debout et sans faillir.

Ça devient cyranesque aujourd’hui de faire des chansons sans les artifices de saison quand les puces électroniques remplacent les musiciens.. Et pourtant, quel charme intemporel ce trio voix guitare accordéon … ça viendrait de Louisiane on s’esbaudirait en dithyrambes éblouis…

Seulement voilà… Pourtant, il me semble que Danièle Messia ou la Mimi de St Julien sont plutôt d’accord avec cette frangine de cœur et de choeur.

Rêver encore, pleurer parfois, chanter toujours, dément songe ?

Vogue la vie sur le fil du temps
Vogue la vie même dans le vent
Le vent soulève le temps d’avant
La vie en fait autant.

Norbert Gabriel

Le FB de Pascale c’est là —>  (et l’album aussi)

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Troubles, par les filles de Gaïa

11 Jan

Nous sommes faits de l’étoffe de nos rêves, et et notre petite vie est entourée de sommeil. ( Shakespeare.)

Ce fut une soirée hors du commun, en raison des circonstances , nous sommes entrés de plain-pied, dans la quête d’un rêve d’un paradis de lumière qui dérive vers le cauchemar d’un enfer de ténèbres et de frustrations. Avec 3 comédiennes qui ont donné le meilleur pour deux spectateurs.

Revenons sur le contexte et les circonstances, ce soir là, séance est prévue à 18h30 dans une ville où la circulation est totalement bloquée, et c’est à pied en doublant les bus et taxis que j’arrive au Théâtre du Nord Ouest. Celà précisé, c’est étrange de se trouver dans une salle à deux, chacun à un bout du rang, mais c’est extraordinaire de ressentir ce moment comme s’il n’était donné que pour nous, individuellement. Un ressenti peut-être difficile à transmettre, un moment unique de théâtre en ce qui me concerne. Alors, la pièce : Patricia Piazza, auteur et comédienne, s’est inspirée de Diderot, Shakespeare, Bram Stoker, Sheridan Le Fanu pour montrer comment Bertha, jeune fille cherchant un refuge paisible trouve une prison et le désespoir.

Et Dieu dans tout ça ? Une sombre entité qui donne un enfer terrestre pour un paradis hypothétique, une chimère floue promise par des larmes et des frustrations. C’est aussi un kaléïdoscope de troubles et de chaines, que ce dieu de chagrin donne aux femmes enfermées , le cadeau empoisonné par excellence. S’il est amour, ce dieu, c’est envers lui-même, le constat est cruel, réalistement cruel.

Photo DäK

Quels rêves peuvent offrir une échappatoire? Une apparition quasi surnaturelle suggère implicitement:  Vivez heureux aujourd’hui, demain il sera trop tard.  *

C’est grâce à une scénographie fascinante de jeux de lumières et d’ombres que les personnages apparaissent, disparaissent en déplacements quasi suspendus, le lieu, le Théâtre du Nord Ouest se prêtant particulièrement bien à un décor qui peut être un château moyen âgeux presque abandonné, ou un goulag enterré dans des pays où on trouve des volontaires pour maçonner leurs servitudes choisies, dans des cellules ou des oubliettes… Troubles ? Oui, on est troublé par tout ce qu’envoient les trois comédiennes, Patricia Piazza, Clara Beauvois, Charlotte Jouslin, avec Charlotte Piazza assistante à la mise en scène. Merci aux filles de Gaïa, qui ont magnifiquement joué pour un tout petit public, et c’est le 17 janvier à 18 h 30 qu’il faut remplir la salle pour la dernière représentation, et je compte bien y être pour partager ces troubles avec le plus de monde possible.

  • Higelin Ballade de chez Tao.

Pour tout savoir sur la troupe,
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Pour réserver, c’est  ICI.

 

Et pour quelques photos de plus ,

Un clic sur la photo, et magie, elle grandit!

Norbert Gabriel

Chanter des fois, ça fout l’cafard…

9 Jan

Après trois semaines entières
De bonheur que rien n’altérait
Mon amant dont j’étais si fière
Un triste matin me plaquait
Pour calmer mon âme chagrine
Je résolus en un sursaut
De me piquer à la morphine
Ou de priser de la coco
Mais ça coûte cher tous ces machins
Alors pour fuir mon noir destin

J’ai fumé de l’eucalyptus
Et je m’en vais à la dérive
Fumant comme une locomotive
Avec aux lèvres un rictus
J’ai fumé de l’eucalyptus

Dès lors mon âme torturée
Ne connut plus que d’affreux jours
La rue du désir fut barrée
Par les gravats de notre amour

(Toute ressemblance … etc)

Un jour où l’autre, les cruelles révélations de la réalité vous rattrapent et vous crucifient avec les clous de vos contradictions intimes… (C’est beau comme du Marie Dubas surtout les deux dernières lignes de l’extrait ci-dessus, «  La rue du désir barrée par les gravats de notre amour… » c’est irrésistible. )

Mékesskispassdon ?

