Monsieur le Président,

31 Mai

Je vous fais cette lettre, que vous lirez certainement, en président conscient des enjeux culturels qui sont partie prenante dans les débats de société qui agitent la France depuis quelques mois.(…)

Pour la suite, suivez le facteur,  et clic sur le vélocycle.

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Arthur de la Taille…

17 Oct

Même si les anges nous jettent des pierres, même s’ils sont devenus fous, vivre est un voyage, une aventure, plus ou moins risquée, et il paraît que ça finit mal selon certaines sources. Mais en attendant l’épilogue, le visa sans retour, on peut essayer de faire la traversée en navigateurs résolus à cueillir l’or des jours.

Les orpailleurs du quotidien‘ pourrait être le sous-titre de l’album Ministère des ondes d’Arthur de la Taille, salué par un coup de cœur de Charles Cros*, toujours bien inspiré. A défaut de fière caravelle portée par les vents oiseleurs vers des îles parfumées de soleils permanents qui subliment les filles et les fleurs, suivons les chemins de traverse du ministère des ondes, ces ondes qui éparpillent des musiques colorées de toutes les nuances avec quelques notes de guitare ou d’accordéon mélancolique sur un bord de Seine..

Et tout ça fait résonner comme un air d’Higelin « Vivez aujourd’hui, demain il sera trop tard. »

Ou quelques vers d’Arthur de la Taille

Comme on avance dans la vie
Et que l’on veut trouver de l’or
Forcément on fait des erreurs
à courir après les nuages…

Les nuages, là bas, les merveilleux nuages… Oui mais là-bas, « c’est le lointain rivage, le paradis bleu par delà les sommets… »** le pays d’Ellie peut-être ?

Pour le savoir, rendez-vous le 19 Octobre, on y est presque, c’est le jour de sortie officielle de l’album.

Et pour avoir un aperçu (version guitare voix)

 

avec le clip et l’extrait de l’album,

 

 

 

Pour Arthur FaceBook   Clic ici–>

 

  • Le Prix de l’Académie Charles Cros récompense depuis plus de 60 ans des albums remarqués et remarquables
  • ** merci à Jean Richepin de son aimable participation, à son insu mais probablement de son plein gré… Les oiseaux de passage..

Norbert Gabriel

Et c’est ici qu’il est en vente –>

Cabaret Louise ..

4 Oct

Photo Xavier Cantat

Au rendez-vous avec Louise (Michel) vous êtes embarqué dans un voyage dans le temps et une série d’aller-retours en tempo vitaminé entre les années 1970 et 2018. Raconter ce spectacle sans divulgacher (en englishe « Spoiler ») est une entreprise impossible, mais …

Mais, on peut essayer de vous allécher sur un autre registre que la ribambelle d’éloges dispensés par la presse depuis sa création.

Imaginons que vous, spectateur aventureux, êtes devant un flipper, un de ces vieux machins que les moins de 40 ans connaissent peu, ça marche comme ça : vous envoyez une boule dans le labyrinthe, elle va retomber sur des plots réagissant en donnant des points ou, comme dans le cas présent, vous envoyer dans des flashes-back de l’histoire : dzoing, et vous êtes en 1968 avec Moustaki et sa Révolution permanente, re-dzoing, rebond vers les années de la Commune de Paris en 1870-71… avec Louise Michel…  et Théophile…  La boule ricoche vers un autre plot qui …

Tiens, c’est bizarre, on entend un discours d’Adolphe Thiers et le plot suivant ressort le même discours d’un président de 2018… Vous avez dit bizarre ? Comme c’est étrange… Quoi que … Avec ces ricochets dans le temps et l’histoire, on croise entre autres Rimbaud, Hugo et Jules Ferry, qui ne sort pas indemne de l’aventure…

Le croirez-vous ? Johnny himself est présent dans le panorama.

Panorama à la gloire de cette femme exceptionnelle, Louise Michel. Et même si on connait ses évangiles révolutionnaires par cœur, quelques images d’Epinal de notre histoire de France se font reloooker le profil.

Dans ces virevoltes, les deux comédiens polymorphes funambulisent entre les pages des chroniques révolutionnaires et leur vie de couple de scène, ou du quotidien de la vie d’artiste; qui est vraiment Louise, et qui est Théophile ? Où est la fiction et la réalité ? Reste la révolution… permanente.

Un spectateur enthousiaste a écrit: «  Un spectacle foutraque et foldingue, d’une intelligence et d’une efficacité redoutables. Un temps de théâtre où plaisir de réfléchir et plaisir de s’amuser font un très bon ménage. Un conseil ? Courez le mardi à 19h30 au Funambule Montmartre. »

C’est un point de vue totalement partagé,

Photo Xavier Cantat

Quelques conseils pratiques ,

  • d’abord arriver à l’heure  19h30, voici pourquoi →
  • Révisez votre bréviaire de Mai 68, vous en serez ravi, et peut-être un spectateur actif.
  • Ça se termine avant 21 H, vous avez le temps d’aller prendre un pot avec les comédiens dans un bistrot voisin ou de vous offrir un restau à une heure décente.

 

Pour les modalités pratiques, clic sur le théâtre

 

 

Et pour quelques images de plus,

PhotosNGabriel2018

Norbert Gabriel

 

Saravah 2018 aux Abbesses..

20 Sep

Il y avait pas mal de raisons pour ce rendez-vous… Réunion des amis présents depuis les origines et réunion des enfants de Saravah qui ont tous eu un jour ou l’autre, une pincée de ce pollen dans leur vie.

Le prétexte était la présentation in situ du livre de Benjamin Barouh, dont l’enfance se mélange intimement à la naissance de Saravah, le plus ancien label de chanson francophone en activité.

Bien évidemment l’ombre de Pierre Barouh a traversé cette soirée comme une présence presque palpable. Avec en filigrane, sa profession de foi essentielle  sur l’art des rencontres et la vertu des impondérables… Avec ces deux axes fondateurs, la vie est une aventure souvent miraculeuse..

Aujourd’hui, l’entrée de l’impasse des Abbesses qui mène au fond la cour vers le numéro 8 où était le studio est toujours une sorte de mur dazibao qui perpétue l’esprit de Saravah, consciemment ou pas.

Dominique Barouh est venue faire un passage dans la cour de tous les miracles, là où Brigitte Fontaine Jacques Higelin et Areski Belkacem ont eu les micros ouverts sans limite pour graver leurs rêves de chansons et de musiques.. Avec David Mac Neil, Aram Sédéfian, Jack Treese et quelques autres invités à concrétiser leurs albums.

Peut-on raconter une soirée Saravah ?  C’est une sorte de mix entre Hellzapoppin et les Marx Brother’s à l’opéra… Ou bien un happening où tout peut arriver.  Dans le café brasserie St Jean, qui a connu les années de naissance de Saravah, l’idée d’un spectacle est comme qui dirait aussi utopique qu’un concert de Mozart au PMU de Champigneules le jour du Grand Prix de l’Arc de Triomphe..  Un pari don quichottesque.

Néanmoins, c’est un moment privilégié de rencontres amicales, même avec des amis qu’on ne connait pas encore…  Et qu’on aimera pour la vie.

Voici en quelques images des moments de cette soirée. Le 8, où était le studio, la photo des « anciens », Benjamin Barouh et David Mac Neil aux signatures… En cliquant sur l’image, elle s’agrandit, c’est magique !

Des scènes prises au vol, avec plat du jour, et photos de « famille » ou presque ..

Trois instants volés des moments chanson, et pardon aux autres invités chanteurs, mais les conditions étaient assez acrobatiques et carrément impossibles, sauf à déranger 40 personnes…

Saravah Pierre, c’était très chouette de faire ce voyage aux origines de Saravah.  Pour le livre de Benjamin Barouh, c’est là: –>  clic sur le livre..

 

Et demain ou après demain, un moment avec David Mac Neil pour un de ses livres..

 

 

Norbert Gabriel

Dix ans de La Puce à l’oreille

19 Sep

 

C’est en 2008 que cette salle indépendante ouvre sa scène aux musiques actuelles et au spectacle vivant, rue du général Chapsal, à Riom, juste en face du lycée Virlogeux. Un tremplin sur la route des artistes, une scène pour les artistes confirmés.

Depuis septembre 2008, l’association Le Champ des Notes est aux commandes de La Puce a L’Oreille et propose un projet culturel et artistique dynamique en faveur de la diffusion des musiques actuelles et du spectacle vivant…   La Puce a L’Oreille c’est environ 65 dates et plus de 14 500 spectateurs et usagers par an !  

La Puce à l’oreille, c’est aussi l’accompagnement des artistes, répétitions, résidences, enregistrements, une action culturelle en milieu carcéral, et la mise à disposition de la salle pour des organismes publics ou privés. La Puce a L’Oreille est devenue un passage obligatoire pour toute la scène alternative.

Johnny Gordolon en est le programmateur, régisseur technique, Amélie Compere la responsable de communication, administrative et gestion de projets, Basil Reverte le régisseur général, responsable de la sécurité, et location de la salle. Une équipe, un bureau, et des bénévoles pour aider aux concerts, et à la communication.

Dix ans et de beaux souvenirs, j’ai eu le bonheur de voir ici ou par extension dans la salle Dumoulin, Lo’Jo, Les Doigts de l’homme, Oldelaf, Camille Simeray et Sam Brugière avec leur spectacle Barbara du bout des lèvres, JB Notché, et bien d’autres, spectacles variés, de la chanson à texte, au rock, rock alternatif, ou rockabilly des années 50, en passant par le rap, l’électro, jusqu’à ce dixième anniversaire somptueusement fêté depuis le début de l’année, 10 ans, 10 grands rendez-vous musicaux, parmi  lesquels nous avons pu voir De Si De là, Pigalle, Les Ogres de Barback, et ce n’est pas fini, les prochains rendez-vous sont Cock Robin, le 5 octobre, Christian Olivier le 16 octobre, Laurent Lamarca le 19 octobre, entre autres.

Mais cette journée du 15 septembre était comme une apothéose, une première scène extérieure à Riom, sur la place Eugène Rouher, en face de l’ancienne manufacture des tabacs.

Deux temps pour cette journée,  plusieurs concerts gratuits l’après-midi, Baraban, Belladone,  Lorkestrapil, des animations, des stands, et Radio Arverne pour capter et enregistrer les lives.

Et une soirée de 19 heures 30, à 2 heures du matin… Voire plus !

C’est Belfour qui ouvre le bal, un duo qui voyage entre Clermont-Ferrand, d’où ils sont originaires, et Paris , un projet né en 2010, une musique nuancée et puissante, aux racines blues,  un côté tribal qui évolue vers des sonorités plus modernes, entre blues , folk, rock hypnotique et musiques africaines, Belfour, c’est la voix aérienne de Lucie Mena et les guitares envoûtantes de Michael Sacchetti : Leur musique est un road trip façon Telma et Louise. Un saut dans le vide qui les conduit sur scène. 

On a pu les voir récemment à Thiers pour la Pamparina, en juillet dernier, à la Coopérative de mai ou encore à Ambert pour les 2 jours de dégustation de la fourme d’Ambert. Un millier de spectateurs  sont venus les applaudir, et la foule devient encore plus dense au rendez-vous de Debout sur le Zinc, le deuxième groupe de la soirée.