Zazie ?? Toi ici ? Quelle surprise ! Chère Zazie, je suis une vieille souche ancrée sur ses certitudes comme une moule à son bouchot, je ne comprends rien à cette nouvelle mode des chanteurs français qui chantent en anglais. Bon, je sais qu’il y a de menues préoccupations comme la faim dans le monde, la fin du pétrole, la fin des haricots, la fin des dinosaures, la fin de l’année, la déforestation de l’Amazonie, la fin possible de la banquise, la fin de droits, la fin du monde qui arrivera un de ces jours, la fin de mois 7 jours par semaine, mais moi, mon truc, mon hobby, ma passion, mon obsession, ma croisade, ma mission sacrée par Ste Anne, St Georges St Jacques, St Pierre Barouh, St Léo, et St Michel, ma mission en ce bas monde c’était la CHANSON ! Pour l’autre monde, on verra plus tard. Figure-toi chère Zazie, que la réalité évoquée plus haut me fait savoir que je dois être un vieux pervers qui va au spectacle de chansons en espérant voir les artistes « se foutre à poil » et ça, parce que je suis un fervent amateur de la chanson, francophone, de préférence.

– Méké méké skecé ksett histoire ?

Alors voilà : une chanteuse française qui chante en anglais a justifié ce choix en arguant que si elle chantait en français, elle aurait l’impression, je cite «  de se foutre à poil… »

Ça m’a fait un choc. Serais-je un libidineux honteux qui ne guette que l’effeuillage de l’artiste devant son micro ? Quand j’écoutais la TSF – oui, quand j’avais ton âge, mes grands parents disaient la TSF pour la radio, ce truc que tu regardes dans ton Iphone – je n’avais pas l’image, mais j’avais l’imagination, et finalement, en vibrant avec Bécaud « mes mains dessinent dans le soir….» je devais déjà avoir l’oeil en coin, pas pour déshabiller Bécaud, bien qu’il fût joli garçon, mais pour mieux apprécier « …la forme d’un espoir qui ressemble à ton corps » je devais déjà être obsédé à 10 ans sans le savoir. Mais j’aurais dû m’en douter, mon intérêt soutenu pour les films avec Ava Gardner, Rita Hayworth, Martine Carol, ou Gina Esmeralda, c’était un signe … ah Gina … Victor Gina-Lollobrigida.jpgavait rêvé Esmeralda, et il n’aurait pas pu rêver mieux que Gina. Et puis elle avait une chèvre très mutine… Mais je digresse, revenons à nos moutons. Et nos chansons. 

Il n’y a pas que les french chanteuses qui m’ont révélé des émotions intenses, je succombais volontiers et à répétition aux charmes musicaux de Mahalia Jackson, de Sidney Bechet, de Louis Armstrong, de Bix Beiderbecke, de Billie Holiday, de Rhiannon Giddens. Qui m’ont transporté dans des mondes de merveilles imaginées ou de drames entr’aperçus dans ces étranges arbres fruitiers du vieux Sud . Et puis Crolla, et Django, avec leurs envolées poético-lyriques de musiciens inspirés, avec leurs mélodies qui racontent quelque chose touchant souvent à l’universel. Et tu vois, Zazie, quand j’entends ces néo-pop-rockers (de Clermont Ferrand) qui babillent en anglais (de Clermont Ferrand) ça ne me fait rien. Ou pas grand chose, ni chaud, ni froid, à peine tiède.

Au mieux, cette jolie ballade folk  (de Clermont-Ferrand) me donne envie de réécouter Peter Paul and Mary, « a tiny sparrow » ou « Puff the Magic Dragon » ou « le déserteur » qu’ils chantaient pendant la guerre du VietNam… Et puis elle était belle Mary Travers… mais la première fois, je n’avais pas l’image, juste les voix. Ces folksingers osaient les chansons de cette poésie rebelle qui se bat sans mégoter ni barguigner, ni torticuler pour faire le top du hit dans le show avec des artifices discutables.

mary t.jpg

Et même en anglais, (de New York City) il se passait quelque chose.

Tu vois Zazie, c’est pas une question de langue, c’est une question d’histoire, ou d’histoires, il y a des chansons qui racontent des histoires, ou une histoire, celle des hommes. Et que ce soit en français, en anglais, en espagnol ou en javanais, c’est ce genre de chanson que j’aime. Une anecdote pour finir, il y a 30 ans je faisais tourner pendant des heures un album de Leonard Cohen, avec une chanson « My gypsy wife » et chaque fois, cette chanson provoquait la même émotion intense, je n’ai jamais cherché à traduire, sauf il y a quelques jours, en rangeant des vieux souvenirs, tu trouves un truc qui en découvre un autre, et un autre, et m’est revenue cette chanson avec ce solo de violon extraordinairement émouvant, et j’ai jeté un oeil sur le texte traduit, c’est en effet une belle histoire très émouvante, mais je n’ai pas eu besoin de la traduction pour le ressentir.

Parce que dans cette chanson Leonard Cohen s’est « foutu à poil » justement.

 

 Norbert Gabriel

Bande son; « Puff the magic dragon »

 

 « My gypsy wife »

(première version) cette chanson est toujours au répertoire de Leonard Cohen. Et autant par son contenu que par la fidélité de l’auteur, cette Gypsy Wife me fait penser à Suzanne, je ne sais s’il y a eu des indications en ce sens?  