Debout sur le Zinc, c’est 20 ans de route, 2000 concerts, 8 albums, dont le dernier en 2015, Eldorado,  et des participations à des projets, comme le Brassens pour les enfants, où ils interprètent Mourir pour des idées et Les Passantes, l’écriture de Poil aux yeux pour l’album pour les enfants des Ogres de Barback, ou encore l’arrangement de Mangeur de lune dans un album de Bratsch.

Sept musiciens, dont deux chanteurs :

Thomas Benoît : contrebassebasse

Sept gars dynamiques, souriants et talentueux, qui ont mis le feu à cette assemblée, paroles reprises en choeur, vagues de bras en l’air, et pieds trépignant  aux accents de leurs musiques aux rythmes rock, tziganes ou orientaux , où flâne parfois un petit air d’accordéon, accompagnant des textes qui eux aussi tiennent debout, riches de sens et de subtile poésie, d’un engagement positif, d’un optimisme têtu, des histoires qui  redonnent confiance en la vie, qui ne peuvent pas laisser indifférent , des histoires à chanter debout : Il n’est jamais trop tard pour s’estimer heureux et faire confiance aux lendemains…

Parmi ces chansons, celles de leur dernier album Eldorado, l’une des plus marquante,  Lampedusa :

Quand t’as tenté ta chance
À bord de ce bateau
T’imaginais la France
Comme un eldorado
Contre vents et marées
Tu es resté debout 
La Méditerranée
Avait une faim de loup…

 

La Pleureuse :

Je suis la femme blessée 
Qui ne se relève pas
Je suis la femme glacée 
Celle qui compte ses pas 
Je suis la femme voilée 
Qui voile ses pensées 
De la tête je suis inclinée 
De le fête je suis évincée 
Mais je suis la femme éternelle 
Si jeune et si âgée 
Du monde je suis la sentinelle.

La Relève :

Un jour ils s’aiment ils s’en font le serment 
Pour la vie et jusqu’au ciel 
Pour une heure seulement 

Dans l’élan sur le temps qui court innocent 
Dans l’élan jaillit de l’amour insolent  .

 

Et des chansons que l’on retrouve sur les autres albums, comme La  Valse misère :

Je voudrai faire vœux 
De ne jamais détourner le regard 
Mais je sais bien que dans les gares 
On est toujours trop en retard 
J’aimerai bien faire valser la misère 
Jusqu’au bout de l’univers 
Jusqu’aux confins du ciel 
Mais je redescends trop tôt sur terre 

Alors reprend le train-train quotidien 

La déclaration,

Les mots d’amour :

Quel était le refrain du jour?
Si je l’oublie, je cède encore.
J’aimerais écrire des mots d’amour,
Jeter l’éponge, un peu, tenter le sort.
Une pause ici pour poser là,
Entre deux conflits, entre deux coups d’éclat.
Une pause pour dire autour de moi,
Mon ami, mon frère, mon amour, écoute-moi.

Des mots pour toi mais que je n’dis pas.

Des mots pour toi mais que je n’dis pas.
Ceux-là.

2 fois Oui :

Et c’est l’heure
Aujourd’hui
L’instant choisi
Oui c’est l’heure
Aujourd’hui
De balayer les soucis
De parler d’amour et de vie
L’instant choisi
Pour tout dire en deux mots
Deux fois oui .

Oublie moi,

La fuite en avant, et tellement d’autres que j’aurais envie de les partager toutes, ils chantent aussi Brassens, Bourvil, Boris Vian . Et tout le monde reprend en choeur les chansons  dans un bel élan intergénérationnel partagé, tout le monde, debout :

Rester debout encore un peu et demain 
Debout comme rêve de vivre
Sans l’ennui et sans le chagrin
Rester debout comme on se sent bien
Debout comme on se sent libre
Debout on se retrouve enfin .

Après une pause autour des deux bars, ou des points de restauration, Big Mama et La Popote mobile, ce sont Les Hurlements d’Léo qui envahissent la scène.

Les Hurlements d’Léo, c’est plus de 20 ans de carrière, de route, depuis leur naissance à Bordeaux en 1996, leur premier album : Le café des jours heureux, et leur renaissance, en 2009, jusqu’à leur 10 ème album, et leur nouvelle tournée :  Luna de papel, un chemin de partages, partages avec leur copains de cœur et d’esprit, Les Ogres de Barback, Nilda Fernandez, Mélismell,  Francesca Solleville, et bien d’autres, un chemin d’échanges, de projets atypiques, de rencontres, entre chanson française et rock.,   java-chanson-punk-caravaning, comme ils disent, caravaning et le fameux chapiteau Latcho Drom, avec les Ogres de Barback, Un Air, Deux familles, et un tour d’Europe.  Un groupe de huit membres, aujourd’hui :

Huit membres dont la devise est le vivre ensemble et le partage, rappelant qu’ils ne sont pas une association politique, mais humaniste. Et là encore, on a l’impression d’être en famille avec eux, une famille humaine, et on chante avec eux, comme entre copains, toutes générations confondues, ils font passer une énergie festive.

Des chansons de leur dernier album, Luna de papel, et de tous les autres albums, L’accordéoniste, Toujours, Simone, Jojo, La Lune, Grand-mère, La marmaille nue, Les frères misère, La rouille… etc. Chansons que tout le monde reprend en choeur.

Les ombres dansent la bacchanale 
Sens-tu monter l’odeur de soufre 
De tous ces diables 
Enfants de cale 
Fuyons avant 
Qu’ils nous étouffent 

El silencio vale mas que nada 
Y arriba la luna de Papel 
El ruido no lleva lo que falta 
Y arriba la luna de papel 

La liberté :

J’ai joué avec le soleil 
qui m’a cramé les ailes 
mais je l’ai vu de si près 
que peu de gens peuvent en dire autant 
La liberté ou la mort 
j’aurai eu les deux 
La liberté ou la mort 
c’est mieux que finir vieux .

Je taille ma route :

Le son du tambour est mon meilleur ami
Chaque jour il me ramène la vie
Il bouscule mon sommeil me promets monts et merveilles
Et donne au temps sa propre mesure
Cicatrisant toutes les blessures.

La marmaille nue, Les frères misère, La rouille. ..
Hier on a croisé les vieux potes de @deboutsurlezinc pour les 10 ans de @lapucealoreille, c’était super, ont twitté les Hurlements d’Léo.

( Petits inconvénients des concerts en plein air) :  Oui, c’était super, à en oublier qu’on est debout depuis 5 heures, certains depuis 14 h 30, et la bière coule à flot,  les jolies timbales en plastique spécialement fabriquées pour cet événement circulent, ce qui a des conséquences prévisibles, et une file permanente de 10 m devant les trois WC, un peu juste pour 1200 personnes ! Même moi, qui n’ai bu qu’un seul verre de bière durant toute la soirée, forcément, on m’a confisqué ma bouteille d’eau à l’entrée ! Je commence à me tortiller. Que faire ? Si on sort de là, on ne peut plus revenir. Nous avons résolu ce dilemme, décision prise, avec mon fils et quelques amis(ies), c’est au bar de la Manu, juste en face, que l’on va, après les urgences, écouter le dernier groupe de cette folle journée.

Ce sont les Scratch Bandits Crew qui ont clôturé la nuit, j’avoue que je ne les connaissais pas, et que j’ai écouté distraitement, d’à côté, c’est un mélange d’électro musclé, d’onirisme, et de street culture, ce qui se confirme à la vue de leurs vidéos. Des scratchmusiciens. Je n’en dirai pas plus, sinon que beaucoup de jeunes étaient présents, et qu’il en faut pour tous les goûts.

Voilà, à suivre pour ces 10 ans dignement et somptueusement fêtés. Bravo et merci à toute l’équipe, et aux bénévoles, et longue vie à La Puce.à l’oreille.  

FB de la Puce, clic sur la porte–>

 

 

 

Danièle Sala

 

Graines de Sons ….

18 Sep

L’association Graines de Sons a été créée en 1999 pour développer la pratique de l’éveil musical, du piano et du chant. Les cours réguliers de l’association se sont étoffés progressivement et l’association accueille actuellement un nombre plus important d’adhérents. En 2006 l’association met l’accent sur les liens entre le corps et la voix, le corps et les pratiques artistiques. Elle propose alors des ateliers d’eutonie et commence à explorer une pédagogie où la pratique corporelle est très présente. En 2010 l’association a pu poser ses bagages dans une nouvelle salle aménagée pour ses activités au 28 rue Eugène Sue à Paris dans le 18e arrondissement. L’association propose et développe depuis des cours réguliers ainsi que de nombreux stages autour de la voix, stages de chant, journées de danse et chant, stages sur l’anatomie de la voix, stages sur le thème du conte musical et de la voix.

En avril 2015, l’Association est déclarée Organisme de Formation Professionnelle par la Préfecture de la Région Ile de France.
Graines de Sons propose dorénavant des formations professionnelles dans le domaine du Conte musical, de l’Eveil musical, de l’Anatomie vocale et de la formation vocale ainsi qu’une formation professionnelle « Acquérir des outils pour la création d’un spectacle vivant : Voix, présence scénique, univers sonore»  ouverte aux personnes qui souhaitent être accompagnées dans leur processus de création de spectacle vivant. Cette formation est conventionnée par l’AFDAS.   
Les formateurs sont tous des professionnels de grande expérience, travaillant dans des domaines divers (chant, musique, danse, théâtre) avec des parcours artistiques et pédagogiques reconnus. Graines de Sons est désormais référencé dans le DATADOCK, la base de données des organismes de formations de qualité répondant aux exigences dictées par la loi. 
Cette année,  en dehors des stages ponctuels, l’association propose des cours de chant, de piano,  de guitare, d’éveil musical et corporel,   de batterie,des ateliers d’eutonie, de feldenkreis,  et des spectacles.

Lieu des cours : 28 rue Eugène Sue 75018 Paris
06 19 30 88 76 contact@grainesdesons.fr

Site  clic ici  —->

 

 

 

Rémo Gary et Debronckart…

16 Sep

Photo©NGabriel 2014

Auteur compositeur, Rémo Gary est aussi interprète… Et après quelques années de bruissements sur son talent c’est dans un Festival de Printemps à Montreuil que nous avons été quelques uns à être éblouis par une formidable interprétation des «  Oiseaux de passage » sitôt la dernière note, course vers le stand des albums, je n’étais pas le seul, et il en restait un…  C’est un signe qui ne trompe pas.

 

Dans son parcours riche d’auteur, Rémo Gary a fait une étape dans le répertoire inédit de Jacques Debronckart. Un album est disponible, et

un spectacle est annoncé  au Café de la Danse le 1 er  Octobre à 20 h. .

 

 

Si vous ne connaissez pas Rémo Gary interprète, voici sa version des « Oiseaux de passage »

Pour avoir un aperçu de l’auteur, le choix est difficile mais vous n’aurez pas de mal à trouver d’autres chansons..

Le maréchal des sans logis… (Musique Romain Didier)

 

Des coups de pied au cœur (Musique Clélia Bressat-Blum)

 

La mémoire qui planche

 

Autant vous prévenir, quand on commence, on est vite addict …

Le site de Rémo Gary,  clic sur la photo–>

Quelques échos de presse ci-dessous:

http://www.remogary.com/cms/index/displayPage?pageId=14&title=presse

 

Et aussi, allez voir sur Nos Enchanteurs, il  y a de quoi s’instruire sur Rémo Gary.. 