 PS : que l’Auvergne n’entre pas en éruption, je n’ai rien contre Clermont-Ferrand, j’aime beaucoup cette région, et ses indigènes, Riom, Mozac, Vialatte, Gergovie, Thiers, et St Paul de Landes et du Cantal, c’est juste le rock anglo-arverne qui m’agace. Et le bal folk de Laroquebrou mérite le détour.

 PS 2 : L’agacement n’étant pas mon état favori, et puis ça finit par gâcher le teint, j’ai pris la résolution ferme de commencer la nouvelle année avec un salut à L’espoir têtu de Serge Utgé-Royo (au sujet de la chanson francophone) et aussi à Henri Courseaux dont la conférence didactique sur la chanson à texte promet quelques bons moments de culture et d’humour…  Ce n’est qu’un début, continuons le débat. Et terminons par un peu de spirituel avec la Bible, mais en version allégée, 

Festival Musicalarue 2019 : entretien avec Alexis HK

23 Déc

 

Le vendredi 16 aout Alexis HK venait également ravir les oreilles des festivaliers de Musicalarue avec les morceaux de son dernier album « Comme un ours », entremêlés de quelques anciennes chansons, à un horaire qui aurait pu s’avérer périlleux pour lui, puisqu’au même moment sur la plus grande scène de l’évènement, l’icône Patti Smith sur qui tous les projecteurs se focalisaient drainait une foule massive vers elle. Mais c’était sans compter sur le sens des priorités du public d’Alexis HK, que l’artiste a toujours su atteindre en plein cœur, par une écriture perspicace, fine, joueuse, et surtout respirant une humanité tendre et intelligente. Une humanité plus qu’un humanisme précisément, tant la considération portée avec récurrence aux êtres des espèces animales et aussi végétales (« César ») libère nos idéalismes du caractère anthropocentriste qui ne ternit que trop souvent le bel idéal. C’est sans doute en quoi la compréhension émotionnelle portée par la tendresse du regard que le poète pose sur l’être, et sur tous les êtres, parle au cœur animal battant en toute personne pas vraiment certaine que l’ensemble des qualités morales et des sentiments affectifs communément défini sous le terme d’ « humanité » soient vraiment l’exclusivité de l’homme, ni, du reste, que les penchants nuisibles et les instincts destructeurs qui ravagent le monde relèvent purement de la bestialité. L’album « Comme un ours », différent des précédents, puisque né du désarroi et du désenchantement, dans une solitude inhabituelle à l’artiste plutôt familier des collaborations et de l’amour de la vie -Alexis HK réalisa l’enregistrement quasiment seul, avec Sébastien Collinet en co-réalisateur-, imprime dans le parcours du chanteur l’empreinte d’un constat triste et même sombre qui laissera certainement sa trace. Mais c’est du plus profond des aversions amères («Les pieds dans la boue », « La chasse ») et des malaises nauséeux (« Sucré »), que l’album parvient néanmoins à retrouver le chemin de la lumière, quand l’humanité renoue avec elle-même, et se retrouve à nouveau humaine dans le regard de l’animal (« Je veux un chien »). Aussi, bien que chargé de dire à travers ces chansons, la détresse, la noirceur, le mal, le concert n’en plomba pas pour autant l’atmosphère, la générosité dans l’humour des échanges avec le public assurant un équilibre des émotions contraires, comme ce fut le cas il y a plusieurs années sur cette même scène du Théâtre de Verdure lors du concert de Pierre Lapointe. Ou comment assister à un tour de magie, par lequel un artiste nous fait adhérer à des sentiments douloureux tout en nous laissant repartir avec le sourire et un cœur en fête. Preuve que si les hommes et les dieux ne savent plus faire le monde heureux, à tout le moins restent-ils des artistes qui savent encore faire les hommes heureux. Quelques heures auparavant Alexis HK nous accordait un entretien.

 

– Alexis bonjour et merci de nous accorder cet entretien. « Comme un ours » est un album sous le signe de la solitude qui est né dans le repli et l’isolement. Etait-ce une solitude décidée par démarche artistique ou imposée par un état de fait ?

C’était un moment de solitude pendant lequel je me suis dit que ça devait être le moment d’écrire. On a tous traversé des années un peu difficiles depuis 2015 ; on est tous entrés dans des états d’esprit, que pour ma part je ne connaissais pas. J’avais déjà été triste, déprimé, mais je n’avais jamais été désenchanté de façon aussi horrible, à ce point là. Du coup je me suis un peu isolé volontairement. Mais je ne suis pas non plus parti au pôle nord avec mes chiens ; c’était plus une réclusion à domicile, à demeure, où on se lève très tôt, à des heures où on n’a pas l’habitude d’être debout. On se retrouve en pleine nuit tous seul et on essaye de travailler toute la nuit. Les premières chansons sont donc nées comme ça. Mais le but n’était pas de rester seul à vie et de s’enfermer dans la solitude. C’est un album qui raconte plutôt qu’on doit passer de la solitude à l’extérieur, et absolument se tourner vers l’extérieur si on veut s’en sortir. Rien n’est plus dur que la solitude. C’est assez paradoxal : c’est un disque qui s’appelle « Comme un ours » et qui m’a en fait permis de revenir dans le monde, de refaire des concerts, de rencontrer plein de gens. Mais c’est vrai que j’avais envie de parler de cette solitude impossible et de la mêler à certaines idées noires que j’avais à ce moment là sur la barbarie, la régression idéologique de l’Humanité, les angoisses de demain. J’avais envie d’en parler, mais je n’avais pas envie d’en rester là, et je voulais que la conclusion ce soit qu’il reste toujours de l’espoir, même quand on tombe très très bas dans sa tête.