Norbert Gabriel

Faby Perier, LA RENVERSE…

14 Sep

Photo Izabela Sawicka.

Je voudrais tout d’abord rappeler que c’est par Le blog du Doigt dans l’oeil que j’ai fait vraiment connaissance avec Faby Perier, le 9 novembre 2017, par un article de Norbert Gabriel.  Et j’ai suivi, durant toute cette année, ses partages sur facebook, les messages d’une coureuse de fond de la vie, ses propres combats, et son mal aux autres.

J’avais répondu à l’appel, et souscrit pour un EP, mais c’est un album que j’ai reçu ce matin, un bel album de 7 chansons bouleversantes d’humanité. C’est le 5ème album de Faby, et incontestablement le meilleur.

Dès la réception du courrier, on est accroché par la pochette de l’album, Faby, une femme, nue dans l’eau, ce moment de latence… Quand la mer retient son souffle, avant de repartir. Magnifique photo de Izabela Sawicka.

C’est avec Mademoiselle qu’on entame ces moments de vie, de souvenirs, à petits pas :

Tes petits pas de deux se font encore un peu,
Je les revis enjouée juste pour ne pas
oublier, ta main
Ne jamais oublier
Ton amour silencieux.

 

L’amour, elle en a à revendre Faby, l’amour de la vie, et des gens, comme pour cet Européen qui rêvait d’une autre terre, d’un idéal sans frontière :

Il ne connaît qu’un seul pays
Sur le bitume il fait son lit
Il ne connaît qu’une seule terre
Le vague à l’âme et la misère.  

 

L’amour, et la lucidité, avec Les mots qui frappent :

Sur cet amour qui tue
Il s’adoucit parfois
Puis se jette sur toi
Ton amour lui survie
Encore combien de cris

Les portent claquent…

Encore combien de coups
Pour briser les tabous.

L’amour, quand on se sent si près d’un Chien perdu sans collier :

Chien perdu sans collier
Me blottir contre toi
Croire en l’humanité.

L’amour de la vie, il faut aimer la vie par dessus tout quand on se réveille un matin, avec la sentence, et que la terre se met à trembler :

Ce matin là, je me souviens
La terre s’est mise à trembler
Ce matin là, je me souviens
Toute mon enfance a défilé
Ce matin là, je me souviens
Le pire m’a soudain réveillé
L’envie d’être à demain
Je ne l’ai pas oubliée.

 

Faby Perier, c’est la voix des sans voix, c’est elle, c’est toi, c’est moi, c’est tous ceux qui ne font pas semblant :

Les enfants d’une parole
Ce qu’on dit, on le fait…
On est toi et puis moi
A faire entendre nos voix.

Alors, est-ce que tout est écrit ?

Je ne te connais pas
Et pourtant tu es là
Nos deux vies se rencontrent
Nos histoires se racontent
Est-ce que tout est écrit
Est-ce que c’est par hasard
Est-ce que tout est écrit
Est-ce qu’on ira quelque part ?

On ira, Faby, on ira avec toi, pour ton talent de chanteuse, ta voix claire et mélodieuse, pour les musiques qui portent si bien tes mots, on ira, parce qu’on en veut encore, comme autant de raisons de vivre et de se battre, vivre encore, malgré tout, tu fais passer tellement de force à travers tes chansons, que les petits détails de notre quotidien s’estompent à ton écoute. On ira, parce que tu donnes tant d’amour qu’on a envie  de t’en donner autant.

Alors, à suivre… A l’amour, à la vie, à la tendresse, A la Renverse… Résiste !

Danièle Sala

On trouve l’album ici –>  https://www.facebook.com/commerce/products/1995857473769112/

Le 5 Décembre,

c’était ça, clic sur la photo —>

 

 

 

Mobilisation populaire en musique pour sauver les marronniers de la place Gambetta à Bordeaux

13 Sep

D’ancêtres gaulois ou pas -la précision ethnique a-t-elle sérieusement la moindre importance?- aux six coins de notre république, des petits villages d’irréductibles citoyens font entendre la voix de causes qui leur semblent justes et nobles. Causes bien souvent vaines et dérisoires, perdues d’avance, pense-t-on. C’est faire un peu vite le deuil de la démocratie réelle qui ne vit -l’aurait-on oublié ?- que par l’existence de contre-pouvoirs, quand les dirigeants politiques se plaisent à sculpter, parfois à coup de masse ou de hache, le visage d’une ville, d’un pays, sans tenir le moindre compte de l’avis de ses habitants.

Hier à Bordeaux, c’est en musique que des citoyens, multipliant les actions pacifiques depuis plusieurs mois pour alerter les gens, décidaient de résister, lors d’un rassemblement auquel participaient plusieurs artistes, parmi lesquels Agnès et Joseph Doherty et le chanteur David Carroll, pour sauver 17 marronniers de la place Gambetta, de l’abattage décidé par le maire. Pour raison sanitaire ? Non. Pour raison de sécurité publique ? Non plus. C’est simplement pour donner plus de visibilité à la place, et, semble-t-il, aux vitrines des boutiques que la présence des marronniers cache à l’œil du consommateur, que ces arbres en parfaite santé et ne représentant aucun danger vont disparaître. Soutenu par le timbre de la contrebasse d’Agnès Doherty, un chant s’élevait contre le non-sens, hier à 17h, entre les branches du gigantesque magnolia de la place : la chorale de quartier Yakachanter entonnait « Le Petit Jardin » de Jacques Dutronc, avant d’interpréter plusieurs autres chansons, dont « Comme un arbre dans la ville » de Maxime Le Forestier et « Auprès de mon arbre » de Georges Brassens. Un répertoire de circonstance pour exprimer l’attachement des Bordelais à l’existence et la protection d’un des derniers espaces verts publics, au cœur d’une ville de plus en plus minérale et à l’urbanisation galopante, dont les loyers grimpent vertigineusement hors d’atteinte des budgets modestes des classes populaires. A la suite de la représentation de la chorale, Agnès et Joseph Doherty étaient venus interpréter des extraits de leur spectacle musical « Au pied de l’arbre », qui se consacre précisément à faire découvrir aux jeunes et aux moins jeunes, en chansons, récits mythiques et connaissances scientifiques, la vie, l’histoire et le fonctionnement des espèces sylvestres, et à partager le merveilleux du monde des arbres. Devaient s’en suivre pique-nique et concert improvisés et inter-actifs.

Alors qu’est-ce donc que la vie de 17 marronniers? Une anecdote, un symbole tout au plus ? Certes, mais pas que. La mobilisation qui perdure autour de cette cause témoigne avant tout du croissant degré de conscience citoyenne, et de la sensibilisation des gens à l’impératif de préservation du monde végétal, dont on commence à peine à découvrir, explorer et comprendre l’intelligence et la nécessité, ce monde que nos civilisations modernes n’ont que trop longtemps considéré comme un vulgaire objet n’ayant de valeur que par le profit matériel que son exploitation pouvait apporter à l’humain.
Et lorsque c’est à travers l’expression artistique que s’impliquent les citoyens, c’est toujours l’occasion de partager un moment convivial et festif. Si l’événement eu le mérite de regonfler le moral les troupes, il sût aussi attirer l’attention des passants et les informer sur le triste sort qui attend les marronniers de la place Gambetta. L’humain étant ainsi fait qu’il se renforce moralement de moments chaleureux, de beauté et d’espoir, la mobilisation persiste et enfle, attirant l’attention des médias. Et tant que les arbres sont debout, les rêveurs continuent d’espérer…
Une pétition est en ligne ici pour soutenir leur résistance :

https://www.change.org/p/fdd-ne-laissez-pas-couper-les-marronniers-de-la-place-gambetta

Miren Funke

Liens : facebook LesMarronniers de Gambetta :

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Festival Musicalarue 2018 : rencontre avec La Green Box

11 Sep

Décidément quelque chose de magique persiste et signe autour de la scène du Théâtre de Verdure à Luxey devant laquelle j’ai chaque année l’énorme coup de cœur du festival. Pierre Lapointe, Rue de la Muette, Melissmell, Salvatore Adamo, La Maison Tellier : c’est toujours ici qu’un moment extatique accroche la sensibilité, foudroie le palpitant, et happe l’âme, sur cette estrade à dimension idéalement humaine où on respire dans une proximité envoûtante et se laisse aspirer par l’univers d’artistes inspirés et généreux. Si Musicalarue fait vivre bien des moments merveilleux durant trois jours, le miracle aussi intense qu’inattendu m’ensorcela en ces lieux cette année encore, avec le concert de La Green Box, dont l’album est sorti en mai dernier, et, qui depuis, lui fait rencontrer le public, de date en date. Emmenée par Florent Vintrigner, accordéoniste et chanteur de La Rue Ketanou, la formation au sein de laquelle il délaisse son instrument de prédilection pour se consacrer aux instruments à cordes, concrétise la lubie, semblant a priori un peu délirante et qui s’avère redoutablement savoureuse et magnétique, d’enchâsser des poèmes de Victor Hugo dans un écrin de compositions musicales nées d’un métissage follement harmonieux de folk acoustique, de transe et de musique indie utilisant des sons synthétiques. Alchimistes de la Chanson, Florent (chant, banjo, guitare, harmonica), Benoît (batteries/percussions, basses, claviers, clarinette), Arnaud (réalisation sonore, enregistrement, mixage) et Paolo (guitare slide) relèvent le défi insensé de faire chevaucher aux poèmes d’Hugo l’originalité d’une musique inédite qui s’expérimente, se cherche, s’enfante et croît avec grâce et subtilité.

Le genre de truc dont on ne sait pas trop ce que ça va donner et qui en fait donne énormément ? vous demanderez-vous. C’est exactement ça ! L’hypnose chamanique en plus. Du farfelu qui fait vibrer. Quelques heures avant son concert, le groupe qui allait jouer pour la première fois en quatuor et semble y avoir trouvé sa formule impeccable, acceptait de nous recevoir, en compagnie de Loïc Lantoine, auto-proclamé manager du groupe pour l’occasion, et qui, ayant fait irruption dans l’entretien, nous fit le plaisir de s’y inviter avec humour et (très) bonne humeur pour un moment délicieux.

– Bonjour La Green Box et merci de nous accorder cet entretien. Créer des compositions musicales autour des textes de Victor Hugo est une initiative plutôt originale. Comment est née cette aventure et quand a été fondé votre groupe?

– Benoît: En 1885, déjà avec Loïc comme manager. Il est arrivé en 1880, et cinq ans plus tard Victor Hugo est mort.

– Arnaud : Plaisanterie à part, l’idée de ce projet a démarrée en 2014. Florent jouait dans La Rue Ketanou, et à l’époque j’étais sonorisateur. Sur une balance, il s’est mis à jouer des morceaux de Victor Hugo, parce qu’il travaillait en parallèle sur un autre spectacle. C’était une improvisation, comme ça… j’ai commencé à bidouiller des trucs sur son improvisation, et à la sortie de cette balance, on s’est dit que c’était pas mal. Je lui ai dit que s’il voulait faire quelque chose avec ça, je voulais bien le suivre et essayer de bidouiller des sons. C’est resté ainsi en suspens, jusqu’en 2015 où on a commencé à se mettre au travail, avec une première partie d’Eskelina qui nous a un peu mis le pied à l’étrier et boostés. On était contents, mais on savait qu’il y avait énormément de travail à faire encore. Donc on a pris le temps nécessaire pour faire aboutir ce projet. On a d’abord cherché la formule idéale à deux avec Florent, et puis comme on s’est trouvés assez rapidement limités, on a demandé à Benoît de nous rejoindre fin 2015.