 

– Peut-on parler de ce disque comme d’une thèse sur les conséquences de l’isolement sur la santé mentale ?

En fait faire des chansons, c’est directement une thérapie pour maintenir votre santé mentale à flot quand vous sentez que vous la perdez. L’art-thérapie est de plus en plus reconnue d’ailleurs, car transformer le désarroi en création est quelque chose d’extrêmement performant et prolifique. C’est vrai que j’ai eu des moments vraiment désemparés, où je me disais : «  tu n’as qu’une chose à faire, c’est écrire, faire des chansons, et le faire sincèrement, même si ce ne sera pas toujours évident à entendre ». Ce n’est pas un album qui recherche le succès commercial. Mais c’est un album qui a essayé d’utiliser la création de chansons pour regarder de plus près son état d’esprit, et sortir de la noirceur et du négatif, mais sans le renier.

 

– Diriez-vous que la solitude est plutôt quelque chose de nuisible dont on se sort par la création ou au contraire un état prolifique qui permet la créativité ?

C’est exactement les deux. La retraite est indispensable, à un moment donné, à la création. Mais il faut que ce soit un isolement avec des perspectives. Si c’est un isolement sans fin comme un grand tunnel noir où on ne voit pas du tout de lumière au bout, je trouve cela vraiment dur, impossible. Je parle de solitude, mais c’est presque proverbial ; ce n’est pas la vraie solitude que doivent vivre certaines personnes. C’est aussi en pensant à elles que l’envie d’aborder ce thème est venue. Quand on marche dans certaines grandes villes, on rencontre des personnes dont on sent qu’elles sont vraiment seules, et on se demande comment elles font pour tenir, pour sortir. J’avais envie de penser à tout ça, et d’y mettre une touche d’espoir, qui est de dire que dans l’humanité, la solitude pour seule perspective, ça ne marche pas. Si vous êtes un humain, vous ne pouvez pas être seul. Ce n’est pas vrai. Je ne crois pas aux ermites heureux. On peut avoir des périodes d’ermitage pour prendre du recul, être créatif. Mais si on ne va pas retrouver quelqu’un qu’on aime après, tout ça devient beaucoup plus abstrait, dans ma vision des choses, qui n’est que la mienne, très subjective. Mais j’ai vraiment réussi autour de la création de ce disque à me mettre à la place de personnes qui devaient être vraiment seules, et ça m’a troublé. Je me suis dit : « là, tu es dans ta maison, en train d’écrire, et si on t’annonçait que tous les gens que tu aimes ne sont plus là, la solitude que tu goutais et appréciais va se transformer en cauchemar total, sous le coup de l’émotion, mais aussi pour tout le reste de ta vie». On a besoin des autres, de tous les gens qu’on aime. On est liés et quand on perd ces liens, ça doit être quelque chose de très difficile.

 

– Le spectre de la période de sidération et de tristesse consécutive aux attentats de 2015 plane sur cette création. Ces idées noires sont-elles rattachées à une pensée profonde pour les gens qui ont justement perdu des proches dans les attentats ?

Bien sûr. Tous ces drames inopinés, ces gens innocents qui ont perdu la vie un soir où ils allaient à un concert. C’est ce qui nous a montré à quel point tout était fugace, inattendu et précieux. Tout notre entourage est précieux et il faut en prendre soin et s’aimer, vraiment. Ce n’est pas anecdotique ; ce n’est pas une pensée de chanteur de charme : c’est indispensable.

 

– Vous, qui étiez plutôt coutumier des collaborations et des partages de scène jusque là, avez avec « Comme un ours » réalisé évidemment un album sur la solitude, mais également dans la solitude, quasiment seul. Est-ce une expérience qui donne envie pour le prochain album de s’ouvrir à nouveau à des collaborations ?

Bien sûr. Ce disque est un peu une sorte de parcours initiatique où commence un projet. Vous sentez que vous avez pas mal d’idées, pas mal de trucs à dire, mais aussi que ce n’est pas facile. Et puis vous avancez, et vous dites que pour être en conformité avec les pensées de cet album, il faut le faire le plus seul possible, juste avec un musicien avec moi. On ne va pas faire intervenir douze mille personnes, parce que ça ne collerait pas. J’aime bien ce disque ; pourtant je n’ai pas l’habitude de parler comme ça de mes disques. Mais celui là je l’aime bien, parce qu’il est cohérent et très sincère dans son intention et la façon dont il a été fait par rapport à l’intention de départ. Mais si j’en fais un autre, je ne refais pas celui là ! C’est un album que vous faites une fois dans votre vie. C’est un album qui permet de faire le point et le bilan sur ce que vous ne voulez plus, et ce que vous attendez de la vie.