– L’alliance d’instruments acoustiques et de programmations sonores synthétiques enfante un fruit original et étonnant. Quels instruments utilisez-vous respectivement chacun ?

– Florent : Très peu l’accordéon. Il est sur l’album, mais de manière très discrète ; on pourrait presque ne pas s’en apercevoir. Je joue plutôt de la guitare et du banjo.

– Arnaud : Donc je m’occupe du son. Benoît est venu pour tout ce qui est rythmique, parce qu’on avait besoin d’un soutien rythmique. Et Paolo est venu assez récemment.

– Florent : Et ce soir, on va faire notre premier concert à quatre On est toujours en train de travailler quelque chose ; on ne fait jamais marche arrière. On est toujours en quête d’avancer.

– Arnaud : Ça évolue toujours, mais on considère que là, on a trouver une bonne formule pour démarrer. Jusque là, le projet était encore un peu en chantier. On se cherchait en profondeur, mais désormais on a une bonne base, qu’on va enrober de date en date. Ça nous a pris deux ans pour trouver la bonne formule.

– Florent : Rien que pour la musique ! Heureusement on n’avait pas les textes à écrire.

– Les textes, parlons en justement. La raison d’être du projet est-elle de faire vivre les textes de Victor Hugo autrement ou vous servent-ils en quelque sorte de beau prétexte pour vous amusez dans l’expérimentation musicale ?

– Arnaud : L’idée c’était de ne travailler que des textes de Victor Hugo. Florent a lâché l’accordéon pour apprendre le banjo. Benoît et moi avons tâtonné et cherché les arrangements. Donc ça a pris le temps nécessaire pour que le projet naisse.

– Benoît : Au début on avait des restrictions forcément. Maintenant on a envie de plus s’amuser sur scène. L’arrivée d’un guitariste comme Paolo, qui en plus joue de la guitare slide, avec un son bien particulier, rajoute à une esthétique sonore originale. C’est ce qu’on cherchait. Être hors des sentiers battus, c’est ce qui nous plaît.

– Florent : Nous avons déjà fait pas mal de dates. C’est soir, c’est la première avec Paolo. Mais sinon, nous avons pas mal tourné avant son intégration. Chaque fois, ça a été des moments de création où on découvrait des choses. Et petit à petit, on s’est stabilisés autour de cette formule là qui nous fait sentir que c’est vivant et on commence vraiment à s’amuser beaucoup : prendre plaisir à jouer et ne plus être uniquement dans l’exécution d’un truc qu’on a appris.

– Comment naît en vous la composition sonore à partir d’un poème classique : sentez-vous ou entendez-vous un air découler naturellement de la musique des mots d’Hugo ou est-ce purement de la recherche ?

– Florent : Chez Victor Hugo, il y a une vraie musicalité. Son écriture est très fluide. Il y a un vrai rythme et une saveur des mots, qui sont très plaisants à dire et à chanter. Après, comment ça se fait ? Je ne sais pas ! Il se produit toujours une espèce de rencontre un peu étonnante. Souvent je lisais avec une guitare, un banjo ou même l’accordéon avec moi pour fredonner. Quelque fois la mélodie est venue très rapidement ; parfois ça a été plus long. Le squelette apparaissait comme ça, très brut, mais avec déjà des accords et une mélodie et surtout une envie de chanter. Je m’accaparais la chose. Et ensuite, c’était tout le travail de Benoît et Arnaud de réaliser les arrangements, l’habillage. A ma grande surprise parfois, car je ne m’attendais pas toujours au genre de costume qu’ils avaient taillé. C’est une heureuse surprise, où on s’est beaucoup surpris les uns les autres. Je ne sais jamais à l’avance quelle va être la musique qui porte le poème : c’est toujours un espèce d’accident à chaque fois.

– Peut-être est-il un peu tôt pour envisager l’avenir, mais pensez-vous consacrer le projet à d’autres textes de Victor Hugo ou le pérenniser en l’élargissant à l’univers d’autres auteurs ?

– Florent : Le démarrage, c’était pour Victor Hugo. Il reste encore quelques chansons qu’on joue sur scène et qui ne sont pas enregistrées sur album. Il y aura donc certainement un deuxième album avec des poèmes de lui, mais aussi, pourquoi pas, d’autres auteurs ou même des textes que j’écrirai. Il y a un poème d’Aragon qui me donne envie d’aller creuser plus loin.

– Quel est votre lien avec Loïc ?

– Florent : C’est un copain depuis au moins 20 ans ! Notre lien date de très longtemps. On a fait plein de choses ensemble ; on est même partis jouer à New York ensemble. Il était également venu jouer en théâtre de rue avec La Rue Ketanou. On a joué sur ses disques ; il a joué sur les nôtres…

– Loïc Lantoine : Moi, je voulais vous demander : quel est la rapport entre Victor Hugo et la tectonique des plaques ?

-Florent : C’est juste un rapport musical. C’est une vibration rythmique intemporelle qui traverse le temps, et quelle que que soit la situation dans laquelle on se trouve, on peut y trouver son compte. C’est joué en Fa dièse la plupart du temps.

– Arnaud : En modulation de fréquence méga Hertz.

– Loïc Lantoine : Autre question : Victor Hugo, qui a dit « jamais une note le long de mes vers », l’avez-vous trahi ? Brassens s’était permis cette audace.

– Florent : En fait il n’a jamais dit ça. Il a dit qu’il accepterait de la musique, mais qu’il voulait que ses droits d’auteur soient reversés à des associations en faveur des pauvres. J’ai oublié la phrase précise, mais le « jamais une note le long de mes vers » est un mythe. En plus il aimait la musique. Ce qu’il voulait, c’était que si ses textes devaient être utilisés pour être mis en musique, les compositeurs prennent leurs droits de compositeurs, mais que ses droits d’auteurs reviennent aux démunis.

– Loïc Lantoine : C’est votre millième concert à Musicalarue. Que pensez-vous du festival, de l’humeur des bénévoles et des techniciens ?

– Florent : Je trouve qu’ils ne vieillissent pas. Je ne comprends pas : chaque fois qu’on vient, ce sont toujours des jeunes.

– Loïc Lantoine : J’ai demandé à mon tourneur d’organiser des concerts avec La Green Box. Mais on ne peut pas siffler à la fois l’apéro et l’opéra et payer content quand on n’est pas content. On peut peut-être poser une question sur le style vestimentaire du groupe qui est un peu disparate…

– Paolo : On a des capes.

– Arnaud : Paolo va commencer avec un poncho mexicain.

– Loïc Lantoine : N’oublions pas que monsieur Arnaud fait de la musique caché derrière la scène. C’est pas des métiers facile, mais ça lui permet à la fois de faire de la musique et de ne pas être obligé de baiser après les concerts.

– Benoît : Amis de la poésie, bonsoir…

Nous remercions Marjolaine de Musicalarue qui nous a permis cette belle découverte et Loïc Lantoine pour sa présence et ses interventions.

Miren Funke

Photos : Carolyn C (1, 3,4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 13), Océane Agoutborde (2, 12)

Pour visiter la GreenBox, caressez le bélier —>

Et ci-dessous, the facebook

 

 

 

That’s all folks !

Brel, aux Marquises… Le voyage au bout de la vie…

10 Sep

Photo DR

Où le temps s’immobilise ? Pas vraiment… Dans sa quête d’une île au large des tristesses, c’est presque par hasard que Brel le marin arrive dans l’archipel des Marquises. Etape dans son tour du monde…

Son premier contact avec l’administration le ravit : il va à la Poste où l’attend son courrier,

  • J’ai beaucoup de courrier pour vous monsieur Brel.. . Avez-vous une pièce d’identité ?

Miracle, Jacques Brel vient d’accoster dans une île,  marin voyageur, que personne ne connait comme chanteur. Pas de télé, pas de radio autre que la radio des îles. Une parenthèse, presque un monde parallèle préservé des agitations du monde. Lequel monde ne se manifeste qu’avec l’arrivée de la goélette de livraison « épicière » et de quelques navigateurs plus ou moins solitaires.

Ici, Jacques Brel n’est plus le chanteur vedette, il est citoyen impliqué à fond dans la vie et le quotidien.

Pour bien comprendre le contexte, quand il décide de renoncer au voilier pour l’avion, ça implique qu’il faut construire une piste, et assurer l’intendance, se faire livrer le carburant, et quand on décolle, calculer combien de litres,  après avoir fait marcher la pompe à la main. Et ne pas se tromper dans les calculs de consommation pour ke retour , et souvent se poser sur une piste malaisée, un exploit chaque fois.

Dans ses missions, c’est toute l’aventure de St Ex et l’aéropostale que Jacques  et Madly vivent au jour le jour.

Tout le monde – ou presque- sait ce qu’il apporté dans ces îles, de l’utilitaire et du culturel; tous les détails sont dans le livre de Fred Hidalgo, nouvelle édition très augmentée de tous les témoignages qu’il est allé chercher sur le terrain. Exigeant et attentif à bien resituer les faits, il nous fait partager intimement cette fin du voyage, cette invitation au possible rêve et à une quête don quichottesque où les ailes des moulins vous envoient dans les étoiles.

Voyageurs immobiles et aventuriers de salon, offrez-vous quelques moments aux Marquises, ce livre est aussi fait pour vous.

Comment est la vie là-bas ? Voici une anecdote qui résume assez bien : Brel avait invité Henri Salvador, qui était très déprimé, Henri avait passé une journée à pêcher en mer avec un jeune homme qu’il a voulu dédommager, le jeune homme a refusé : «C’est pas pour l’argent, c’est pour l’amour. » On ne peut mieux résumer ce qui a été aussi la quête de Jacques Brel.

NB: Vous y trouverez aussi quelques mises au point très précises sur diverses vilénies que des bons « amis » ont véhiculées,  par exemple celle dont a été victime Antoine (Marc Robine avait fait le point) et qu’une biographie best-seller avait reprise sans vérification, rectifiée dans les rééditions, mais le mal était fait. Et il est assez déplorable que l’ami Perret s’en fasse le relais 35 ans après. Dommage.

 

Norbert Gabriel

Le Voyage au bout de la vie (en librairie le 12 septembre)

A l’occasion des 40 ans, le 9 octobre, de la disparition de Jacques Brel, l’Archipel publie l’enquête de Fred Hidalgo sur sa vie méconnue aux Marquises, qui éclaire son oeuvre… et la crédibilise encore plus. Parti sur ses traces jusqu’à Hiva Oa dès 2011, l’auteur a reconstitué ses dernières années en Polynésie grâce aux confidences et témoignages (recueillis jusqu’au printemps 2018) des anciens amis du Grand Jacques, devenus entre-temps les siens. Si son premier livre sur lui, L’aventure commence à l’aurore (2013), constituait déjà “le volet qui manquait” pour compléter son parcours fulgurant (Brel est mort à 49 ans), Le Voyage au bout de la vie pourrait bien être le livre définitif sur l’homme redevenu anonyme et incarnant pour de bon dans les îles ce Don Quichotte qu’il avait admirablement joué à la scène…

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