 

– Ce n’est donc pas un sillon à creuser ?

Exactement ! Ce n’est pas un sillon à creuser. C’est un disque de passage, dans un âge où on vieillit, où on voit les choses différemment. On n’a pas le même regard à quarante cinq ans qu’à vingt deux ans ou à quinze ans. Cette partie là de ma vie est importante, parce que déjà, elle est assez jouissive ; je l’aime beaucoup. Je n’ai pas envie de la gâcher, et en même temps j’avais envie de faire un vrai point sur là où j’en étais, ce qui me faisait flipper, ce que je ne voulais plus jamais et ce vers quoi je tends. Et ce vers quoi je tends effectivement, c’est d’aller plus vers du monde, des collaborations, des amitiés. Ça, ça existe encore ; personne n’a réussi à nous l’enlever encore. Dans tout ce qu’on peut dire sur l’état du monde, il y a encore des choses très positives qui se passent entre les gens tous les jours, et on en parle rarement, parce qu’il y a un environnement médiatique qui nous pousse à avoir envie de nous suicider tous les matins. Mais il y a beaucoup d’espoir à avoir aussi dans une époque comme celle d’aujourd’hui, beaucoup de choses à construire et à repenser aussi. Et je trouve qu’on a pas mal d’outils pour le faire : on peut communiquer beaucoup ; on peut construire beaucoup de choses. Et c’est vers ça que je tends, dans un discours positif de fin du monde, puisque tout le monde dit que c’est la fin du monde. Moi je veux une belle fin du monde, positive et amoureuse.

 

– Il y a du vrai, et on s’en est rendu compte à Bordeaux cet été, où il y a eu comme dans d’autres villes en France une série d’expulsion avec pour conséquences des centaines de gens se retrouvant à la rue, ce qui a provoqué spontanément un gros élan de solidarité venant de toutes parts, de militants et sympathisants anarchistes, mais aussi de citoyens d’autres convictions politiques, ou même pas politisés du tout qui réagissaient simplement en humains. Constatez-vous l’existence de ce genre d’élans encourageants?

Bien sûr ! Comme dans les villages où ils font venir des migrants. Au début il y a des tracts du Front National, et puis après quand les migrants s’en vont, tout le monde pleure en les regardant partir. On sait que c’est comme ça. On a tous bon cœur. Ce n’est pas de la démagogie ; j’en suis persuadé. Je sais que quand on est vraiment viscéralement fasciste, c’est qu’on a un problème de santé, un truc à régler, un problème d’organisme qui ne va pas. Mais ce n’est pas la majorité des gens sur cette planète aujourd’hui, sinon le monde serait détruit depuis longtemps. S’il n’y avait pas une majorité de gens qui ont envie de construire des trucs et de s’aimer entre eux, ça ne fonctionnerait pas. Je crois à ça. Mais je sais aussi qu’il y a  des choses un peu flippantes, de solitudes connectées, où on peut s’enfermer derrière des appareils qu’il faut qu’on maitrise, car ça vient d’arriver. On est comme des enfants de cinq ans avec le numérique. Mais sur le fond, je n’échangerais pas notre époque actuelle contre une époque d’avant. Je ne suis pas du tout nostalgique. Je n’aurais pas voulu vivre dans les années soixante. J’aime bien cette époque : elle est compliquée, complexe, mais il y a de belles choses, des choses étonnantes. Il y a  beaucoup d’amour ; il y a des gens heureux. J’en suis persuadé : ils existent. Rien n’était mieux avant. Malgré tout ce qu’on peut dire, l’Humanité évolue et continue à évoluer. Et elle n’évolue pas vers le racisme et ce genre de choses, mais ce sont des choses qui reviennent, parce qu’il y a des crises, et que c’est utilisé. Mais ce n’est pas le noyau de l’Humanité : le rejet n’est pas le cœur de l’homme.

 

– Les animaux occupent une grande place dans vos chansons, que ce soit pour parler des rapports humains à eux ou pour évoquer métaphoriquement des traits de caractères, voire aborder carrément des thématiques politiques comme avec le titre « On peut apprendre ». Sont-ils une source nécessaire d’inspiration ?

Pour moi les animaux, c’est le vrai repère quand on ne sait plus trop comment regarder la vie et à quoi l’identifier, à quelles images. Il y a des animaux qui sont tellement bien identifiés dans leur personnalité, c’est-à-dire que les chiens font tous un peu le même truc, les chats aussi. Ils ont tous leur tempérament et ils n’ont pas de filtre. On a beaucoup à apprendre d’eux. Et pour un mec qui aime écrire, les animaux sont de vrais alliés, parce qu’ils sont tous différents, tous bien déterminés et possèdent tous leurs clichés, qu’on pourrait rapporter à un pan de notre personnalité à un moment donné. C’est une espèce de mélange de tout ce qui est animal qui a donné nous ; c’est ainsi que je le vois. Tout le monde l’a fait : c’est impossible pour un mec qui fait un peu de poésie de ne pas avoir de métaphore animale, sinon il perd un gros pan de ses repères thématiques et de son imagerie. C’est une galerie de portraits incroyable. S’il n’y avait pas d’animaux dans les dessins animés, que ferait-on comme dessin animé ? Demandes à Tex Avery de ne pas utiliser un chien, un chat, une souris, dans ses dessins, il va être emmerdé. Chez Lafontaine, c’est carrément politique : c’est de la subversion, de la résistance, grâce aux animaux. Ou La ferme des animaux de Georges Orwell. Quand on utilise des animaux, on relève d’une tradition en fait. On fait un truc que les mecs d’avant ont fait et que ceux d’après feront, sauf quand il n’y aura plus du tout d’animaux, mais on n’en est pas là encore.

 

– Une dernière question au sujet de Renan Luce et Benoit Doremus, avec qui vous êtes parti sur les routes en tournée, et que vous avez invités sur votre album « Le Dernier Présent » pour la chanson « Ignoble noble ». Comment vous êtes vous connus ?

J’ai rencontré Renan en 2006 en Charente. Il y  avait un lycée avec un CPE qui était complètement dingue, fou de chanson, et qui organisait des venues de chanteurs avec des ateliers et des concerts. Cette année là, il avait fait très fort : il y avait Abd Al Malik, Bab X, Renan, Florent Marchet, enfin vraiment du beau monde de la chanson. On a sympathisé très vite, et Renan a cartonné l’année suivante avec son album « Repenti ». Donc je suis venu jouer avec lui à La cigale ; j’ai fait ses premières parties un peu partout en France. On est devenus très amis, et on connaissait tous les deux Benoit Doremus. On a vraiment formé un trio, quand on a fait la tournée « Seuls à trois ». Ce sont deux amis très précieux avec qui je me sens bien, parce qu’on a à la fois le même humour de merde, et aussi un sens de l’écriture que j’aime beaucoup et que j’adore chez eux.    

 

Miren Funke

Photos : Océane Agouteborde, Miren Funke

Pour le site d’Alexis HK, faites un câlin à Baloo –>

 

UNE CHAMBRE EN INDE Ariane Mnouchkhine et la troupe du Théâtre du Soleil

22 Déc

 

UN SPECTACLE COUP DE POING AU THEATRE DU SOLEIL

   

 Venir au Théâtre du Soleil, c’est toute une expérience. Après avoir cheminé à travers le bois de Vincennes, contourné l’enclos des chevaux de la Cartoucherie, le théâtre apparaît au loin avec ses lumières et son public grouillant, impatient. C’est la patronne qui nous accueille avec sa troupe, déjà costumée. Fière de déchirer les tickets et de nous accueillir, Ariane Mnouchkine place d’emblée le spectateur dans la machine d’un théâtre en perpétuelle construction. Des curieux se pressent discrètement pour admirer, derrière une toile avec de petites ouvertures, les loges des comédiens qui se préparent. 

Imaginée en Inde, cette création chorale ancre son action dans la chambre de Cornélia, metteuse en scène venue en Inde avec sa troupe pour écrire un nouveau spectacle. Elle n’arrive pas à trouver l’inspiration, elle cherche, ses comédiens lui font des propositions, même quand une idée lui vient, cela ne va pas… Cette insatisfaction permanente qui rythme le spectacle, confronte le public aux enjeux de la création d’un spectacle vivant. Trouver un sujet, une idée , une forme qui se tienne ? C’est à partir des difficultés et contraintes que le spectacle se crée sous nos yeux émerveillés par cette mise en scène magique. De la chambre, lieu intime privé, surgissent de nombreux personnages tout droit sortie d’un conte : des dieux indiens, un nageur, des djihadistes, des hommes torses nus avec des torches enflammées. Entre rêves, réalité et cauchemars, la scène du théâtre se transforme à chaque fois grâce à l’énergie époustouflante, à la présence et au talent de ces comédiens originaires du monde entier !

En ce moment cette chambre me paraît située au centre même du monde

                            Virginia Woolf, Les Vagues,  1931

La magie et les rêves entraînent aussi les cauchemars, une réalité qui concerne tous les spectateurs. Ariane Mnouchkine utilise les attentats du 13 novembre 2015 comme toile de fond. 

Ces sujets dits « sérieux », « graves », politiquement incorrects sur une scène de théâtre, défient ce que les terroristes auraient voulu imposer à notre pays. La force créatrice d’Ariane Mnouchkine et sa troupe met K.O toutes les idées arriérées qui sclérosent et rendent malheureux les humains. 

 Des personnages tels que des djihadistes détenant des femmes portant une burqa afghane jouant une scène de cinéma dans le désert de l’état islamique, un combat entre forces kurdes et américaines.

 De nombreuses scènes parodient et suscitent le rire. Les difficultés qu’éprouve la metteuse en scène, en panne d’inspiration, font échos à ces funestes évènements : comment continuer à créer après toute cette barbarie, l’art peut-il encore avoir un rôle à jouer dans notre monde ?

       Oui on peut rire du terrorisme sur scène, il le faut même. (Ariane Mnouchkine)

 

Ariane Mnouchkine est une vraie virtuose de la scène. Elle utilise de petits détails qui, assemblés les uns aux autres, créent un spectacle d’une justesse inouïe. La scénographie est calculée au millimètre près, la beauté des déplacements des comédiens donne vie à cette chambre hantée par des personnages qui ne demandent qu’à faire irruption devant le public. La musique ponctue ces apparitions quasi fantomatiques. Des dieux indiens en costume traditionnels viennent exécuter une danse virtuose. De nombreuses influences nourrissent les créations de Mnouchkine, femme de théâtre amoureuse de l’Inde et des traditions théâtrales internationales , mais surtout asiatiques: le nô, le kabuki (théâtre sacré hérité de danses religieuses).

La culture et la passion de créer l’emportent à tous les coups. C’est un spectacle d’une qualité immense, quel courage ! Un chef d’oeuvre.

 

Mathias Youb

Vincent Delerm un funambule de la scène

15 Déc

©NGabriel2019

Samedi 7 Décembre 2019

Dans son dernier spectacle, Vincent Delerm offre un patchwork des arts de la scène, qu’il conduit comme un funambule nonchalant sur son fil, et qui  organise un déséquilibre maitrisé pour mieux nous embarquer dans son histoire à ricochets . On pourrait dire aussi un funambule en improvisation dans les tiroirs entrouverts de nos mémoires partagées. Il y a une parfaite cohérence avec le film qu’il a réalisé, « Je ne sais pas si c’est tout le monde … » avec une bande son qui chuchote,

 C’est un air détaché
Pour chanter le fil enchanté.

Le joli fil entre nos cœurs passé…

Cette série de semaines prolongées à La Cigale s’est terminée en farandole guidée par l’humour malicieux et chaleureux de l’artiste, en attendant 2020 et d’autres dates à venir , voici quelques images pour vous donner un aperçu, et aiguiser l’appétit d’aller le découvrir  pour de vrai …

Pour voir les images en plein écran, clic sur  l’image et l’écran s’ouvrira.

La tournée 2020 c’est là –> Toquez sur la roulotte

 

 

Le site pour tout savoir et plus encore,

Demandez au monsieur  –>

 

 

 

 

 

 

 

Norbert Gabriel

Festival LES AVENTURIERS #15

9 Déc
Le Festival-Club des musiques émergentes et indépendantes  Fontenay-sous-Bois – 11 au 20 décembre 2019

Concert de clôture 20/12

KOLINKA & FRIENDS

Les 1ers invité-e-s de Richard  
CALI
MADEMOISELLE K
BACHAR MAR KHALIFE 

 

Le Festival-Club des musiques émergentes et indépendantes
Durant  10  jours, le  festival  Les Aventuriers, évènement incontournable de l’est parisien et dernier festival de l’année, monte  le  son  et poursuit  ses  explorations  sonores   dans son bastion de Fontenay-sous-Bois. Une programmation audacieuse et défricheuse qui met une fois de plus en avant la découverte et la diversité musicale,  en faisant la part belle aux artistes émergents et indépendants et en dénichant de véritables pépites sonores, sans oublier de grands noms et des surprises pour clôturer cette édition anniversaire, avec un cru 2019 particulièrement marqué par l’égalité femmes-hommes.

 

KOLINKA & FRIENDS
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Pour cette édition anniversaire un concert de clôture exceptionnel  ! 20  décembre – 20 h – Salle Jacques Brel

 

Une création orchestrée par l’artiste fontenaysien Richard Kolinka (batteur mythique de Téléphone / Les Insus), réunira pour l’occasion 8 groupes, dont plusieurs ont joué en tant que « découvertes » aux Aventuriers depuis les années 90, avec des invités surprises également … 
Les recettes de la soirée seront reversées à une association.

 

Les premiers noms :
CALI, passé aux Aventuriers en 2005 et 2006 
MADEMOISELLE K, ce sera sa 1ère fois !
BACHAR MAR KHALIFE, passé aux Aventuriers en 2013 … à suivre …

 

Parmi les temps forts de la programmation 
Des artistes féminines internationales à l’honneur: Dope Saint Jude, la reine du rap queer d’Afrique du Sud, l’écossaise Soom T fer de lance d’une culture reggae engagée, Muthoni Drummer Queen la tornade pop kenyane, ou encore La Dame Blanche, ovni hip-hop cubain.
Coup de projecteur sur les musiques électroniques avec la techno militante de la globetrotteuse La Fraîcheur associée au producteur Leonard de Leonard, l’électro « florale » et ensorcelante de la plasticienne Irène Drésel et l’un des piliers du label allemand Boysnoize Records Djedjotronic. Nous accueillerons la « conteuse d’histoires vraies sur fond d’électro » Suzane ou encore les ballades trip-hop hispanophones de la franco-vénézuélienne  La Chica.
Vent de révolte avec la scène rock et post-punk française avec MNNQNS et RENDEZ VOUS, en partenariat avec la JIMI (Journée des Initiatives Musicales Indépendantes)
Soirée spéciale « Années 90 » avec le supergroupe parisien Bryan’s Magic Tears (où on croise des membres et ex-membres de La Secte Du Futur et Marietta) et la formule inédite de « game concert » des rennais de Totorro & Friends autour du jeu vidéo mythique « Another World ». Avis aux gamers ! En ouverture Normcore, groupe de rock local, lauréat du tremplin « Jeunes Aventuriers » qui fait peau neuve cette année.

 

Photo ChanTal Bou-Hanna

Pour compléter cette édition anniversaire, un livre relatant l’histoire du festival sera édité et disponible en libre accès sur le site du festival. Des années 90 à aujourd’hui, ce sont plus de 200 artistes qui sont montés sur la scène des Aventuriers: témoignages, anecdotes et photos. Une exposition de photos et d’objets sera également visible durant le festival dans plusieurs lieux de ville.

Au-delà de sa programmation, Les Aventuriers, fidèle aux valeurs d’écologie, de citoyenneté et de solidarité, demeure un festival engagé et met un point d’honneur à rester encore et toujours accessible avec un prix d’entrée dès 8 euros (hors soirée de clôture) mais aussi un concert gratuit d’Estelle Meyer.
Organisé par une équipe de passionnés, voici un petit « grand » festival chaleureux et intimiste, plein de bonnes surprises, pour finir l’année en musique et ravir les oreilles aussi bien d’initiés que de curieux.On vous attend nombreux-ses …

 

Toute la programmation:
11 déc – 20 h – Espace Gérard Philippe – 26 rue Gérard Philippe LA DAME BLANCHE + SOOM T & THE STONE MONKS
12 déc – 20 h – Espace Gérard Philippe NORMCORE + BRYAN’S MAGIC TEARS +TOTORRO & FRIENDS
13 déc – 20 h – Espace Gérard Philippe DOPE SAINT JUDE + MUTHONI DRUMMER QUEEN
14 déc – 15 h 30 – Médiathèque Louis Aragon – Entrée libre Table ronde par ÉRIC TANDY « LES AVENTURIERS : L’ ÉPOPÉE DU FESTIVAL »
14 déc – 17h  – Médiathèque Louis Aragon – Entrée libre ESTELLE MEYER
14 déc – 17h  –Espace Gérard Philippe LA FRAICHEUR & LÉONARD LÉONARD + IRENE DRESEL + DJEDJOTRONIC
16 déc – 20 h 30- Cinéma Le Kosmos – 243 ter avenue de la République HAUT LES FILLES- Documentaire de François Armanet, en présence de  François Armanet et du coscénariste Bayon.
17 déc – 20 h – Espace Gérard Philippe LA CHICA + SUZANE
18 déc – 20 h – Espace Gérard Philippe La JIMI du Festi’Val-De-Marne aux Aventuriers :- MNNQNS + RENDEZ VOUS
Navette gratuite AR place de la Nation/Paris – Fontenay

LES MILLE ET UNE NUITS, UNE INVITATION AU REVE DE GUILLAUME VINCENT

7 Déc

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« SI TU VEUX QUE TON CHIEN TE SUIVE, AFFAME LE » Shéhérazade

 Introduits au sein de la société du XVIIIeme siècle,  le conte des Milles et Une Nuits est une œuvre rassemblant des récits épars, traduits de l’arabe par Antoine Galland, théoricien envoyé en Orient pour ramener des objets étrangers en France. Il est question de voyage, de découvertes mais surtout d’exotisme : les écrivains du XVIII eme siècle se sont inspirés de ces contes merveilleux en utilisant la fiction pour contourner les censures du pouvoir. Dans ces récits fictifs extraordinaires, la narration réfléchit sur l’effet de l’histoire sur le lecteur. Mais dans cette création, la morale n’est pas ce que Guillaume Vincent a voulu utiliser directement. Il se sert des contes pour emmener le spectateur dans plusieurs histoires, des rêves éveillés.

            « Shéhérazade arrête la barbarie par la fiction » (Vincent)

 

 Guillaume Vincent utilise le matériau des Mille et Une Nuits, des histoires fantastiques et fantasmées, pour plonger le public dans la fiction, lieu du voyage et de l’infini possible.

Des mondes imaginaires se succèdent devant nos yeux, le rêve prend forme avec une violence en fond. Car tout se passe dans le palais du sultan qui, chaque nuit, tue une femme pour assouvir ses désirs de despote tyranique. Sur scène, des prétendantes vivent leurs derniers instants, dans une sorte de salle d’attente avec musique d’ambiance. La scène de l’Odéon se transforme en une fresque de petits rêves très amusants à regarder. Mais l’histoire peut être racontée grâce à Shéhérazade qui, tous les jours, doit tenir le sultan en haleine par la fiction. La fiction sauve les personnages et nous sauve par la même occasion. 

      « Il faut qu’on se perde là- dedans. Qu’on ne sache plus trop où on est »

Compagnie Midi Minuit
Les Milles et une Nuits  création de Guillaume Vincent très librement inspirée des 1001 Nuits
Mise en scène Guillaume Vincent
Dramaturgie Marion Stoufflet
Scénographie François Gauthier-Lafaye
collaboration à la scénographie Pierre-Guilhem Coste
Lumière César Godefroy
collaboration à la lumière Hugo Hamman
Composition musicale Olivier Pasquet
Son Sarah Meunier-Schoenacker
Costumes Lucie Ben Dû
assistant à la mise en scène Simon Gelin

Voir ci-dessous,

Mathias Youb

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